PLUS QUE L'HOMME
Aujourd'hui même, 15 février 1917, les'^jourPxaux rapportent que Son Eminence le Cardinal Gibbons, à la suite d'une entrevue avec une délégation de femmes catholiques de Baltimore, s'est exprimé ainsi: "Chaque jour la sphère d'influence des femmes s'élargit. La femme a fait plus que l'homme pour développer et christianiser la race humaine."
L'histoire de notre pays fourmille d'exemples à l'appui de l'opinion exprimée par son Eminence. Et pour restreindre notre pensée à l'action française, pour ne pas aller au delà des limites qui bornent la lutte scolaire en l'Ontario, rappelons encore une fois, car nous y reviendrons, la constance dans le courage et les efforts des mères de famille d'Ottawa faisant, jour et nuit, la garde de leurs écoles; des institutrices travaillant sans salaire, et dans des milieux déplorablement défavorables, à l'éducation française et catholique de nos petits compatriotes ontariens.
Ces exemples, si je ne me trompe, sont le point de départ de l'épanouissement des hautes vertus nationales féminines, chez nous. Certes, avant cela, nos femmes furent bien l'âme dirigeante et agissante d'une multitude d'œuvres. On ne les vit jamais, d'une façon aussi constante, mêlées de si près aux luttes âpres de la vie nationale.
De l'Ontario surtout, vint l'exemple. A l'heure où l'argent faisait défaut pour la lutte, avant que nos jeunes de l'A. C. J. C. n'entreprissent cette collecte dont les résultats furent si merveilleux, dans la solitude de leurs boudoirs, les femmes de l'Ontario organisaient de petites ventes de chari-
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té, des tombolas, des petits bazars, et en versaient le produit pour le soutien des écoles. C'est ainsi qu'à Tecumseh, dans le comté d'Essex, s'inspirant de l'exemple de l'Association St- Jean-Baptiste de Montréal, elles fondaient "l'œuvre du sou patriotique'' à laquelle, chaque année, toutes les femmes de cette paroisse composée en grande majorité de cultivateurs et d'artisans donnent un jour de travail et de . . . sourires.
Loin de nous la pensée de critiquer les œuvres humanitaires fécondes soutenues actuellement par la vaillance et l'énergie des femmes. Il commande notre admiration le dévouement de celles qui, depuis des mois, des années consacrent leurs loisirs à tailler des languettes et des bandages pour les soldats blessés, outre-mer.
Mais, — honni soit qui mal y pense, — nous croyons davantage à l'œuvre de celles qui se dévouent pour la sauvegarde de la langue en l'Ontario. C'est là pour nous, pour vous Mesdames, l'œuvre nationale par excellence. C'est l'œuvre d'urgence, à laquelle personne ne s'intéressera si nous ne nous y intéressons. Et le temps presse. — Et l'homme seul, quelque bien disposé soit-il, ne réussira pas. Tout de suite, sans hésitation, il faut que la femme en prenne son parti et se jette dans la lutte, tête baissée, décidée à vaincre et à ne pas mourir. Il faut, selon l'expression du Cardinal Gibbons: "qu'elle fasse plus que l'homme!"
Plus que l'homme, non seulement au point de vue éducationnel, mais plus que l'homme au point de vue de l'agencement social et des œuvres rémunératrices. Voilà qui est parler d'action, n'est-il pas vrai ?
Il faut que chaque groupe, j'entends chaque paroisse, solidifie ses liens. Il faut que les membres se connaissent tous les uns les autres, s'estiment de plus en plus, s'entendent, se comprennent, se recherchent. La liberté améri-
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caine qui nous éloigne de nos voisins et l'égoïsme anglosaxon qui nous concentre en nous-mêmes, doit faire place, chez nous, à l'urbanité française, sociable et babillarde. Il faut reprendre ce caractère ethnique qui nous échappe. Seule la femme nous le rendra.
Elle nous le rendra, en faisant de son foyer, le rendezvous des 'patriotes.
Elle nous le rendra, en organisant des soirées et des concerts patriotiques.
Elle nous le rendra, en attirant à elle, petit à petit, la confiance des humbles, et des timides, de celles que le préjugé ou l'absence de toute fierté nationale avaient fait passer à l'ennemi.
