S'IMPOSE
En jetant un coup d'ceil attentif sur les tableaux d'enseignement antialcoolique édités par les Clercs de Saint- Viateur, nous n'avons pu retenir de nos lèvres cette exclamation : "L'enseignement dans la province de Québec traverse une ère de progrès".
Ces tableaux, fruits d'éducation cueillis dans la grande exposition antialcoolique de l'école Saint-Jean-de-la-Croix, résument admirablement les données de la science sur la question antialcoolique.
Travail fait en collaboration, ils ont été rédigés par un comité de professeurs, et revisés par une commission scientifique qui a envoyé aux Clercs de Saint- Viateur le précieux témoignage suivant :
Montréal, 15 août, 1917.
11 Nous, soussignés, constitués en commission d'étude pour reviser les vingt Tableaux d'Enseignement antialcoolique des Clercs de Saint-Viateur, sommes heureux de faire la déclaration suivante :
Les vingt Tableaux d'Enseignement antialcoolique des Clercs de Saint-Viateur sont conformes aux données scientifiques actuelles, à V enseignement universitaire mondial, et à Vexpérience. Nous en recommandons hautement la vulgarisation dans tous les milieux" .
(Signé) L. Catellier, Jos.-Ed. Dubê,
E.-P. Lachapelle, Albert Lesage,
Geo. Villeneuve, Joseph Gauvreau.
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Mgv Paul Bruchesi, qui a hautement approuvé la campagne scolaire antialcoolique entreprise par les Clercs de Saint- Viateur, s'est fait l'avocat de ces tableaux auprès du Conseil de l'instruction publique qui les a recommandés à sa séance du vingt septembre 1917.
D'aucuns ont affirmé que la science antialcoolique étale des choses laides et qu'elle a un air bourru qui repousse l'enfance. Tel n'est pas le cas cependant dans l'exposé brillant, clair et captivant des vingt planches que nous avons admirées. Les auteurs en effet ont très bien résolu le problème ardu de présenter de façon riante et aimable, la grave question de l'alcoolisme. Conformes aux principes de la saine pédagogie, les tableaux antialcooliques plaisent à l'esprit, parlent au cœur et sont l'expression d'un idéal patriotique élevé.
Quel est le secret qui met dans un jour plaisant ces fortes leçons antialcooliques ? C'est 1 image.
Pas n'est besoin d'être un fin psychologue pour savoir que l'image est au cerveau de l'enfant ce que le chocolat est à son palais. L'image attire l'enfant; elle le charme, elle le délecte, elle est un "bonbon superfin" qu'il croque en gourmet ou plutôt qu'il laisse fondre lentement, savoureusement, à la grande satisfaction de sa gourmandise intellectuelle toujours en appétit.
Dans les tableaux antialcooliques, grâce à l'illustration soignée qui se présente de mille manières, qui combat le vice, fait aimer la vertu et répond à toutes les exigences de l'enseignement antialcoolique : organes en couleurs, graphiques, statistiques, scènes de l'école, de la famille, de la société, la science antialcoolique prend une physionomie douce, un air avenant et garde jusqu'à la fin l'élégance, l'amabilité et le bon ton d'une personne de bonne compagnie.
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Le premier tableau éveille la curiosité ; le dernier enracine dans l'âme une conviction qui se change en principe de vie. Tous s'adressent au patriotisme, à l'honneur, au devoir. Et pensez qu'il y en a vingt, comme ça, qui instruisent en captivant, qui enseignent l'art de vivre heureux, qui donnent des muscles à la volonté, qui déposent dans l'âme des convictions solides et des motifs d'espérance.
"Les instituteurs et les institutrices ont pour mission non seulement d'éclairer les intelligences et de former les cœurs des enfants, mais même de chercher à leur donner le bonheur en cette vie et en l'autre. Et quel plus terrible ennemi du bonheur des familles que l'alcool, qui amène une descendance accablée des pires infirmités, qui ruine la santé, qui détruit la fortune et qui trop souvent hélas fait perdre le bonheur éternel".
