‹ L'action de l'urée sur les compétences cérébrogènes et sensorielles de l'ectoblasteChapitre 4 sur 5 · CN · texte numérisé non relu

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J. GALLE RA

Ce tableau exige quelques commentaires et tout d’abord en ce qui concerne les yeux. Sous la rubrique « Ebauche commune » j’ai groupé aussi bien les cas où les cupules optiques communiquent directement entre elles que ceux où il ne s’est constitué qu’une seule ébauche mais qui révèle par sa position et structure une nette symétrie bilatérale. Les structures neurales fournies par nos greffons 17 et 20 sont extrêmement simplifiées — le premier greffon n’a formé qu’une petite vésicule, le second n’a donné qu’un simple nodule neural. Cependant, la présence des placodes olfactives dans les deux cas et d’une ébauche oculaire, si imparfaite soit-elle, chez l’embryon 17 permet de reconnaître dans ces structures neurales les rudiments du prosencéphale normal. Il reste à mentionner que les structures énumérées dans le tableau n’englobent pas toutes les prestations de nos greffons. Ceux-ci ont encore donné de l’épiblaste céphalique, des balanciers dont le nombre dépasse fréquemment la norme, et du stomodaeum. Dans quelques cas où les greffons s’étalent plus loin vers l’arrière qu’on ne l’a voulu, ils fournissent du rhombencéphale et des otocystes. Ce qui frappe, enfin, dans notre tableau, c’est la grande variabilité des résultats individuels: quelques-uns des greffons ont constitué du cerveau et des organes des sens hautement évolués, en revanche dans trois cas (21, 22, 23) les implantats n’ont fourni que de l’épiblaste céphalique et des balanciers. Cette variabilité des résultats s’explique surtout par le fait que l’âge des donneurs n’a pu être apprécié qu’approximativement, selon le stade évolutif atteint par les embryonstémoins. Il va de soi que les écarts d’âge de nos greffons doivent être plus ou moins symétriques, autrement dit: certains de ces greffons ont été plus jeunes et d’autres plus âgés qu’on ne l’a voulu. Il nous faut donc considérer comme résultat de base la formation du cerveau de dimensions réduites et de structure simplifiée, sans individualisation des vésicules cérébrales secondaires, et ne comprenant ni infundibulum ni épiphyse. En revanche les placodes olfactives et les yeux sont induits, mais les compétences ophtalmogènes de l’eetoblaste étant déjà diminuées, les cupules optiques sont le plus souvent fusionnées.

Avant d’aborder l'analyse détaillée des structures neurales et sensorielles réalisées dans nos greffons, comparons le résultat global de ces expériences avec celui des transplantations d’ectoblaste du même âge mais excisé d’embryons élevés dans des condi-

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tions normales. \ cet âge, comme on s’en souvient, les possibilités organoformatrices de l’ectoblasto ventral normal sont déjà presque complètement épuisées. Nos greffons, à l'exception d’un seul (20 expériences) qui a constitué deux nodules neuraux de caractère indéfini, n’ont fourni que de l’épiblaste banal et des balanciers.

Vu contraire, lorsque nous transplantons de l’ectoblaste traité par l’urée un tel résultat n’est qu’une prestation minimale de cet ectoblaste traité, prestation réalisée dans trois cas seulement. Les A T ingt autres greffons ont tous fourni au moins un rudiment neural, quelquefois un cerveau hautement organisé, et des placodes olfactives. La plupart de nos greffons ont encore bâti un organe visuel plus ou moins complètement déA r eloppé. Entre le mode de réaction de l’ectoblaste normal et celui de l’ectoblaste traité par l’urée il y a donc une différence extrêmement nette, dépassant les marges d’erreur possible. Il faut en conclure qu’effectivement l’action de l'urée retarde considérablement la déperdition progressive et inévitable des compétences neurogènes et sensorielles de l’ectoblaste vieillissant.

L’examen microscopique de nos embryons a encore révélé que l’organisation des structures induites dans nos greffons traités par l’urée est tout à fait comparable à celle des structures correspondantes réalisées dans les greffons prélevés soit d’ectoblaste cultivé in vitro soit d’embryons entiers. La seule différence réside en ce que les ébauches oculaires constituées par les greffons traités à l’urée sont fréquemment trop volumineuses par rapport au cerveau qui lui, au contraire, est de taille fort réduite. Ceci semble indiquer que dans ces greffons les compétences ophtalmogènes ont été particulièrement bien maintenues. Notons encore que dans un cas (embryon 8) nous aAmns observé l’apparition inattendue de 6 cristallins. Bien qu’unique cette observation nous paraît significative. En fait, il s’agit ici d’une réaction excessive de l’épiblaste issu de notre greffon à l’action inductrice secondaire provenant de l’ébauche optique.

