L'ACTION FRANÇAISE ET LE MONUMENT DE GRAND-PRE
L.'Action française annonçait, dans sa livraison d'avril, que les Acadiens viennent de rentrer en possession du terrain où s'élevait jadis l'église de Grand-Pré et qu'ils ont l'intention de l'enclore d'abord, puis d'y élever un monument. Une souscription a été ouverte pour réaliser les fonds nécessaires à l'exécution de ce dessein.
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h'Actioti française n'a pas voulu, malgré son indigence, rester
étrangère à cette souscription. Le secrétaire général de la Ligue des
Droits du français, M. Louis Ilurtubise. vient d'adresser en son nom
-au trésorier du comité acadien. M. A.-J. Doucet, la lettre suivante:
Montréal, le 7 mai 1917 .
Cher Monsieur,
L'Action française, organe de la Ligue des Droits du français, fut fondée -pour travailler à l'épanouissement de notre idéal français et pour défendre les droits sacrés de notre foi, de notre langue et de nos traditions. Elle est donc essentiellement traditionaliste.
"Nous stimulerons et aiderons les initiatives patriotiques," déclara son ancien secrétaire en la présentant au public, au mois dejantner dernier. Celte promesse du Docteur Joseph Gauvreau, ainsi que son traditionalisme, lui font un double devoir: celui d'applaudir à la belle initiative de votre comité et de vous offrir une souscription particulière. — Veuillez trouver ci-inclus un mandat de dix piastres.
Notre dignité 7ious commande, à nous Canadiens d'ori'jine française, d'aimer, de respecter et de faire connaître tous les souvenirs auxquels se rattache quelque chose de noire histoire. Par quel pieux mouveme7il vous obéissez à ce doux précepte ! Faire revivre l'ancienne église de Grand-Pré, c'est évoquer les épreuves d'une race miraculeusement conservée à la vie; c'est dégager en même temps les leçons d'une époque tragique. Tous les Acadiens et les Canadiens bien nés vous en sont infiniment reconnaissants.
Si nous avions toujours soin de planter les racines de notre patriotisme dans les couches profondes du passé, nous retrouverions dans la sève qui nous anime le vrai caractère et les pures aspirations de nos pères, dont nous devons être les gardiens et les propagateurs. Employons-nous-y sans retard. Et daiis cette œuvre d'édification nationale ayons la ténacité de nos professeurs d'énergie. Les régimes de lord Gosford, de lordDurham, de sir John Colborne passèrent sans que La Fontaine obtînt le gouvernement responsable qu'il réclamait pour son pays. Il lutta encore. lutta toujours; en 1842 il introduisit enfin au Canada les libertés britanniques qui devaient ensuite s'étendre aux autres colonies de l'Angleterre.
Acadiens et Canadiens, puisons à la source de la tradition et agissons sans défaillance! C'est le vœu que forment les directeurs de /'Action française en félicitant leurs frères d'Acadie.
Votre tout dévoué.
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NOTRE ENQUETE
De nouvelles listes d'articles d'épicerie dont les étiquettes sont exclusivement anglaises nous ont été envo5"ées depuis le mois dernier. Nous les conser^'ons précieusement. Elles nous serviront probablement à faire plus tard une deuxième édition du tableau publié en axTi'û.
Comme il fallait limiter notre enquête — ainsi l'exigeaient et l'espace à notre disposition et les résultats pratiques que nous voulions obtenir — il nous a paru préférable de ne nous occuper pour le moment que des produits canadiens. Voici pourquoi il est des articles dont les étiquettes anglaises nous ont été signalées et qui cependant ne figurent pas dans notre tableau.
Quelques produits n'ont de bilingue que l'étiquette ou les recettes, pas les deux. Nous les avons classés toutefois, afin de ne pas multiplier nos listes comme s'ils étaient complètement bilingues: Et de fait, ils le de\aendront bientôt. Une fois le principe admis, on en verra vite les avantages et on saura, nous n'en doutons pas, l'appliquer pleinement.
Nous envoyons à chacune des maisons dont les produits uniUngues figiirent sur notre tableau un numéro de la revue, accompagné d'ime circulaire où nous leur expliquons que, dans leurs propres intérêts, elles devraient vendre ces articles bilingues. Nous demandons à chacun de nos lecteurs d'écrire eux aussi une lettre du même genre à ces maisons — le nom et l'adresse se trouvent toujours sur la boîte qui contient le produit. La revue a maintenant plus de onze cents abonnés, sans compter les quelques centaines qui l'achètent chez les libraires. Que la bataille serait vite gagnée, si la moitié seulement de nos lecteurs répondaient à cet appel.
Les épiciers en gros canadiens-français constituent un des principaux facteurs dans cette campagne pom- le maintien des droits du français. Ils peuvent, s'ils le veulent, la faire invinciblement triompher. Quelle est leur attitude actuelle ? Nous le verrons le mois prochain. Ce sera la conclusion de notre enquête.
Le comité d'exquête.
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