PARTIE DOCUMENTAIRE
UN DISCOURS DE Mgr BÉLIVEAU—LES ANGLO- PROTESTANTS ET NOUS
Nous empruntons aux Cloches de Saint-Boniface du 15 octobre 1917 ces "larges extraits" du discours prononcé. par Sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Saint-Boniface, à la bénédiction de la nouvelle église belge de Saint-Bonifacc:
Mes chers Frères,
Nous sommes heureux de pouvoir bénir aujourd'hui l'éghse que vous venez d'ériger; elle sera un centre d'action rehgieuse plus intense auprès des Belges et particulièrement auprès de ceux qui ne comprennent pas, ou qui ne comprennent que très imparfaitement le français.
C'est la réahsation d'un des plus chers désirs du grand disparu, je veux dire de Mgr Langevin, de regrettée mémoire. Fidèle à sa politique si apostolique et je dirais volontiers si loj'ale envers tous, il avait songé depuis au moins dix ans à fonder une paroisse pour la desserte religieuse des Belges de Saint-Boniface.
Quatre ans après son élévation sur le siège épiscopal de Saint- Boniface, Mgr l'Archevêque défunt a fondé dans la partie nord de Winnipeg une paroisse nationale pour subvenir aux besoins rehgieux des Allemands et des Polonais, qui se trouvaient si nombreux dans cette partie de la ville.
Cinq ans plus tard, la population devenant plus considérable et les difficultés grandissant entre Allemands et Polonais, Monseigneur fonda en 1904 la paroisse de Saint-Joseph pour les Allemands et ]a paroisse du Saint-Esprit, fondée en 1899, demeura aux Polonais. Il assura ainsi la paix rehgieuse entre ces deux éléments. Ces deux nouvelles paroisses furent confiées aux soins intelhgents des Oblats de Marie Immaculée, qui ont des sujets de diverses langues.
En 1902, Monseigneur fonda la paroisse de Saint-Nicolas pour la desserte des Ruthènes qui ne pouvaient être qu'imparfaitement desservis par les Pères polonais du Saint-Esprit à cause de la différence de rites.
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En 1905, Monseigneur pensa à ceux de son sang. Lui qu'on a parfois taxé de nationalisme étroit, savait aller aux autres avant d'aller aux siens, quand il en était besoin. Ce qu'il fit pour l'érection des paroisses il le fit également pour l'œuvre de presse. Il ne demanda la fondation de La Liberté qu'après avoir puissamment contribué à l'affermissement de l'œuvre de presse fondée par ses frères en religion, les Révérends Pères Oblats, œuvre qui fait tant de bien au sein des populations de langues anglaise, allemande et polonaise. On sait de plus que sans lui le journal destiné aux Ruthènes n'eût pas vu le jour. En 1905 donc. Monseigneur fonda la paroisse du Sacré-Cœur de Winnipeg pour la desserte religieuse des gens de langue française de cette ville. Il fit même un effort pour fonder une paroisse poiu" la desserte des Arméniens de Winnipeg. Une petite propriété fut achetée, à cet effet, mais ses démarches ne purent aboutir. Elles montrent quand même la largeur de ses vues et le désir qu'il avait de porter la foi dans les âmes par le canal naturel de la langue maternelle de chacun.
Les quatre paroisses de Sainte-Marie, de l'Immaculée-Conception, de Saint-Ignace du Fort-Rouge et de Saint-Edouard restaient pour la desserte des gens de langue anglaise.
La population de langue anglaise de Saint-Boniface, qui se trouve aussi près de l'église Sainte-Marie de Winnipeg et de l'église Saint- Ignace que de la cathédrale de Saint-Boniface — les deux villes formant un tout géographique — fréquenta ces deux dernières paroisses.
Pendant ce temps Monseigneur pensait à ses Belges de Saint- Boniface. Vous le savez, depuis dix ans il a constamment tenu un prêtre parlant le flamand attaché à la desserte de la cathédrale pour les Belges et je sais peTsonnellement que les instructions données à ces prêtres étaient d'organiser le plus tôt possible une paroisse pour votre avantage exclusif. Ses efforts ne furent pas toujours heureux, mais ceux qui savent, peuvent hautement attester qu'il n'y eut pas de sa faute. Il y a quatre ans à peu près, il s'efforça de réaliser ses projets en faisant appel à une 'communauté reUgieuse ayant des sujets parlant le flamand. Un moment la chose sembla tout arrangée, mais vous savez comme moi que la guerre vint tout arrêter.