Elle nous le rendra en fondant des œuvres nationales, qu'elles soient complètement nouvelles ou s'inspirent de celles qui existent dans d'autres milieux. Un exemple en passant :
Les femmes de Windsor ont compris que pour faire des revenus et surtout créer une saine mentalité canadiennefrançaise, il faut se coudoyer, se parler, s'intéresser, se dévouer. Elles ont fondé la journée d'action française. Cela est très simple d'organisation. Un comité de cinq femmes. Chacune préside un jour de la semaine. Un ouvroir commun. Quelques machines à coudre. De la lingerie en confection. — Toutes les femmes et toutes les jeunes filles disponibles sont invitées à donner une journée par semaine à l'ouvroir. Par ci, par là, une causerie, un dîner, une soirée auxquels les hommes sont admis. A la fin de l'année le produit du travail commun sert à l'érection d'une salle publique, à la fondation d'un journal, à donner des prix pour le français dans les écoles, etc., etc. Mais ce n'est pas là le point le plus pratique et le plus intéressant de ces réunions. A la suite d'organisations
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particulières ayant pour origine les réunions d'ouvroir, la société canadienne-française, dans chaque milieu, s'affirme, s'établit véritablement; le goût des choses nationales s'implante dans les familles; les traditions s'apprennent et se perpétuent; et s'il fallait en croire le témoignage d'un vieil avisé, le problème des mariages mixtes, j'entends entre Français et Irlandais, trouverait, par ce moyen, la plus sûre solution. Il n'existerait plus.
" Car sachez-le bien: nos pauvres blessés de l'Ontario le sont plus qu'on ne le pense, qu'ils ne le croient, peut-être; et leur blessure la plus profonde n'est pas celle infligée par le Règlement XVII. Elle vient de notre abandon, du fait que nous ne nous sommes pas occupés d'eux, jamais. Ils se sont crus seuls au monde. Ils ont négligé l'étude de l'histoire. Ils ont gardé le souvenir de nos traditions, mais ils en ont pratiqué d'autres. Inconsciemment, ils se sont laissés pénétrer par le venin de l'américanisme et le poison colonial anglo-saxon. Bénies, plutôt, suis-je tenté de dire, les persécutions qui nous ont permis de constater dans toute son ampleur la question nationale ontarienne! Dans vingt ans, la réaction eût été impossible. Sans réaction immédiate, dans vingt ans il en serait des 30,000 Canadiens- Français des comtés d'Essex et de Kent ce qu'il en est aujourd'hui de nos compatriotes de Détroit. La force d'inertie rendrait le bloc inamovible. Tel n'est pas actuellement le cas. En concentrant le courage, l'enthousiasme et les dévouements de chaque localité, pour le profit commun, très vite se reformera le bloc national d'autant plus actif et lutteur, cette fois, qu'il se sera cru un instant perdu parce que découragé, parce que par terre.
Femme, fais plus que l'homme! Ranime le bloc!
Femme de l'Ontario, sois pour les hommes, sois pour tes sœurs ce que tu es pour tes enfants. Aux unes et aux
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autres, inspire l'amour de la race et le respect du verbe- Sans rien négliger des obligations de ton foyer, attire dans tes réunions, à côté des patriotes, tes amis, les femmes qui ne sont pas telles que toi. Intéresse-les. Fais-toi aimer. Quand on aime une femme, on aime sa langue. Quand on aime une langue on aime une race. Quand on aime une race on la perpétue.
Femme du Québec, soutiens les œuvres humanitaires; taille des languettes et des bandes; soulage les malheureu^x, les pauvres, les abandonnés d'outre-mer et ceux qui t'entourent. Cela est beau. Cela est grand. Cela est bien. Mais regarde aussi, un peu, là-bas, plus près de toi que les Flandres. Tes sœurs, pour la langue et pour la foi ont une lutte gigantesque à soutenir. Tu peux les aider. • Aide-les. Fais plus que V homme! . . . Cela est mieux !
Joseph Gauvreau
NOTRE ALMANACH
La Ligue des Droits du français songe déjà à son almanach de 1918. Elle prie ses amis de lui réserver leurs commandes et de lui faire leurs suggestions; car elle entend que cet almanach soit encore plus intéressant et plus populaire que les deux premiers.