Actuelle est aujourd'hui la question antialcoolique. Actuelle elle sera demain et toujours. Aussi bien, nous félicitons de grand cœur la "Commission des Écoles catholiques de Montréal" d'avoir introduit dans chacune de ses écoles une série de ces tableaux, et nous formons le vœu qu'ils se répandent dans toutes les écoles de la province de Québec.
L'école primaire remplit une mission morale dé premier ordre. En ajoutant à son programme l'éducation antialcoolique, elle prendra parti dans la croisade sacrée et vitale de la tempérance, et elle préparera à notre chère patrie la prometteuse moisson de la jeunesse tempérante. N'oublions jamais le mot de Gladstone : "L'avenir est aux races sobres".
Un Instituteur.
Le Père Josaphat Jean, 0. S. B. M.
A Paris, dans le Vlème arrondissement, une petite chambre au quatrième étage. C'est le deux novembre au soir. Sept ou huit étudiants canadiens-français sont réunis, en famille, fraternisant dans la plus belle "union sacrée", laïques et prêtres.
Ils attendent le P. Josaphat, des religieux Basiliens ruthènes — de son vrai nom : Joseph Jean, né à Saint-Fabien de Rimouski, province de Québec, et maintenant secrétaire des affaires étrangères au Conseil national ukrainien sis à Vienne, et plénipotentiaire de la Galicie orientale auprès de la Société des Nations à Genève. En tournée diplomatique, et de passage à Paris le P. Jean, entre deux audiences chez les grands du jour, veut passer une soirée avec des compatriotes.
Le voici, tout heureux de se trouver en "territoire" canadien, serrant les mains de tous avec effusion.
Ceux qui l'ont connu au Canada, avant 1913, date de son dernier départ pour l'Europe, ne le trouvent pas trèschange; c'est bien le même homme, plus amaigri peut-être et le front plus chargé de préoccupations et de responsabilités, mais toujours aussi jeune et ardent.
On ne dirait vraiment pas qu'il vient de passer huit années à se prodiguer sans compter à ses chères ouailles de Galicie, piétinées successivement par les Russes et les Austro-Allemands pendant la grande guerre et opprimées aujourd'hui — il faut le dire — • par les Polonais, leurs frères
de race et de religion, mais "frères ennemis", et ennemis implacables. Il a vu la mort de près, échappant plusieurs fois, providentiellement à ces conseils de guerre sommaires qui fusillent pour un oui ou pour un non, bousculé sans cesse par les offensives et contre-offensives qui ont ruiné cette partie disputée du front oriental ; cependant il est sorti indemne des bombardements d'enfer et des épidémies meurtrières.
Ce petit Canadien, perdu dans cet Orient lointain, a vu les pires horreurs, mais pour l'instant il oublie tout. Il voit des gens de "chez nous", — ■ c'est son expression — -, il respire un peu de cet air canadien qui lui manque depuis huit longues années... Il retrouve sa bonne humeur de jadis, car il retrouve le sourire de la patrie dans le bon accueil et la sympathie chaleureuse de ses frères canadiens.
Toutefois ses interlocuteurs ne lui permettent pas d'oublier si vite ce passé orageux et ses soucis de l'heure présente. Il revient de si loin ; on l'a tellement perdu de vue dans ce tourbillon où il a vécu depuis 1914... Voici qu'on l'interroge; on veut savoir ce qu'il est devenu pendant la guerre, à quelle cause il se dévoue actuellement.
Et redevenu sérieux, le P. Jean parle de sa nouvelle patrie, de ses frères d'élection auxquels il donne ses jours et ses veilles, de cette Ukraine qui sera peut-être demain un Etat puissant de quarante millions d'habitants, et, — il l'espère et il le croit fermement — ■ un grand Etat catholique.
