CONCLUSIONS
1. Si l'on considère d'une part les structures induites dans des greffons ectoblastiques prélevés d’embryons entiers de plus en plus âgés et d'autre part les structures réalisées dans des greffons excisés de l’ectoblaste cultivé in vitro, en solution de Holtfreter, il apparaît que les compétences neurogènes et sensorielles disparaissent plus rapidement dans l’ectoblaste laissé en place, sur l’embryon entier, que dans l'ectoblaste soustrait dès le début de la gastrulation aux influences provenant d'autres ébauches embryonnaires.
2. Les transplantats prélevés au début de la neurulation d’embryons élevés dans des conditions normales ne peuvent plus construire ni du cerveau ni des organes des sens. Par contre, les greffons du même âge excisés d’embryons cultivés durant toute la gastrulation dans la solution de Holtfreter additionnée d'urée sont eux encore capables de bâtir un cerveau plus ou moins bien développé et les organes des sens correspondants. Il faut en conclure que la plus grande réactivité de l'ectoblaste traité par l’urée au stimulus inducteur est due à l'action de l'urée.
3. L’organisation des structures neurales et sensorielles induites dans l'ectoblaste vieillissant, qu’il soit cultivé in vitro avant l'implantation. excisé d'embryons normaux ou bien traité par l'urée, n’est pas sensiblement différente. Cependant, les ébauches oculaires induites dans l’ectoblaste traité par l’urée sont souvent nettement trop volumineuses par rapport au prosencéphale constitué par les mêmes greffons.
J. GALLE RA
4. Dans une publication antérieure j’ai avancé quelques arguments en faveur de l'idée que la diminution dans le temps des compétences de l’ectoblaste vieillissant est le résultat d’une diminution progressive de sa perméabilité aux substances inductrices. Etant donné que l’action perméabilisante de l’urée sur la couche corticale de la cellule en général et de la cellule embryonnaire en particulier est connue de longue date, je puis affirmer que les expériences relatées dans ce travail ont pleinement confirmé l’hypothèse émise dans mon travail précédent.
Cependant, loin de moi l’idée que l’évolution intrinsèque du feuillet externe se ramène entièrement à ce phénomène simple. Au contraire, je crois fermement qu’il s’agit ici d’un processus complexe dont je n’aurais saisi qu’une seule manifestation.