Enfin, sous l'habile et très zélée direction de votre desservant actuel à la cathédrale, M. l'abbé Kwakman, assisté par un comité dont je ne saurais trop louer le zèle, l'activité et le désintéressement, le projet, longtemps caressé par Mgr l'Archevêque défunt, voit sa réaUsation. Je m'en réjouis et je prie Dieu qu'il fasse descendre sur cette œuvre nais-
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santé ses bénédictions de choix. J'ose espérer que les Belges, se sentant plus chez eux dans cette église qui est à eux, en feront une œuvre prospère pour le bon crédit de leur nom, ce qui n'est pas méprisable, bien que ce soit une considération secondaire, mais surtout pour le salut d'âmes qui peut-être se sont un peu néghgées jusqu'ici.
C'est cette dernière considération uniquement, nous pouvons le dire, qui nous a pressé à seconder de toutes nos forces votre bon vouloir, et cela à l'encontre de certaines vues justifiées peut-être au simple point de vue humain, mais un peu pusillanimes, croyons-nous, en face d'une œuvre qui doit avoir tant à faire avec le salut des âmes.
J'aurais préféré sans doute faire de cette paroisse une paroisse territoriale régulière. Ce serait plus en conformité avec le droit commun qui régit la sainte ÉgUse; elle ne prohibe pas une autre organisation, mais semble préférer la première.
Les conditions spéciales que présente l'Ouest canadien maintenant et qu'il présentera de longues années encore, nous en avons la conviction fondée sur l'expérience de notre diocèse depuis plus de vingt ans, nous forcent à conclure qu'une organisation nationale peut seule donner aux âmes ce qu'elles requièrent en attendant que le très lent procédé de fusion de tant de groupes divers permette une autre forme d'organisation religieuse. Vouloir hâter la solution de ce problème par des moyens qui ne manquent pas de violence, est d'abord en retarder la solution, puis jeter bien des âmes dans le gouffre de l'indifférence reUgieuse.
C'est notre conviction. Aussi nous sommes prêt à faire tous les efforts possibles pour donner à tous ce que nous donnons aujourd'hui aux Belges de Saint-Boniface, à la condition toutefois qu'ils soient prêts à imiter la conduite actuelle des Belges. Nous ne pouvons absolument plus faire présentement et dans un avenir, dont nous ignorons la durée, les sacrifices financiers très considérables, trop considérables peut-être, que nous avons faits dans le passé.
Maintenant, chers Frères, comptez sur votre archevêque pour tout ce qu'il sera en son pouvoir de faire. Je n'ai pas besoin de vous assurer de ma chaude sjTnpathie. La belle conduite tenue par les héroïques Belges pour la défense de l'honneur, du droit et de la fidéhté à la foi jurée, vous rendrait très chers à notre cœur si déjà les rapports surnaturels qui sont les nôtres n'avaient fait de la chose une intime réahté.
Vous avez donné au monde une leçon que plusieurs ont besoin d'apprendre, et qui est surtout pratique dans notre JNIanitoba, qui ne
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semble pas avoir une haute idée de la fidélité à la foi jurée, que doit avoir tout homme d'honneur.
Soyez fidèles au Dieu qui se va se faire petit, se cacher sous les voiles eucharistiques pour habiter parmi vous dans cette modeste église, qui n'est, nous osons l'espérer, que le commencement d'une grande œuvre. Croyez bien que ce Dieu est magnifique et qu'il sait rendre au centuple ce qu'on fait pour lui.
Soyez fidèles à la sainte Église, le lieutenant de Dieu sur terre et notre mère dévouée.
Soyez bien unis et le succès est assuré. Je vous le souhaite en priant Dieu de rendre mon souhait effectif. Qu'il vous bénisse comme je vous bénis au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Nous extrayons de l'Enseignement Primaire de septembre 1917 cette pièce importante:
At the convention of the Dominion Educational Association held at Ottawa on January 31st and February Ist and 2nd, 1917, the delegates gave an account of conditions and progress of school work in the différent provinces. Mr. J. C. Sutherland, inspector-general of the Protestant schools of Québec, was requested by the Superintendent to report for this Province. From the officiai report of the Proceedings we make the following quotations, with some verbal corrections furnished by Mr. Sutherland himself:
"We hâve a Department of Public Instruction as in the other Provinces, but there is no Minister of Education. At the same time the Secretary of the Province is responsible for the Department to the Législature. The head of the Department is the Superintendent. Next, there are two secretaries of the Department, an English secretary and a French secretary. The division is not Catholic and Protestant, but of course it is essentially that. Nevertheless, on the Englisk side we prépare the replies to ail English correspondence, Catholic or Protestant, and on the French side ail the French correspondence, Catholic or Protestant, is attended to. When the questions are mère matters of fact, there is no référence from the one side to the other, but when it is a question of giving advice there is mutual consultation. There has never been a particle of friction in the Department in this respect since Confédération or before that date. The Council of Public Instruction is not, as in other provinces, merely the cabinet. It is a large body consisting of the Roman Catholic bishops of the Province and a number
of appointée! members, Roman Catholic and Protestant. It is clivided^ however, into the two committecs. The Catholic Committee makes the Régulations for the Catholic schools and the Protestant Committee makes the Régulations for the Protestant schools. Thèse are the régulations for the organisation and the discipline of the three kinds of pubhc school — the eleraentary, model nnd académie. Each committee makes its own régulations regarding the courses of study (including the languages), the holidays, the text-books, the inspection boundaries, theexaminations for inspectors, teacher-training, etc.