La Ligue rappelle en même temps qu'il lui reste un certain nombre d'exemplaires de l'Almanach de 1917. Cet almanach, dont le Parler français et la Nouvelle France ont loué l'intérêt permanent, peut être distribué en prix, donné en cadeau, etc.
La Ligue le vend 15 sous l'exemplaire, $1..50 la douzaine, $10 le cent, $75 le mille, plus les frais de port (3 sous l'exemplaire, 22 sous la douzaine.) Adressez les commandes au Secrétariat de la Ligue des Droits du français, 98, Immeuble Dandurand, Montréal.
PARLONS MIEUX
"Que dites-vous de cette locution: Le gouvernement américain. . .?" — J. L.
^ Elle n'a pas de sens. Il n'existe pas un gouvernement américain, mais chacune des républiques américaines a son gouvernement; et le gouvernement de la république de Panama ou de l'Argentine est, tout autant que celui des Etats-Unis, un gouvernement américain.
En autant que je suis concerné . . ., écrit quelqu'un.
Anglais. Cette faute très répandue vient sans doute de la confusion des deux locutions autant que et en tant que:
Ce livre est bon, autant que j'en puis juger.
L'homme n'est responsable qu'autant qu'il est libre.
Elle semble n'avoir point d'amour qu'en tant qu'il peut servir à sa grandeur. (Corneille)
Je vous dis tout cela en tant que chercheur de petites bêtes.
"Y a-t-il une différence — me demande un lecteur justement timoré — entre ces deux propositions: Tout bon qu'il soit, il ne consentira pas. — Si bon qu'il soit, il ne consentira pas.
Oui, Monsieur, il y a une différence:
Tout exigeant l'indicatif, il ne convient de l'employer que lorsqu'on afïii'me: Tout bon qu'il est, il ne consentira pas.
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Si, qui appelle le subjonctif, s'emploie donc quand il y a doute: Si bon qu'il soit, je ne crois pas qu'il consente.
Un journaliste, qui se moque un peu, me dit: "Parleznous donc de la virgule."
Pourquoi pas ? Ce petit signe a un rôle énorme. C'est parfois le grain de sable arrêtant la machine oratoire. . . .
Croiriez-vous, Monsieur, qu'une de ces diables de petites virgules de rien du tout fit perdre naguère au Trésor des Etats-Unis une recette d'une couple de millions?
En 1905, — assure-t-on — la commission des finances du Sénat découvrait qu'une trentaine d'années auparavant le Congrès avait voté une loi de douane énumérant les produits exempts de droits d'entrée. Cette loi portait l'article suivant: Toutes les plantes à fruit de provenance étrangère. Or un copiste, au lieu de transcrire "fruit-plants", remplaça le trait d'union par une virgule et écrivit: "fruit, plants." Alors, protégés par cette infime virgule, oranges, bananes, raisins envahirent impunément la République. Et quand on rectifia l'erreur, elle avait coûté au Trésor quelque deux millions.
Vous voyez qu'on a tort de mépriser la virgule, de méconnaître son importance, sa puissance d'expression. Ainsi, si je disais: "Les journalistes, qui méprisent la virgule, ont tort" ; cela signifierait que tous les journalistes méprisent la virgule. Mais, Dieu merci, il y a encore des journalistes qui respectent la langue française, qui respectent par conséquent la virgule; je dirai donc: "Les journalistes qui méprisent la virgule ont tort."
LÉON Lorrain
UNE ENQUETE
L'Action française se propose de faire, ou mieux de faire faire par ses lecteurs, diverses enquêtes. Elles seront variées, pratiques, destinées à servir la langue et se rapportant surtout à des choses de la vie courante.
Celle qu'elle propose aujourd'hui s'adresse surtout aux épiciers, mais tous nos lecteurs y peuvent prendre part.
Il s'agirait de dresser la Hste des produits en vente dans les épiceries et qu'on ne peut se procurer qu'avec des étiquettes anglaises. Par exemple, de la moutarde: celle que vous, épicier, vous vendez, ou que vous, client, vous achetez, est-elle contenue dans une boite qui porte une étiquette française, ou au moins bilingue ? S'il en est ainsi, très bien; sinon, inscrivez sur votre liste le nom de l'article et le nom du fournisseur.