Le Conseil national ukrainien, dont le P. Jean est l'homme de confiance — celui qui écrit ces notes peut en témoigner, — ■ ne représente pas une race nouvelle. Les Ukrainiens, appelés naguère Ruthènes en Galicie et Petits-Russiens en terre moscovite, forment un peuple de 45,000,000 d'âmes, couvrant un territoire immense, qui va du district de Père-
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tnysl au nord des Carpathes jusqu'au delà de la Crimée (y
compris le littoral de la mer Noire), et qui est donc maître de ces merveilleuses "Terres Noires" de l'Ukraine, les plus fertiles du monde. Cette race slave parle une langue qui lui est propre, plus différente du russe que du polonais.
L'histoire ancienne de la race ukrainienne est assez compliquée : il suffira d'en indiquer ici les aboutissants. Depuis le dernier partage de la Pologne, ou plutôt depuis les traités de 1815, le peuple ukrainien relevait de deux maîtres. Les quatre millions de "Ruthènes" de la Galicie orientale étaient sujets de l' Autriche; le reste, soit quarante millions en 1914, étaient soumis au joug russe. Peuple en majorité catholique, appartenant cependant à un rite slave (Uniates du rite ruthène), les Ukrainiens de Galicie avaient pu rester fidèles à leur croyance ; mais leurs frères de Russie, savamment et sauvagement persécutés par le gouvernement de Petersbourg, étaient peu à peu passés au schisme orthodoxe, au cours du dernier siècle, après avoir fourni d'ailleurs leur large contingent de martyrs.
La guerre de 1914-18 fut cruelle aux Galiciens. Dénoncés tour à tour par leurs frères ennemis comme russophobes ou ententophiles, — ce qui était exact en somme — ils furent durement molestés. Des milliers de Ruthènes furent exécutés, par les Hongrois surtout, et le plus souvent sans aucune forme de procès. Le P. Jean lui-même, un bon jour, ne dut son salut qu'à une avance inattendue des troupes lusses, qui le sauvèrent inconsciemment du poteau.
L'effondrement de l'Empire autrichien fut pour la Galicie orientale le signe de la libération. Vers le 15 octobre 1918, les Ukrainiens de cette partie de la Galicie — 74% de la population — se donnèrent un gouvernement, en vertu "du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" ; le fait était
si naturel que personne d'abord n'y trouva à redire, et ce fut, avant la lettre, un plébiscite éloquent. Mais la nouvelle Pologne, qui sortait pourtant elle aussi de l'esclavage, n'entendit pas les choses de la même oreille. Elle attaqua aussitôt le nouveau gouvernement galicien et l'accusa devant l'univers de pactiser avec les bolchévistes. Les Ukrainiens résistèrent bien entendu aux troupes polonaises, bien qu'ils fussent dépourvus de munitions, et continrent les Polonais à l'arme blanche sans grandes difficultés d'ailleurs. Et en même temps, pour prouver leur "bolchévisme", ils se battirent à la fois et contre les armées rouges de Moscou et contre les bandes de Bêla Kun, alors dictateur de Budapest. En empêchant la jonction des bolcheviks russes et hongrois, les Galiciens ont ainsi épargné à l'Europe centrale une invasion terrible dont les suites eussent été d'une gravité incalculable. Les Ukrainiens ne cédèrent qu'à la demande de la Conférence de la Paix, qui leur promit, le 25 juin 1919, un plébiscite et autorisa en même temps l'occupation militaire de la Galicie par les troupes polonaises. Confiants dans l'esprit de justice de l'Entente, les cent vingt milles hommes de l'armée galicienne passèrent alors la frontière russe et entreprirent de libérer l'Ukraine de la tyrannie bolchevik. Leur élan les porta jusqu'à Kief, dont ils s'emparèrent brillamment, accueillis d'ailleurs avec faveur, pour ne pas dire avec enthousiasme, par les populations de l'Ukraine russe. C'est alors pourtant que commencèrent les épreuves. Atteintes du typhus, privées des médicaments nécessaires (retenus à Vienne par ordre, bien qu'ils fussent régulièrement achetés), les troupes galiciennes, réduites à 5,000 hommes valides, durent se résigner à capituler devant les forces rouges, auxquelles Denikine, en bon Russe mais en piètre politique, apportait le secours des 400,000 soldats de son armée "antibolchévik"... Le
Conseil national ukrainien de la Galicie orientale fut réduit à chercher un refuge à Vienne, où il travaille depuis 1920 — car on lui reconnaît un caractère diplomatique officiel — à délivrer sa patrie de la tyrannie polonaise.
