LES LIVRES FRANÇAIS À L'ÉTRANGER
Un congrès, le Congrès national du Livre, qui réunissait surtout des gens de lettres et des libraires, s'est tenu à Paris, du 11 au 17 mars dernier. On a étudié, entre autres questions, la diffusion, par le livre et les périodiques, de l'influence française à l'étranger.'
Voici, d'après le Correspondant du 25 mars, les conclusions qui ont été soumises, à ce sujet, aux congressistes: "Le rapport de M. Max Leclerc, le vœu nettement formulé, appuyé sur des considérants vigoureux qui l'accompagne, réclament l'établissement de droits de douane sur "les livres, périodiques et imprimés en langue française et les livres et imprimés en langues anciennes, non annotés ou annotés en français, fabriqués à l'étranger." Le taux de ces droits doit varier selon qu'il s'agit de pays ennemis, neutres ou alliés, de langue française ou de langue étrangère. Ces droits seront "compensateurs et non prohibitifs," sauf pour les produits des pays ennemis. Il y aura un régime spécial pour les pays de langue française et un traitement particulier pour la Belgique. La question des livres et imprimés français édités à l'étranger s'impose à l'examen. Celle des droits de douane ne sera pas résolue sans difficultés ni oppositions. Ce sont des questions complexes où, autant qu'il peut sembler à des profanes, les réclamations des éditeurs sont justifiées, où il faut s'attendre à des contestations au nom des principes et des possibles répercussions."
Formulons, en marge de ces conclusions, deux souhaits: 1. Que le Canada soit considéré comme un pays de langue française — ce qu'oublient trop souvent nos cousins de France, quand il s'agit de commerce — et bénéficie par conséquent du " régime spécial" ; 2. Que, dans l'intérêt même de l'influence française, la société née de ce congrès s'occupe de la qualité morale des livres qui doivent travailler à sa diffusion. L'attention d'ailleurs des congressistes a été attirée sur ce point important par un rapport de M. Haraucourt qu'est venue fortifier une intervention de l'abbé Wetterlé.