Repassez ainsi vos différentes boîtes: poudre à pâte, gelée, conserves de légumes, empois, etc., etc.
Grâce aux indications qui nous seront ainsi fournies, nous pourrons:
1) vous indiquer telle maison, que vous ne connaissez peutêtre pas, et qui met sur ses produits des étiquettes françaises;
2) dresser une liste complète de tous les articles d'épicerie pour lesquels il n'existe que des étiquettes anglaises.
Cette liste établie, nous aviserons aux moyens à prendre pour obtenir des étiquettes dans notre langue.
Encore un coup, ces détails de la vie courante ont une grande importance par l'influence quotidienne ciu'ils exercent sur les esprits. Ne permettons pas qu'ils soient une arme contre nous.
On est prié d'envoj^er les listes et tout ce qui concerne cette enquête à l'adresse suivante:
Le comité d'enquête. Ligue des Droits du français, Immeuble Dandurand, Montréal.
A TRAVERS LA VIE COURANTE
L' exeTCice H ne faut pas cesser de le répéter: la langue
de YIOS dïoits ^^''^^'^'^^^ ^6 jouira de ses droits au Canada que si nous les exerçons et les faisons exercer par ceux avec qui nous venons en contact.
"Situation ennuyeuse, dira quelqu'un qui n'aime pas à se gêner, fatigante, astreignante au possible." Là n'est pas la question. Rien ne sert pour le moment de récriminer. Le fait existe. Notre devoir est de l'accepter et d'agir en conséquence. C'est un peu d'ailleurs la situation de tous les droits. "Nous ne possédons rien, a écrit M. Bourget, qui ne soit menacé dès que nous n'avons plus l'énergie de maintenir cette possession par la force. Toute prospérité n'est qu'une conquête continuée. C'est sa légitimité et c'est sa noblesse."
Armons-nous donc, nous qui voulons conserver notre langue, de force et de constance. Ainsi exigeons, sans nous lasser, des compagnies d'intérêt public et de nos fournisseurs, gros et petits, des circulaires et des factures rédigées en français. Presque toujours nous réussirons.
Une pTOtCStotiOfl Un exemple en passant. Une importante
cffiCQCC maison anglo-canadienne envoyait dernière-
ment airx membres du clergé ime circulaire anglaise. L'un d'eux répondit aussitôt: "Je viens de recevoir votre lettre me priant de ne pas acheter de peinture et de vernis avant de voir vos échantillons et vos prix. Je regrette qu'elle ne soit pas écrite en français. Le président même de votre compagnie disait, il y a quelque temps, ces paroles significatives: "Nos affiches, nos étiquettes, toutes nos annonces et tous nos imprimés doivent être rédigés dans la langue du peuple auquel nous nous adressons." Pourquoi, mon cher monsieur, ne mettez-vous pas en pratique, ici à Montréal, cette direction si juste de votre chef ? D'ici à ce que vous le fassiez, je ne puis donner une réponse favorable à votre demande."
Qu'arriva-t-il ? Quelques jours plus tard, un des représentants canadiens-français de la maison, à qui les directeurs avaient communiqué cette lettre, téléphonait au protestataire pour lui dire combien ceux-ci regrettaient le fait dont il s'était plaint justement, qu'il était dû à une erreur et ne se répéterait plus.
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EtioU€tieS N'est-ce pas là un résultat appréciable ? Elles sont hiliyipiiûQ d'ailleurs maintenant très nombreuses les maisons anglaises qui, parce qu'averties, emploient la langue française dans leurs relations avec leurs clients français. Et pour ne pas sortir ... de la peinture, citons la maison Brandram-Henderson. Se rendant compte que le Canada est un pays bilingue, elle vient de mettre sur ses boîtes une double étiquette. D'un côté l'annonce anglaise, de l'autre l'annonce française. En réalité, ce sont deux étiquettes distinctes où chaque langue peut étaler à l'aise ses phrases. Excellente initiative, d'autant plus louable que le français employé ne se ressent aucunement du voisinage de l'anglais. La chose est rare. Soit faute du traducteur, soit faute de l'imprimeur, un grand nombre de compagnies anglaises nous servent du Parisian French, ou bien des phrases à l'allure française mais dont les mots ont été massacrés par un prote saxon. Il faudrait conseiller à ces compagnies de faire faire dans le Québec même, par des personnes compétentes, et leur traduction et leur impression.
