‹ L'Action canadienne-françaiseChapitre 55 sur 136 · UN EXEMPLE À IMITER · texte numérisé non relu

UN EXEMPLE À IMITER

Plusieurs municipalités scolaires — la dernière commande nous vient du fond du lac Saint-Jean — ont déjà résolu d'offrir en prix aux élèves de leurs écoles VAlmanach de la Langue française.

Cette décision paraîtra excellente à tous ceux qui ont simplement feuilleté l'almanach. Aux autres nous rappellerons les appréciations formulées par les autorités les plus compétentes.

C'est la Nouvelle-France, par exemple, qui disait de ce petit livre: "C'est un bijou d'almanach, bien rédigé puisque toutes, ou à peu près, nos meilleures plumes canadieimes y ont collaboré; bien patriotique, puisque la note dominante, c'est l'attachement à la langue maternelle, le devoir sacré d'en sauvegarder et d'en défendre les droits; bien instructif, car plusieurs des articles qu'on y a contribués ou insérés sont de véritables leçons de choses, en particulier l'ingénieuse représentation graphique de la force numérique des cathohques de langue française au Canada, dont l'évidence saute aux yeux, ce qui est mieux que de les crever, même au figuré; — bien imprimé, comme tout ce qui sort des ateliers du Devoir. Nous souhaitons plein succès à ce vaillant messager de la parole française, dont la Ligue des Droits du français est l'inspi-

150 l'action française

ratrice intelligente et dévouée. De tous ses procédés pour consolider et accroître le salutaire mouvement qu'elle a entrepris, la publication de son almanach ne sera pas le moins efficace."

Et le Parler français ajoutait: "Voilà un almanach qui est un almanach et qui cependant est un livre.

"Ceux qui tiennent au calendrier trouvent celui de 1917 dans les dernières pages de la brochure; et dans les 110 premières pages, ils ont un beau petit livre, où nos meilleurs écrivains disent le mieux du monde les choses les plus intéressantes et les plus variées" . . .

L'almanach, comme on le voit, offre un intérêt permanent. Les exemplaires qui nous restent se vendent 15 sous l'unité, $1.50 la douzaine, $10.00 le cent, $75.00 le mille. Dans le cas des commissions scolaires, nous prenons à notre charge les frais de port.

Adresser toutes les commandes au secrétariat de la Ligue des Droits du français, 98 Immeuble Dandurand, Montréal.

PETITES NOTES

Le 30 avril dernier, M. Rodolphe Lemieux posait au ministère de l'Intérieur cette double question: 1. Est-il à la connaissance du ministre de l'Intérieur que la formule 23 présentée aux voyageurs à destination du Canada et venant de New- York, Boston ou autres endroits des États-L^nis, par les employés des chemins de fer, n'est pas imprimée en français? — 2. Le ministre voudra-t-il bien donner au ministère instruction de faire imprimer dans les deux langues cette formule 23 ?

Le ministre repondit : 1. Oui. — 2. Ordre a été donné au ministère d'imprimer la formule 23 dans les deux langues.

Il est probable que le dépôt de l'interpellation n'a pas été étranger à cet ordre.

* if su

Ceux de nos abonnes (jui ne recevraient pas régulièrement la revue, sont priés d'en notifier sans crainte l'administration (98, Immeuble Dandurand). Il se peut, au début d'une organisation, que quelques noms soient oubliés ou encore que quelques numéros se perdent en chemin.

l' ACTION' FRANÇAISE 151

Rappelons seulement que la revue ne paraît qu'à la fin de chaque mois, et qu'il est sage, avant de réclamer, d'attendre les premiers jours

du mois suivant.

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal fait des démarches auprès des administrations fédérale et provinciale pour qu'elles fassent inscrire dans l'index téléphonique de la ville, en français et en anglais, l'adresse de leurs divers services.

Espérons que ces démarches auront un succès aussi considérable, et plus rapide, que celles qu'elle a faites ces temps derniers auprès de la

ville de Montréal.

