AU PUBLIC
Ce 7WUS est un grand plaisir que de présenter au public canadien-français l'Action française.
Humble d'allure, mais au titre significatif, cette revue croit répondre à un des plus pressants besoins de l'heure.
L'action, en effet, si nous voulons que îiotre race survive, n'est-elle pas aussi nécessaire à l'époque actuelle qu'aux périodes les plus critiques de notre histoire? Nos droits, nos traditions, notre langue. . . . qu'en restera-t-il dans dix ou vingt ans si pour les maintenir un groupe organisé n'est sans cesse sur la brèche? On les oublie au foyer, on les néglige dans la vie commerciale, on les bafoue dans la vie politique.
Eh bien ! nous les rappellerons, nous les restaurerons, nous les défendrons. Et tel est, en trois mots, le rôle de notre revue. Elle sera l'organe de notre œuvre, la Ligue des Droits du français, dont l'influence bienfaisante se fait déjà sentir dans tant de milieux. Organe vigilant, allègre, énergique, et surtout traditionaliste.
C'est dire que ses pages sont ouvertes à tous les fervents de notre nationalité, à ceux qui ne veulent pas qu'elle périsse, qui ne le veulent pas non seulement en paroles, mais aussi en actes, et sont prêts par conséquent à apporter leur quote-part, si minime soit-elle, à l'œuvre de défense nationale.
Un document, un fait, un mot. . . tout ce qui peut servir la race sera donc le bienvenu. Qui n'est capable de nous donner cette contribution?
A ceux qui peuvent plus, nous demanderons davantage. Qu'ils ne refusent pas à l'Action française l'article ou l'enquête qu'ils sont en état de lui fournir.
En retour nous signalerons, avec un soin vigilant, le moindre geste fait en faveur de la cause: nous stimulerons et aiderons les initiatives patriotiques, nous indiquerons telle ou telle réforme à accomplir, nous fournirons à ceux qui veulent lutter les munitions de la victoire.
Si on a compris notre œuvre, nos listes d'abonnés vont se couvrir de noms. Chacun de nos lecteurs voudra nous en gagner deux ou trois autres, car ce sera deux ou trois nouveaux chevaliers qu'il aura conquis à la défense de nos droits, à l'Action française.
Et ainsi, sur la terre canadienne, absolument libres de tout autre groupement, national ou étranger, qu'il porte ou ne porte pas notre nom, nous poursuivrons la haute et noble et belle tâche que nous nous sommes imposée: travailler, par une action inlassable, à, la survivance de notre race, c'est-à-dire au mainUen de sa foi, de sa langue et de ses traditions.
Joseph G A UVREA U