A. pTOpOS Mais à une condition. Que nos compatriotes
(V GCCCyitS s'efforcent, davantage encore, de se readre dignes de cette confiance, de donner à leurs œuvres ce fini qui caractérise le travail français. Les imprimeurs, pour ne prendre qu'un cas, de\Taient se faire ime règle inflexible de mettre sm* les majuscules les accents auxquels elles ont droit. Les en priver, c'est leur retrancher quelque chose qui, dans l'espèce, leur est essentiel et dont l'absence change souvent le son du mot et parfois même le sens de la phrase. Que dire, par exemple, de ce grand journal clamant, en lettres capitales, au haut de ses colonnes, qu'il est de tous ses confrères, le plus disgracieux, exactement: le PREMIER INFORME? Et ce marchand dont les pancartes aimoncent sans vergogne qu'U vend du POISSON SALE. Ce qu'ils doivent affluer, les acheteurs! Et cet autre, par lequel nous sommes charitablement avertis de ne pas entrer dans son magasin, après sept heures du soir, parce qu'alors il se transforme, il est FERME. Franchement, de telles défigurations de la pensée ne devraient pas être tolérées.
Je sais qu'il j' a là une difficulté spéciale, mais je sais aussi qu'elle n'est pas insurmontable. Plusieurs imprimeurs l'ont maîtrisée. Puissent leurs collègues les imiter et servir ainsi la langue française !
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Ufl bCQU Puisque je parle de service rendu à la langue, on
Gûçfû ™e permettra bien de signaler, dans cette chronique,
le fier geste que fit, voici quelques semaines, le chevaleresque secrétaire de la Ligue des Droits du français. Une convention réunissait à Ottawa des représentants de toutes les provinces du Canada. Il n'y avait que deux Canadiens-Français, délégués de la Ligue antialcooHque de Montréal. Quand son tour vint de parler, le docteur Gauvreau, s'inspirant sans doute des paroles de La Fontaine, dit qu'il se défiait de sa connaissance de l'anglais, mais que, fût-elle parfaite, il tiendrait quand même, dans cette assemblée de tout le Canada, à se servir de l'une des deux langues officielles du pays, celle des pionniers du sol. On applaudit chaleureusement, cependant que résonnaient, claires et vibrantes, les phrases du doux parler de France ....
j\k, De ce geste, rapprochons le fait qui vient de se pro-
VaticCin ^^^^^ ^^ Vatican. Nous avons déjà raconté dans le Devoir comment Benoit XV remercia en français le ministre d'Angleterre, sir Henry Howard, qui retournait à Londres. Or, pour succéder à celui-ci, le comte de SaUs est arrivé à Rome. Et c'est en ffançais, "en un français impeccable", dit la Croix de Paris, qu'il présenta au Pape ses lettres de créance, et c'est aussi en français que le Souverain Pontife lui répondit. Ainsi donc, à Rome, le cathoUcisme anglais a besoin, pour s'exprimer, pour parler officiellement au chef de la chrétienté, de se servir de la langue française! Symbole .... présage... juste revanche des choses.. ? que ce soit ceci ou cela, notons quand même soigneusement le fait. Pierre Homier
NOTRE PARLER
Nous avons reçu, à la suite de la question posée par M. Durand {Aclion française de janvier), d'intéressantes communications.
M. Durand, on s'en rappelle, demandait qu'on réunît les textes, émanant de Français de France, qui attestent que nous parlons une langue substantiellement identique à celle de nos cousins d'outre-Atlantique. On nous a adressé plusieurs de ces textes. Il en reste beaucoup d'autres. Nous prions qu'on nous les adresse également. L'un de nos collaborateurs se chargera de les classer.
Il nous paraît souhaitable que le dossier soit publié dans un seul numéro de la revue. Il sera ainsi de consultation plus facile et, partant, d'utilité plus grande.
TRIBUNE DE NOS LECTEURS