Dr. Waugh: You hâve no county inspectors ?
Mr. Sutherland: No. The Catholic Inspectors hâve just about a county ; some of them hâve as many as two counties ; there are forty-six Catholic inspectors. Inspector Honeyman has the Counties of Pontiac. Labelle and Ottawa, but in ail three counties lie has only 126 schools, nearly ail single-teacher schools. Consohdation is making progress. We are doing just what Dr. McKay spoke of. We speak of that smaller kind of consolidation as partial, and the complète consolidation is where we gather in five or six schools, and they are ail under one board, which makes it easier, and we call that complète consolidation because they can be raised to model rank. In regard to the grants for consohdation, the Government gives us carte blanche to say how much we shall give. I go to the Boards, hold pubhc meetings, find out how much it is going to cost them, and if the rate is low, 40 cents, I say to them: "Come up 10 cents and we will give you so much towards your transportation." When Sir Lomer Gouin first proposed this grant at the request of my old friend, the late Hon. Mr. Mackenzie, the Provincial Treasurer, he asked how much we would need; I said I could not tell; we would want perhaps a couple of thousand dollars the first year. He said: "Take what you need, but we will put you a Umit for the time being of $6,000." Well, we hâve not come up to that yet ; I think this year will be a little over $4,000. Let me tell you that that is to the Protestants, and that the CathoHcs are not getting a cent for consohdation because they are not asking for it; but whatevcr is nceded for Protestant éducation is cheerfully given. Let me tell you a little secret. For 51 years they did not increase the number of the normal schools, until about four years ago. We were receiving one-third of the grants for normal schools. The Government of that day, before Confédération, said : "You Protestants pay more attention to normal school training than we do; we are going to give you more." The grant was $50,000 and the Protestant share was $16,000 when wc were only entitled to $6,000 or $7,000.
Dr. Wmigh: Do you know how that was arrived at ?
Mr. Sidherland: They just said, "You are entitled to more because you take more interest in normal school training."
Inspedor Lang: You are not really under an iron despotism, then ?
Mr. Sidherland: No. We hâve wonderful freedom, and whatever is needed is given. We never hâve any trouble. Agriculture and drawing are the only two compuîsory subjects in the gênerai school law. I was on the Protestant Committee for seven years before I was appointed in the Department. The raembers of the Committee are appointed for life by Government; they never remove anybody. The law says: "During good behavior", but as a matter of fact they never remove them. There is no salary, but they pay the expenses. The Protestant Teachers' Association of the Province elects a member every year also. School gardens are practically gone from our Protestant schools whilst in the Catholic schools they are growing; they hâve now nearly a thousand school gardens,- and they hâve an enthusiastic man, Prof. Dallaire, working ail over the Province, and they are working horticulture with it, and hâve had some charming results. In the Protestant parts of the country, the school garden has to be neglected for two months in the year, whereas on the Catholic side the teacher lives near the school and she can look after it, and therefore it is attended to in the summer time. We hâve a complète System of reporting for the census, and also for the school attendance.
Dr. Waugh: The text books hâve been greatly improved in the last 16 years?
Mr. Sutherland: Yes.
Dr. Carter: You are getting along very harmoniously, and you seem very optimistic.
Mr. Sidherland: We never hâve any trouble; we are as happy as clams down there.
Explan ation: A summary of Mr. Sutherland's remarks has appeared in several of the newspapers of this Province, taken from the officiai Proceedings. Mr . Sutherland explains to us that the officiai reporter fell into several errors, no doubt from lack of acquaintance with the Québec System, and that a lack of consecutiveness in some of the report is due to the fact that the différent sentences were replies to questions from the members présent. Only a few of the questions are indicated in the report.
1ère année, no 12 Montréal Décembre 1917
^'Action française
Revue paraissant le 25 de chaque mois
JYotte petite histoire
par l'abbé &mHe Chartier
NOTRE ENQUÊTE, l'aW.é Lionel Gkoulx — LE FRAN- ÇAIS TEL QU'ON L'ÉCRIT, Léon Lorrain — NOTRE ALM\\\CH-A TRAVERS LA VIE COURANTE, Pierre Homier-L'A. C. J- C. -PROPAGANDE ! PROPAGANDE! O. H. - NOS CONFÉRENCES - NOS ANNONCES - RENOUVELLEMENTS - LA LOI LAVERGNE - NOS CARNETS D'ABONNEMENT TRIBUNE DE NOS LECTEURS - TABLE DES MATIÈRES DE L'ANNÉE.
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