La Pologne, comme on aurait dû le prévoir, ne s'en est pas tenue à une simple occupation militaire. Dès les premiers jours de son entrée en Galicie orientale, elle a arrêté et parqué dans des camps infects des dizaines de milliers d'Ukrainiens, parmi lesquels 500 prêtres. Ces pauvres malheureux ont tellement souffert du froid, de la faim et des mauvais traitements infligés qu'une effroyable proportion de ces internés, l'élite intellectuelle et sociale de la Galicie, a péri. Un exemple : une des raines enquêtes que la Croix Rouge internationale — -et protestante — a faites, a montré qu'après cinq mois de détention, un camp de 15,000 prisonniers ne contenait plus que 1,800 survivants ; en certains camps, on comptait chaque jour de 50 à 100 nouveaux cadavres. Il faudrait le crier au monde entier : tout ce qu'on a rapporté des horreurs des camps prussiens ne peut être même comparé à ce qui s'est fait dans les camps de la Pologne.
Les Polonais ne peuvent même pas prétendre — ■ comme ils le font — que les Galiciens ont été châtiés comme sujets rebelles {châtiment qui, à tout événement, mériterait la réprobation du monde civilisé). Carie traité de Saint- Germain, en son article 91, réserve la souveraineté de la Galicie orientale aux Puissances de l'Entente jusqu'à ce qu'on ait pris une décision. Cet article 91, voté à un moment où, pour l'Entente, la Pologne était tout et le Conseil Ukranien à peu près rien, laissait d'autre part suffisamment comprendre que les prétentions polonaises étaient un peu moins fondées en droit que ne le voulait croire le gou-
vernement de Varsovie. Et cependant, en dépit de tout, la Pologne a encore aggravé sa persécution en Galicie orientale.
Le soussigné a eu sous les yeux des documents d'origine polonaise, — enquêtes privées, articles de journaux — où il est établi que les autorités polonaises se livrent à un brigandage odieux. En certains villages, où les habitants sont encore réduits, trois ans après la guerre, à vivre dans des terriers, on trouve moyen de réquisitionner des trains entiers de grains, privant ainsi la population de tout moyen de subsistance. Un fait entre mille, rapporté par le député polonais Zamorski, rappelle la parabole du prophète Nathan devant le roi David : une veuve ayant conservé de tout son avoir une pauvre brebis, s'en est vue réquisitionner la laine par un officier polonais.
Il semble que la Pologne veuille, de sang-froid, exterminer le peuple de Galicie, à moins que, comme il est permis de le supposer, elle ne veuille plus simplement ruiner complètement le pays avant d'être contrainte de l'évacuer. Mgr Lutoslawski, député à la diète de Varsovie, disait le 11 novembre à l'Institut catholique de Paris, que la Pologne a besoin de la Galicie orientale. Quand un pays a besoin d'une province, il ne commence pas par la mettre à feu et à sang.
A l'heure où ces lignes sont écrites, les exactions continuent. On a fermé à tout Ukrainien l'accès à l'université — naguère bilingue — de Léopol (Lemberg) . Une université privée ayant été organisée à côté par les Ukrainiens, le président, les professeurs et de nombreux étudiants viennent d'être arrêtés, au mois d'octobre. Actuellement on interne la classe intellectuelle, prêtres, avocats, etc, <\v ce seul fait qu'ils ne veulent pas, en s'inserivant sur les
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rôles de conscription (et pourquoi cette conscription?;, reconnaître qu'ils sont sujets de la Pologne.
Il n'a pas été inutile aux Polonais d'avoir vécu sous le joug de la Russie et de la Prusse : ils se sont formés aux
"bonnes méthodes" de persécution !
