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UN NOUVEAU SECRETAIRE

Suivant les règlements de leur association, les nouveaux directeurs de la Ligue des Droits du français ont dû, à leur première réimion, élire un secrétaire général choisi parmi eux. Sur la proposition du docteur Gauvreau, secrétaire sortant de charge, M. Louis Hurtubise, ingénieur civil, a été élu pour le prochain terme.

Ceux qui connaissent le patriotisme et l'activité de yi. Hurtubise se réjouiront de cette nomination. Le nouveau titulaire marchera sur les traces de son vaillant et dévoué prédécesseur.

À TRAVERS LA VIE COURANTE

Un hOfl Soldût L'.4f/io/i/ranfaise saluait, dans son premier

de YlOtïC lonëUC iiuméro, un bon soldat de notre langue, décédé récemment. Ils sont plue nombreux qu'on ne le croit, ces modestes, servant avec une ardeur inlassable, dans leur humble milieu, le parler des aïeux.

En voici un, encore \'ivant, dont un ami me signale les prouesses. Ni grand nom, ni haute position. C'est un homme du peuple, un simple plombier. Mais il a l'âme patriotique et vaillante. Au moyen-âge il aurait fait partie des croisades. Aujourd'hui il combat, d'estoc et de taille, pour la langue française.

Ainsi autour de sa boutique demeurent de petites gens. Ils désirent assez souvent se servir de son téléphone. "Avec plaisir, répond-il invariablement, mais vous savez la condition: il faut demander le numéro en français." Combien de voisins il a amenés, par ce moyen, à parler affaires dans leur propre langue !

Avec les Et lui-même évidemment il prêche

fïKXisOflS ClflëlttisCS d'exemple. Son métier le met en relations avec une maison anglaise. Mais il exige qu'on le serve en français, sinon il ne donnera pas sa commande. Bon cHent, on tient à le conserver. Et comme dans le magasin les commis ne parlent que l'anglais, on fait venir, quand il appelle au téléphone, un jeime Canadien français qui travaille dans la cour, à l'expédition des marchandises.

Or, patriote avisé, il appelle souvent, plus souvent même qu'il ne serait nécessaire, faisant ses commandes l'une après l'autre, alors qu'il pourrait les joindre ... si bien que l'employé de la com- agit très souvent comme commis de magasin, en attendant — ce qui ne saurait tarder, vu son utilité — qu'il le devienne définitivement. Que de personnes, remarquait ce brave plombier, pourraient faire comme moi et aider ainsi la cause sacrée! Assurément, et c'est pour les y décider que nous rapportons ce fait.

Uu COntïClt Ajoutons-en un second. Celui-ci a pour théâtre

à siëfiCT '^ bonne ville de Québec. Le supérieur d'une com-

munauté religieuse reçut d'une compagnie de transports un contrat à signer. Pas un mot de français. Il protesta. Que

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voulez-vous ? lui répondit-on. Notre commerce rapporte peu, les neuf dixièmes de nos clients connaissent bien la langue anglaise, alors vous comprenez. . . — Ce que je comprends, rétorqua aussitôt le religieux, c'est que j'ai le droit de me faire servir dans ma langue; si vous ne le voulez ou ne le pouvez pas, dites-le moi, j'irai ailleurs. — Le lendemain, le courrier rapporta un contrat en français, mais en français. . . toronionien. La compagnie avait amené pavillon, on pouvait se montrer bon prince. Le supérieur refit donc lui-même cette mauvaise traduction, la soumit à la compagnie qui l'approuva et la recopia, puis il la signa. L'an prochain — car la leçon a paru bonne — tous les clients de langue française recevront probablement un contrat bien rédigé, dans leur langue. Ainsi se remportent les victoires.

Lq chciïte civile Cette question du bon français a son

de Z' 4 C T C importance. Et les maisons anglaises ne sont pas les seules, malheureusement, à l'ignorer. Un bon nombre des nôtres ne s'en soucient guère. Elles envoient des circulaires dans un style lourd, où les anglicismes et les solécismes fourmillent. Non moins coupables sont les compagnies à fonds sociaux qui demandent leur reconnaissance civile. De^ quelle phraséologie obscure et barbare elles revêtent l'exposé de leurs affaires ! Aussi convient-il de féliciter chaleureusement l'Association Catholique de la Jeunesse Canadienne française, pour la clarté, la sobre élégance, la pureté de style qui caractérisent la loi par laquelle elle vient d'être constituée en corporation. Voilà — ou je m'abuse étrangement — un document exceptionnel, comme il en sort peu de notre usine législative. Le Semeur l'a publié en février dernier. Je proposerais qu'on l'afBchât dans toutes les études d'avocats et de notaires. Il y servirait utilement de modèle.

U enseigneiTient Uu mot maintenant à propos de l'ensei-

de la comptabilité g^ement de la comptabilité. Le reproche que nous avons adressé à nos maisons d'éducation, c'est d'ignorer en cette matière la langue française et, par suite, de la faire ignorer à leurs élèves. Quand ceux-ci deviennent plus tard comptables, ils sont portés à n'employer que des termes anglais, à n'écrire que des lettres anglaises, à faire, en un mot, leur travail uniquement en anglais.

Là est la faute, faute grave, qui prépare à notre race des transfuges inconscients. La connaissance de la langue anglaise est nécessaire dans le commerce, nous l'admettoixs, et nous comprenons qu'on l'enseigne.

mais que ce ne soit pas au détriment de la langue française, que ce ne soit pas en déformant la mentalité de notre jeunesse, des "hommes de demain." Un enseignement bilingue remédierait à cela. L'Action française espère d'ailleurs pouvoir donner bientôt, sur ce sujet important, un article d'un spécialiste.

Pierre Homier.

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