Le lecteur trouvera dans ma publication antérieure l’analyse détaillée des particularités de l’organisation des structures induites dans l’ectoblaste vieillissant et la discussion de la signification théorique de ces particularités. Dans ce travail ne seront décrits que deux cas: l’expérience 3, où nous avons obtenu la formation de cerveau et d’organes des sens particulièrement évolués, et

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l’expérience 8, où le greffon a constitué les six cristallins déjà mentionnés.

La figure 3 montre la reconstruction graphique des structures induites dans le greffon 3, les contours de ces structures étant projetés sur le plan frontal. La figure 4 reproduit la coupe transversale de la tête de notre larve (le niveau de la section étant indiqué par deux flèches sur notre reconstruction).

Reconstruction graphique des structures induites dans le greffon 3. Les contours de ces structures sont projetés sur le plan frontal. Le complexe cérébro-sensoriel est représenté du côté dorsal, les structures vues par transparence — en traits interrompus. Les contours du cerveau — en traits minces, ceux de la placode olfactive et des otocystes — en traits d’épaisseur moyenne. L’ébauche oculaire et la chorde de l’hôte sont représentées par des gros traits, les masses ganglionnaires — par les traits interrompus-pointillés. Les contours des cavités dans les ébauches sont hachurés ou pointillés.

Le greffon, s’étalant plus vers l’arrière que d’ordinaire, a constitué en plus du prosencéphale une bonne partie du rhombencéphale et les deux otocystes, d’ailleurs de taille fort réduite. Le télencéphale rudixnentaire est représenté par une très petite vésicule qui communique en avant et en arrière avec le « troisième ventricule ». Les deux ventricules latéraux ne se sont pas individualisés. La paraphyse et l’épiphyse sont bien constituées. « Le quatrième ventricule » est de forme à peu près normale, cependant sa voûte est excessivement épaisse et creusée d’une étroite fente (en pointillé

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Fig. 4.

Coupe transversale de la tète de la larve 3 pratiquée au niveau indiqué par deux flèches sur la figure précédente.

Reconstruction graphique des structures induites dans le greffon 8. A gauche ■— une projection sur le plan frontal, à droite — sur le plan sagital. Diverses structures sont représentées par les mêmes traits que sur la figure 3.

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sur la reconstruction). Il ne s’est formé qu’une seule, mais grande et typique, placode olfactive. Les yeux sont bien développés, cependant les deux rétines sont fusionnées ventralement et reliées au cerveau par un seul pédicule optique. Les cristallins situés dans le creux de deux cupules optiques (voir fig. 4) sont bien organisés; plus caudalement et sous la ligne de fusion des deux rétines se trouve encore un petit nodule d’aspect cristallinien (cristalloïde).

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Coupe transversale de la tête de la larve 8 pratiquée au niveau indiqué par deux flèches sur la reconstruction.

Il est à remarquer que les dimensions de l’organe visuel sont nettement trop grandes par rapport au prosencéphale (l’étranglement de la cavité centrale du cerveau correspond au mésencéphale).

Les structures induites dans le greffon 8 sont illustrées sur nos figures 5 et 6. La première représente deux reconstructions graphiques (à gauche, les structures reproduites sont projetées sur le plan frontal, à droite sur le plan sagittal). La seconde reproduit une coupe transversale, pratiquée au niveau indiqué par deux flèches sur la reconstruction.

Le cerveau est limité au prosencéphale de taille réduite et de structure simplifiée. Il affecte la forme d’une simple vésicule munie de la paraphyse typique. La paroi de cette vésibule cérébrale se continue directement dans le feuillet visuel de la rétine d’une énorme ébauche oculaire. La cavité centrale de cette ébauche ne

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représente qu'un diverticule de la cavité cérébrale. Sur la ligure (> nous voyons à droite et en bas la parta 1 postérieure de la paroi cérébrale. En haut elle est couverte par b' feuillet pigmenté de la rétine et à gauche elle se continue dans h» feuillet visuel. La rétine ébauche de deux côtés de la tête de la larve deux cupules optiques rudimentaires. Sur la figure (> nous voyons celle de gauche, elle contient deux cristallins typiques. La position de quatre autres cristallins est indiquée sur la reconstruction. Les deux placodes olfactives sont très inégalement développées; la gauche, située plus en avant, est grande et creusée d’une fossette typique, la droite, plus postérieure, est rudimentaire.

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