Il est tout un ensemble de détails sur lesquels il conviendrait de rappeler les ministères au respect de l'esprit de la Constitution.

Pourquoi, par exemple, les timbres obhtérateurs dont se sert actuellement le ministère des postes ne portent-t-ils que cette inscription: "Save your money. Lend it lo ijour coioitry" ?

Le français am^ait sa place là comme ailleurs.

Au cours du débat sur l'administration de l'intercolonial, il y a quelques semaines, 'M. Boulay. député de Rimouski, a soulevé des points qui se rattachent de très près aux campagnes de l'Action française. Nous prierons l'un de nos amis qui connaît bien la situation de traiter, dans l'une de nos prochaines li%Taisons, de l'emploi de la langue et des fonctionnaires français sur ce chemin de fer.

Le bureau des Commissaires de la ville de Montréal a récemment refusé d'accepter un rapport d'ingénieur parce qu'il n'était rédigé qu'en anglais.

C'est un signe des temps.

Ce sera, le mois prochain, la fête nationale.

Que chacun, dès maintenant, réfléchisse à la façon pratique dont il pourra, au cours de l'année, le mieux servnr les intérêts de notre langue.

Si quelqu'un de nos clients ne recevait pas régulièrement ses listes d'expressions françaises, nous le prions d'en avertir aussitôt le secrétariat de la Ligue des Droits du français.

TRIBUNE DE NOS LECTEURS

L'Ile ste-hélène, lévis, le français

Montréal a décidé, en principe, de laisser transformer par une institution privée l'île Ste-Hélène en une foire aux extravagances à la mode de Coney Island.

Sans vouloir nous prononcer, ici, sur la valeur du projet, nous^ croyons que la ville devrait, si elle doit passer outre à l'opposition manifestée, formuler des conditions bien définies afin d'éviter à avoir à réclamer plus tard des droits violés.

Nous voulons parler de l'histoire qui se rattache à l'île Ste-Hélène, dernier rempart de la résistance de 1760, et de cet autre rempart resté debout celui-là, malgré les assauts de tous les jours: la langue française.

D'abord à celui qui est tombé nous devons un souvenir tangible en formulant dans le traité qui donnera mainmise sur le petit coin de terre où brûlèrent les drapeaux de Lévis, la réserve d'un site convenable, à l'entrée même de l'île, pour y placer au moins une pierre en l'honneur du vaillant héritier de Montcalm, en attendant d'y mettre son monument.

Puis à la langue fi'ançaisc, le devoir le plus sacré nous incombe d'assurer le maintien à l'égal de l'autre langue officielle du pays, en stipulant dans cette seconde reddition de Ste-Hélène, que tout: affiches, placards, avis, règlements, enseignes, indications, etc., sur lesbateaux- I)asseurs, aux débarcadères, le long des chemins, sur les casernes et partout, soit en français comme en anglais.

L'île devenue un lieu d'amusement .sera le rendez-vous des foules; il importe donc, malgré le caractère puéril de l'entreprise, d'indiquer d'une façon visible et permanente que les Canadiens-français, en conservant le culte de leur origine, font honneur loyalement, même dans les petites choses — et celles-ci comptent autant que les grandes chez la masse — à la signature mise au bas du pacte de la Confédération.

L'étranger, aux évolutions du Merry-go-round qui portera aussi le joli nom de Carrousel, du haut du Scenic Railwaj' bien nommé Montagnes russes pour les "agitations" qu'on 3' connaît, ou devant les pavillons des forains, saura, en voyant s'étaler notre langue en petites et en grosses lettres, qu'on parle toujours le français sur les rives du Saint- Laurent.

La statue de Lévis, dès ses premiers pas sur l'île, lui apprendra, s'il l'ignore, que des Français sont venus au Canada il y a des siècles; ces affiches et ces enseignes le convaincront qu'ils y sont encore et qu'ils ont bien l'intention d'y rester. — Nap. Tellier.

Page 1