‹ L'action de Benoît XV pendant la guerreChapitre 11 sur 33 · Revue de Paris , 15 octobre 1918, p · texte numérisé non relu

Revue de Paris , 15 octobre 1918, p

pour certains faits particuliers, il ne s'estimait pas assez informé ; et enfin parce que, parmi toutes les nations belligérantes, il était responsable des intérêts et* de la paix de l'Eglise. Lorsqu’il a invoqué, en 1915, sa qualité de juge « établi par Dieu pour être le suprême interprète et vengeur de la loi éternelle »; ç’a été pour rappeler un principe général, à savoir que l’iniquité n’est jamais permise ; ajoutant que lui, souverain docteur de la morale, condamnait et réprouvait toutes les injustices commises, par n’importe qui, et quel que fût le prétexte dont on essayât de se couvrir,

Tel est l’acte judiciaire du 22 janvier 1915 dont M*** tâche vainement d’énerver la portée, en le ridiculisant.

Dans la même allocution du 22 janvier 1915, Benoît XY, interpellant les envahisseurs, leur signifiait que occupation militaire n’est pas synonyme de dévastation ; qu’il y a aux conséquences d’une invasion des limites qu’on ne saurait passer sans forfaire ; et que, entre les violations du droit, celles-là sont particulièrement irritantes qui atteignent les édifices, les ministres, les principes mêmes de la religion.

Pourquoi M*** oublie-t-il ces réflexions du pape et qu elles atteignaient les Puisses comme les Allemands?

Pourquoi oublie-t-il que dans quatre autres

l’action de benoit îv

circonstances solennelles (5 juillet, 28 juillet 1915, l décembre 1916, 15 août 1917), le Souverain Pontife a proclamé, sur quelques points essentiels, les principes de l’équité ?

Pourquoi oublie-t-il que benoit XV a tenté de nombreuses démarches, pour la protection de toute sorte de droits? Or chaque fois qu’il l’a tenté, il a, équivalemment, rendu une sentence contre le vainqueur injuste. Il y a beaucoup de manières de dire : non liceL On peut formuler une prière, invoquer l’intérêt, faire appel à l’humanité, mettre en avant l’opinion, alléguer la conférence de La Haye. La forme de la correction paternelle peut varier suivant l’espèce, et l’état d’esprit du délinquant. Nous ignorons en quels termes Benoît XV est intervenu. Mais, en beaucoup de cas où il a fait aux Allemands des représentations confidentielles, la justice était en cause ; et en agissant pour arrêter les abus de la force, le pape, au fond, a rendu un jugement, dit le droit.

M*** ne parait pas s’en souvenir., Cette amnésie est d’autant plus volontaire que M*** connaît, puisqu’il la cite quelque part, la brochure du P. Quirico, L'opéra del Santo Padre Benedetto XV durante la cjuerra . Après lecture de cette brochure, M*** consent à rendre un hommage mêlé de quelque suspicion, en sept lignes (1), au zèle

Page 1