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ETUDIANTS CANADIENS A PARIS

catholiques de France, mais encore de l'étranger dont la jeunesse vient chercher à Paris les avantages de notre culture et de nos méthodes scientifiques.

"La Cité universitaire catholique Montalemdert est à cinq minutes exactement de la gare d'Asnières et ainsi à 12 minutes de la gare Saint-Lazare. Aux heures les plus utiles de la journée, les trains en partance ou à destination d'Asnières se succèdent à moins de dix minutes d'intervalle. Par Saint-Lazare, la Cité atteint rapidement au moyen du Métro, du Nord-Sud, des Autobus et des Tramways, tous les points intéressant les Etudiants. Par l'électrification des lignes déjà très avancée, par la construction en cours du pont de la Jatte, situé en face même du Collège Montalembert, nous pourrons dans un. assez bref délai, nous dire aussi rapprochés du centre de Paris, des Facultés et des grandes Écoles que n'importe quel Parisien de Montrouge, de Passy ou de Montmartre. Nous avons mieux : l'éloignement des dangers de la capitale, le bon air, les grands arbres et le calme, autant d'avantages, éminemment favorables au travail et à la santé physique et morale, donc au succès.

"La Cité universitaire catholique Montalembert} offre aux étudiants, en dehors des avantages matériels, des avantages moraux, incontestablement supérieurs aux premiers. Il faut éviter toute méprise sur ce point capital. Nous estimons que le point de vue religieux et moral passe tous les autres en importance et en efficacité. Toute autre conception de la responsabilité nous paraît fausse et vouée à la stérilité.

"Le prix de la pension complète — logement, nourriture, chauffage, hygiène, éclairage, entretien courant du linge, service — varie de 450 à 500 francs par mois, suivant I la chambre. Les frais généraux se réduisent à une somme de 50 francs, payables à l'entrée.

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"Le droit d'entrée est uniformément fixé à 50 francs, quelle que soit la date de l'inscription et la durée du séjour. Les Etudiants peuvent fournir deux paires de draps ainsi que le linge de table et de toilette. Toutefois on peut s'entendre avec l'Economat pour un abonnement au linge et au blanchissage. La pension se paie suivant l'usage, toujours d'avance. Du 1er novembre au 1er juillet, tout mois commencé depuis plus de huit jours est dû en entier; du 1er juillet et 1er novembre la pension est comptée à la journée à raison du prix mensuel et toujours sans déduction des repas pris au -dehors, sauf entente préalable avec l'Economat. Pour tous renseignements, s'adresser à M. l'abbé Duclaud, supérieur de l'école Montalembert, directeur de la Cité universitaire catholique 238, boulevard Saint-Denis, Bécon (Seine)".

LA CONFÉRENCE DE GÊNES. — A ce sujet nous lisons dans la Revue des Deux-Mondes, (1er mai 1922) :... "Dans le domaine économique et financier qui lui était assigné, d'où elle ne devait pas sortir, et où elle a tant de peine à rentrer, la Conférence pouvait rendre des services, pourvu qu'on ne lui demandât que de préparer l'avenir. Mais les Anglais qui, se croyant à l'abri, dans leur île, des contrecoups militaires, n'aperçoivent dans la politique que les affaires, l'exportation et l'importation, dont l'impérieuse nécessité commande leur vie nationale, n'ont pas fait le départ nécessaire entre le principe raisonnable d'où découlait l'idée d'une conférence, et les manœuvres des fauteurs de désordre, Allemands et Bolchévistes, qui, dans les fluctuations de la politique européenne, ne cherchent que l'occasion d'échapper, les uns aux conséquences de leur agression et de leur défaite, les autres au châtiment de leurs crimes et de leurs folles expériences." Relisons ce jugement de M. Pinon, diplomate et écrivain de haut ton : "Mais les Anglais qui, se croyant à l'abri, dans leur île, des contre-coups militaires, n'aper çoivent dans la politique que les affaires, l'exportation et l'importation, dont l'impérieuse nécessité commande leur vie nationale"... Ah ! si les Français avaient pensé de même lors de la rédaction du traité de Versailles ! Souhaitons qu'ils n'oublient plus jamais cette vérité.

En vue de la présente chronique sur le rôle du prêtre franco-américain dans la lutte pour la survivance, nous avons relu les deux livres des Machabées. Et voici pourquoi. Elève de philosophie nous avions été frappé à la première lecture de ces livres par la similitude de situation entre celle des Juifs de cette époque, sous la domination grecque et l'infiltration de l'hellénisme en Palestine, et la nôtre, Franco-Américains, enveloppés que nous sommes par des courants d'idées et de moeurs aussi menaçants pour notre entité ethnique que les coutumes des gentils pour les Juifs de l'an 200 avant Jésus-Christ.

