PÉNIBLE CONTRASTE
On a pu lire, dans la Libre Parole de Paris, nimiéro du 21 septembre 1917, au cours d'un article sur le Réveil des nationalités catholiques, écrit par un spécialiste, M. Léon Weternove, aujourd'hui prisonnier en AUemagae, ces paragraphes sur les Polonais d'Allemagne et de Russie:
"Aux uns et aux autres, il manquait la pleine liberté. Du côté allemand, la langue polonaise était proscrite de l'enseignement religieux. De l'autre côté, c'étaient les tracasseries de la bureaucratie tsarienne qui, 7noins tijrannique sous Nicolas II que sous Alexandre III, comprimait cependant de bien des côtés la vie religieuse polonaise.
"Grâce à Dieu, les entraves tombent, en partie du moins.
l'action française 313
"D'une part, les oreilles encore vibrantes des réclamalions de Kautsky, député polonais au Reichstag, et comprenant enfin qu'il importe de se montrer bienveillant à l'égard de ces Polonais alleînands qui aspirent eux aussi à une Pologne restaurée, les autorités prussiennes ont permis, il y a quelques 77iois, l'usage de la langue polonaise dans l'enseignement religieux. D'autre part, la révolution russe, lorsqu'elle a abattu le tsarisme, a jeté en même temps par terre le despotisme orthodoxe, et annoncé la liberté des cultes. Le temps est proche, semble-t-il, où le catholicisme polonais, libéré et corrigé des erreurs d'antan par un long siècle d'épreuves, va pouvoir, dans l'union de toutes ses forces, organiser, perfectionner sa vie spirituelle, intellectuelle, sociale."
On constatera avec chagrin que la guerre, si elle a amené les Prussiens à desserrer l'étau où étouffaient les Polonais, n'a pas eu chez nous les mêmes résultats, en dépit de toutes les déclamations sur le droit des peuples et le libre développement des petites nationalités.