Pendant que ces crimes s'accomplissent, le Conseil national ukrainien cherche à se faire entendre». Il est allé à Genève en 1920 ; il vient d'y retourner à la session de 1921. Le P. Jean a eu la satisfaction de voir le représentant du Canada, M. Doherty, présenter lui-même la motion par laquelle la Société des Nations prie le Conseil suprême de régler le plus tôt possible la situation politique en Galicie orientale ; cette motion a été votée à l'unanimité. C'est un commencement ; les oreilles s'ouvrent de par le monde aux gémissements des victimes.
Mais pour en arriver à ce demi-succès, quel travail il a fallu ! Après neuf mois passés à Varsovie à tenter des négociations en vue d'un règlement de frontières, le P. Jean depuis 1920, est à Vienne, traduisant, compilant, rédigeant des mémoires, dévoué corps et âme à sa cause, ne se laissant rebuter par aucun obstacle, ni par l'indifférence, ni par l'hostilité.
Il faut signaler ce courage et ce zèle. Il faut que le Canada français sache qu'il faut être fier de ce missionnaire de "chez nous" qui lutte pour la Justice, la vraie, qui sert si vaillamment la cause de Dieu.
Car le P. Jean, s'il court les chancelleries, ne perd pas de vue le but principal de son action. Dans cette Ukraine russe où il a pénétré, il a vu des millions d'hommes, schismatiques d'hier, aspirer au catholicisme. S'il veut que la Galicie orientale devienne maîtresse de sa destinée, c'est qu'elle doit être le centre d'organisation apostolique de la
Grande Ukraine de l'avenir ; si la Galicie doit être le Piémont du "risorgimento" de la nation ukrainienne, c'est de là aussi que partira la croisade pacifique du retour des
Uniates à l'Eglise.
Quand le P. Jean décida en 1909 de passer au rite ruthène, il se destinait aux missions galiciennes du Canada. A cette époque, notre politique d'immigration intensive avait déjà amené dans nos provinces de l'Ouest plus de 200,000 Ruthènes, et ces pauvres gens, nos frères en catholicisme, n'avaient pas avec eux de prêtres qui pussent les desservir selon leur rite. A l'appel de l'abbé Sabourin, Joseph Jean, alors simple séminariste, comprit que les catholiques du Canada français devaient se dévouer à cet apostolat nouveau et sauver les Ruthènes de la contagion protestante. Et il partit généreusement. On peut bien dire toutefois qu'il ne prévoyait sûrement pas l'étonnante carrière qu'il serait forcé de parcourir.
Aujourd'hui, les 500,000 Ukrainiens du Canada, restés en ardente communauté de sympathie avec leurs frères d'Europe, soutiennent de leurs encouragements et de leurs deniers, les efforts du Conseil national ukrainien, et suivent aussi avec attention le travail du P. Jean, dont ils comprennent et admirent le magnifique dévouement. C'est grâce au P. Jean que les Ukrainiens ont pu se faire entendre à la Société des Nations et que le Canada, par la voix de M. Dohcrty — qui a justement loué le civisme et la loyauté des groupes galiciens de notre Ouest — a pris en main la cause de la Galicie orientale, et sVs! ainsi constitué, en quelque sorte, le protecteur de l'Ukraine renaissante.
Le Canada français, qui ne marchande jamais — et pour cause — sa sympathie aux persécutés, doit s'intéresser particulièrement à la cause des opprimés de la Galicie
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orientale; il y gagnera sans doute des amitiés précieuses pour nos Canadiens dv* provinces de l'Ouest, mais, dès maintenant, il doit s'estimer heureux de voir un de ses fils se consacrer de tout son cœur à la résurrection de la nation ukrainienne.
Et certes nous avons le droit d'être fiers du P. Jean. La confiance absolue qu'on lui témoigne là-bas est bien la meilleure preuve de son mérite, car elle est fondée sur huit années bien remplies de dévouement infatigable et parfois surhumain. Les circonstances ont révélé en ce modeste un véritable héros. En donnant un pareil exemple de caractère et de féconde énergie, le P. Joseph Jean, missionnaire canadien-français, fait honneur à sa patrie.1