Et de même qu'au temps des Machabées le salut se trouva dans un prêtre zélé, clairvoyant, patriote ardent et désintéressé, comme Mathasias, aujourd'hui il nous paraît être là aussi pour nous. Tel le peuple hébreux nous sommes un peuple profondément religieux. Notre survivance comme race distincte est intimement liée à la conservation de notre foi, de nos noeurs, de notre langue, de nos caractéristiques propres.

Or, le gardien et le protecteur né de ces éléments de survie c'est le prêtre. Pour lui, veiller à l'intégrité de la foi, à la pureté des moeurs, combattre pour la langue et l'àmc nationale (leurs appuis naturels) c'est mener la guerre sainte , et cela avec un désintéressement qui doit être poussé jusqu'au mépris des honneurs et de la vie.

"Plutôt mourir, disait le grand prêtre Mathathias, que de nous voir enlevé tout ce que nous avons de saint, de beau et de glorieux." Déjà plusieurs Juifs infidèles, désireux

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de vivre et d'être honorés, avaient embrassé les coutumes et les moeurs des gentils, des peuples qui les entouraient, au grand mépris de la loi de Dieu et de ses préceptes et des traits distinctifs de leur race.

Nous avons, hélas! de ces enfants infidèles. Pour leur châtiment, il leur arrive assez souvent ce qui eut lieu poulies Juifs transfuges: de se voir méprisés par ceux-là mêmes qu'ils ambitionnent d'imiter. Mais lorsque Antiochus Epiphane eut voulu provoquer l'abdication en masse des Israélites, leur assimilation en bloc aux moeurs grecques "pour qu'ils ne fissent plus qu'un seul peuple," il envoya des messagers au prêtre Mathathias qui lui parlèrent en ces termes : "Tu es le premier en cette ville, le plus grand par la considération et l'influence. Rends-toi le premier avec les tiens et tu seras glorifié." '

N'est-ce pas vrai également du prêtre franco-américain ? Il est le plus grand par la considération et l'influence dans sa paroisse et au milieu de son peuple. Et dût-il se rendre, pris par la passion des honneurs, il risquerait d'entraîner après lui tous les siens. Mais non. Il est le Mathathias de son peuple. Et selon son modèle, il doit faire siennes les paroles du grand prêtre de Dieu et du noble défenseur de son peuple. "Nous suivrons l'alliance de nos pères. Dieu nous garde d'abandonner sa loi et ses préceptes." La loi et les préceptes, c'était toute la nationalité juive. Pour nous c'est la foi, les moeurs, la langue, nos qualités ethniques.

Le prêtre, par vocation, est le gardien de la foi et des moeurs. Par l'une et par les autres, nous sommes catholiques. C'est notre premier trait national que le prêtre francoaméricain a mission de conserver et de fortifier. Il le fera d'autant mieux qu'il se rendra bien compte des besoins <lc son peuple dans un pays comme le nôtre, où, sur une population totale d'environ 110 millions d'habitants, moins de

20 millions sont catholiques. C'est dire que les dangers pour la foi et pour les moeurs chrétiennes résultant d'une telle situation sont très nombreux et très graves, de tous les jours et de tous les milieux.

La foi du Franco- Américain demande d'être éclairée, fortement étayée, virilisée, combative, pour offrir une résistance ferme et courageuse aux tentations et aux épreuves de l'entourage. Les temps et le milieu sont changés. Il faut bien nous en rendre compte et adapter nos méthodes de combat aux nécessités de la lutte actuelle. Les temps ne sont plus où nos gens vivaient dans une province et une campagne catholiques de traditions et d'ambiance. Aujourd'hui ils sont sans cesse en contact avec gens et influences noncatholiques. Les résultantes de cette situation ne doivent pas nous laisser indifférents. C'est par un enseignement religieux adapté aux exigences du milieu, la diffusion des bons livres et une propagande active de la bonne presse, que le prêtre zélé, sentinelle aux écoutes, s'efforcera de les combattre.

