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LE FRANÇAIS AU BRÉSIL

Un anglo-canadien du nom de J. E. McEwen, établi depuis une quinzaine d'années au Brésil et de passage en notre ville des Trois- Rivières il y a ime couple de semaines, nous a donné une conférence très intéressante sur son pays d'adoption et sur les relations commerciales qui devraient exister entre le Canada et le Brésil.

Incidemment, M. McEwen a prononcé quelques paroles que vous me permettrez de vous signaler au sujet de l'iisage de la langue française au Brésil. Le conférencier déclara qu'il n'j' avait aucime relation commerciale possible avec ce pays de l'Amérique du Sud à moins que les communications ne se fassent en portugais ou en français, les deux grandes langues du pays. Tout le monde sait, là-bas, l'une ou l'autre de ces langues, et les classes instruites les connaissent toutes les deux.

Les manufacturiers du Québec, dit-il, ont au Brésil un merveilleux champ d'opération parce qu'on a besoin de levirs produits et surtout parce que grâce aux Canadiens-français les relations commerciales peuvent se faire dans la langue française. Les agents allemands savaient le français, ils ont réussi au Brésil, où depuis la guerre l'Américain a des ennuis par suite de son ignorance des langues du pays. La connaissance du français est suffisante, celle de l'anglais à peu près inutile.

J'ai cru bon de vous transmettre la substance des remarques de ce M. McEwen, car si demain, comme il faut l'espérer, il se fait de plus en plus de commerce avec les républiques du Sud, il ne sera peut-être pas mal alors, du simple point de vue de la "piastre," de trouver des Canadiens capables, de par leur connaissance de la langue française, d'aider à l'expansion commerciale de leur pays.

Si on pouvait finir par s'apercevoir à Toronto qu'en pays étranger les classes instruites de la nation, dans neuf cas sur dix, savent, outre leur langue maternelle, la langue française, peut-être songerait-on alors

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à laisser les petits franco-ontariens apprendre librement la langue de leurs pères ! — Un Trifluvien.

CANA DIENS-FRÀnÇA IS

Li' Action française n'a pas encore donné son opinion officielle sur l'orthographe de ce nom. Me permettra-t-on alors de venir risquer la mienne? Je suis d'avis que /ranjais doit être écrit, comme un adjectif, avec un petit /, pour nous distinguer des autres Canadiens. Mais cet adjectif énonce une qualité qui nous est essentielle, qui tient à notre sang même, qui révèle tout notre être. Ne faudrait-il pas quelque chose pour le dire? Il me semble que là est le rôle du trait d'union. Il joint ensemble le nom et l'adjectif pour en marquer l'indissolubilité, pour montrer que cela fait un tout, que ces deux éléments de notre être ethnique ne peuvent être dissociés sans le détruire.

Ceci n'est qu'une opinion. J'aimerais qu'on la discutât. — -X.

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