Le prêtre franco-américain de plus doit savoir guerroyer sans trêve et d'une façon intelligente pour la sauvegarde des bonnes moeurs. Nos gens vivent constamment dans une atmosphère anti-chrétienne par les moeurs, les coutumes, es manières de penser, de parler, d'agir. S'ils ne sont sans liesse mis en garde contre ces dangers pernicieux, ils tombeont certainement victimes du matérialisme ambiant. Ils ieviendront ainsi, comme tous les autres, des assoiffés de ichcsses et de plaisirs sensuels, des contempteurs des obliquions saintes du mariage et de son indissolubilité, de l'auorité domestique, de la justice et de l'ordre social. Ils osseront dès lors d'être catholiques et français. Le prêtre

anco-américain, gardien toujours aux aguets de la foi et os moeurs chrétiennes, fait donc oeuvre patriotique et

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nationale par excellence à la façon du Mathathias de l'ancien Testament.

Son rôle ne doit pas se borner à cela cependant. La foi et les moeurs du Franco- Américain ont des appuis naturels dans la famille et la paroisse, la langue et les traditions ancestrales. Défendre et sauvegarder celles-ci c'est protéger et donner vigueur à celles-là. Aussi le prêtre franco-américain a un beau rôle à remplir, en travaillant à maintenir l'esprit de famille traditionnel là où il existe, à le réintroduire dans les nombreux foyers d'où il est disparu, à le raffermir dans d'autres où il tend à disparaître.

Que le prêtre franco-américain insiste sur le respest de l'esprit de prière dans la famille et des traditions religieuses propres au foyer canadien; sur le respect de l'autorité par les enfants; de la tempérance et de la modestie dans le langage par les parents; sur l'observance des pratiques anciennes et des préceptes de la morale dans les fréquentations de leurs garçons et filles; sur la décence dans les habits et les modes; sur le bannissement des magazines et des journaux scandaleux et immoraux; des chansons populaires à la mode, louches et énervantes et véhicules d'anglomanie; sur la pénétration dans les foyers des bonnes chansons françaises, des bons journaux et des bonnes revues; sur les bonnes veillées de famille les jours de Noël et du nouvel an et souvent dans l'année.

Ce sont là autant de moyens pour le prêtre, vigilant et gardien de l'âme nationale, de maintenir et de développer l'esprit familial au sein des familles franco-américaines. Elles sont si menacées de l'extérieur que le prêtre ne saurait trop veiller sur elles.

Après la famille c'est sur la paroisse, la famille agrandie dont il est le père, que doivent se porter les sollicitudes du bon prêtre franco-américain. Il est de première importance pour l'avenir de la race de créer un fort esprit paroissial, c'est-à-dire une forte mentalité catholique et française.

Ce sont la famille et la paroisse qui ont sauvé nos pères après la conquête; ce sont elles qui nous sauveront nousmêmes. Que le prêtre veuille donner à la paroisse une solide armature matérielle, c'est bien. Mais celle-ci ne peut remplir que la fonction du corps vis-à-vis de l'âme. Ce qui importe donc davantage c'est d'animer le corps de la paroisse d'une forte mentalité religieuse et nationale. Comment ? Par la diffusion de la bonne presse, instrument de combat et de préservation nécessaire aujourd'hui; par de bonnes écoles bilingues, formatrices de citoyens franco-américains intelligents, connaissant leur statut dans le pays et sachant le respecter toujours; par des fêtes paroissiales productrices de culture française tout en restant fort agréables et à la portée des gens. A cette fin le prêtre patriote sait tirer profit des grandes fêtes patriotiques inspiratrices de fortes leçons religieuses et nationales, telles que les fêtes de Dollard, de la St-Jean-Baptiste et autres. C'est par de telles fêtes que se retrempent les esprits des paroissiens et qu'ils s'aguerrissent pour les luttes de tous les jours.

Pour nous c'est en ces circonstances que se perpétue le rôle du prêtre éducateur du XVIIIe siècle. En 1790 au Canada il consistait à enseigner l'arithmétique, la lecture, le dessin et autres matières qui sont le propre aujourd'hui des institutrices de paroisse. Mais le prêtre franco-américain reste quand même éducateur comme son prédécesseur du XVITTe siècle en s'occupant de la création et de la

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formation d'une mentalité nationale vigoureuse par des organisations paroissiales de bon ton et bien choisies.

On trouve que nos jeunes échappent trop à l'influence de nos fêtes et soirées. Efforçons-nous de rendre cellesci très agréables en même temps que bienfaisantes pour l'esprit et le coeur et nous les rattraperons. On trouve que l'esprit de famille s'en va. que la chanson populaire américaine envahit nos foyers, que l'anglomanie, résultante d'une fierté nationale amoindrie, nous menace, ayons encore une fois des fêtes de paroisse agréables et instructives, qui combattent adroitement ces fléaux. De telles fêtes peuvent être en même temps fructueuses pour les oeuvres paroissiales. Elles ne le seraient pas toujours que ce serait mal de s'en désintéresser.

De grâce! pensons moins aux recettes, aux bénéfices nets d'une organisation; davantage à son influence morale sur nos gens, et le reste viendra par surcroît. Oui, il viendra par surcroît. Nous en avons des preuves. Nous connaissons des paroisses où l'esprit patriotique est intense, où tout bon apôtre de l'âme française est bienvenu, indépendamment des gros sous qu'il peut apporter à la caisse paroissiale.

Aussi en ces paroisses existe un bon esprit religieux et national et les besoins matériels n'y sont pas en souffrance. D'autre part, là où la grande préoccupation est le résultat financier d'une fête, il se trouve que le peuple est lent à répondre aux appels, parce qu'il manque de l'esprit paroissial et que la population s'en va vers l'assimilation.

Il est vain de construire des églises, des écoles, si nous nous occupons pas de créer une forte mentalité française qui seule puisse les maintenir et doit par ailleurs constituer leur raison d'être. Ce serait définitivement bâtir pour d'autres à nos propres dépens. Il faut bien nous en rendre

compte et agir en conséquence si nous avons souci de notre patrimoine national.

Le prêtre franco-américain tout en étant pasteur de son peuple est aussi citoyen. Comme tel il a de nobles traces à suivre pour imiter l'exemple de son confrère du Canada, tour à tour et souvent à la fois colonisateur, éducateur et patriote. Ici au pays, le rôle du prêtre colonisateur, bâtisseur de paroisse, est bien près d'être fini. Celui d'éducateur, de formateur d'âmes et de mentalités doit durer toujours. De même celui de patriote.

Aux Etats-Unis, le prêtre patriote peut faire une bonne besogne en encourageant la naturalisation, en combattant l'anglomanie, et se pénétrant bien de notre statut national pour mieux diriger ses paroissiens dans les questions du jour, en stimulant les nôtres dans les professions libérales, dans 1 industrie, le commerce, en développant des vocations sacerdotales et religieuses qui plus tard rendront de bons services à la race.

On constate parfois avec peine chez quelques jeunes prêtres sortis des séminaires américains certaines tendances ou attitudes d'assimilés et d'assimilateurs. Il faudrait, au contraire, que leur connaissance de l'anglais et leur formation sur les lieux, servent plutôt à augmenter leur influence auprès de leurs compatriotes anglophones et à les rendre plus aptes à défendre les intérêts des leurs sur tous les terrains. Cela serait plus conforme à la raison au simple bon sens, plus noble, plus digne d'eux mêmes et de leurs ancêtres.

De tout ce qui précède nous concluons sans façon qu'il ne faut pas que nous, Franco- Américains, jouissant présente-

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ment de nombreuses paroisses bien organisées, de sociétés nationales puissantes, d'une presse qui promet beaucoup, qu'il ne faut pas, dis-je, que nous nous assimillions plus vite qu'à l'époque où tout était à faire.

Au commencement, nos pères, arrivés depuis peu au pays, ne sachant pas l'anglais, remplis de l'esprit religieux des Canadiens Français de la vieille province, se sont conservés malgré peu d'appuis extérieurs. Aujourd'hui ceux qui sont nés et ont été élevés au pays, parlent bien la langue anglaise, par suite subissent fatalement les mauvaises influences dont elle est le véhicule. En conséquence pour être conservés identiques à leurs pères, avec les traits fonciers de la race, ils ont besoin d'une forte formation et d'une surveillance continuelle.

Que le prêtre franco-américain réponde généreusement et fidèlement à ces besoins et, nous en avons le ferme espoir, nous vivrons.

Charles DOLLARD, Salem, Mass., avril 1922.

Le 17 mai 1922. — Montréal célébrait ce jour-là, le 280ème anniversaire de sa fondation. Célébrait? Ce mot est vraiment trop ample. Rien ne fut changé à notre train-train ordinaire. Seule la société historique déposa une couronne de fleurs au pied du monument Maisonneuve. Les passants à la Place d'Armes, voyant se faner ces œillets et ces roses, pensèrent au grand Français qui fonda le 17 mai 1642, la métropole canadienne. A l'hôtel de ville, personne ne songea à Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve. Echevins, membres du comité exécutif, fonctionnaires, tous, paraît-il, oublièrent l'événement. Mais, au fait, cet événement n'est-il pas plutôt simple détail? Nos dirigeants municipaux ne sont-ils pas avant tout gens pratiques? Et que pèse le souvenir d'un fondateur de ville au regard d'un pavé ou d'un égout ?

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