JANVIER -JUIN
PARIS
28, RUE Bonaparte, 28
« sauver » ou relever sa patrie entre les autres patries, — que de ne point étouffer à plaisir, sous la clameur des foules indécises et inconscientes, la voix nette et faction de ceux-là que préoccupent les intérêts du pays, plutôt que ses « volontés ».
- Mais il faut surtout ne pas rendre impossibles les réformes sérieuses et complètes, celles qui détruiraient jusqu'aux principes du désordre, en essayant de s'accommoder de ces funestes principes, dont on ne refuserait que les « conséquences exagérées ».
On essaierait en vain de croire, par exemple, que la campagne anti-militariste est arrêtée, une fois les affaires Hervé et Lapicque réglées, administr.ativement, par la révocation de ces deux professeurs.
Dans le sentiment des intéressés d'abord, puis dans celui de leurs, collègues, de leurs amis, de leurs élèves, rien n'est fini, et tout commence. Or, si sur ces incidents on continue d'opiner, de disserter, de s'échauffer, de se diviser, si les étudiants font des « listes » (comme, il y a trois ans), il semble bien que soit atteint par là le premier but qu'aient visé les manifestants du Pioupioa de V Yoniie, Car ces propagandistes de l'anarchie humanitaire et internationaliste sont des esprits
méthodiques : ils savent, par l'expérience de^ le crise dreyfusienne, comment on mène ce peuple de France, si extraordinairement nerveux, impressionnable, et tout désorienté, tout démoralisé par un siècle de bavardages; ils savent que, pour le gagner à leurs sombres folies, il ne faut pas Teffarou* cher d'abord par « le fait », — comme l'imaginèrent ces maladroits : Ravachol ou Vaillant, — mais qu'il faut au contraire Tamuser longtemps, aux jeux innocents de ce qu'il appelle « l'idée ». Ce peuple, — ils s'en souviennent, — a lu George Sand et Victor. Hugo, et les a pris pouj des moralistes français ; il a vu Gambetta et Boulanger, et les a pris pour des politiques français ; c'est-à-dire qu'il n'a plus aucune espèce de notion ni de ce qu'est la Politique, ni de ce qu'est la Morale en France. Et aujourd'hui, en 1902, au point extrême d'ahurissement où l'on peut le voir enfin parvenu, comment ce peuple garderait-il, en face de nouveaux prophètes, la moindre force de résistance, le moindre sentiment du droit et du devoir qu'il a de défendre les restes de civilisation et d'ordre dont il jouit?
On va donc, d'abord, le troubler, amollir et attendrir un peu plus encore ses nerfs, sur les souffrances des insectes qu'il écrase en marchant, en vivant : mineurs, soldats, marins, — on va faire crier et saigner
le
tout cela. Et c'est ainsi que ron aura posé à la I société actuelle » une question qui« l'embarrassant, l'inquiétant, la mettra en mauvaise posture, cette « société marâtre ]>» devant la fameuse « société de demain », — laquelle, comme on sait, doit résoudre toutes les questions, sans douleur et selon la formule du fameux barbier : gratis!
Eh bien, — il nous faut le répéter sans cesse, car il faut qu'on en vienne à le comprendre, — contre Tanarchisme ainsi menaçant, la société française ne saurait être défendue par quiconque (et c'est le cas de tout républicain sincère) porte et entend garder en soi la philosophie a libérale :» et individualiste de la Révolution française. Et nous défions bien M. Buisson, — pour ne nommer que lui, — d'établir, non seulement une opposition, mais même une différence intelligible, entre Thumanitarisme dont il s'inspirait, en 1869, au congrès de Lausanne, — (comme le rappelle M. Goyau dans son beau livre), — et l'humanitarisme dont s'inspirait hierM. Lapicque, ouvrant sa souscription en faveur des professeurs anti-militaristes... M. Buisson ne nous fera pas croire qu'il ait été dupe un instant, Tautre jour, des distinctions scolastiques que Ton a essayées dans le manifeste de la Ligue des Droits de VHommSy sur la liberté de penser et d'enseigner du professeur de l'Université républi-
8 l'aghon française
caine. Il y a des a idées » qui n'admettent point, dans leur expression, qu'on les puisse mesurer, selon les circonstances et selon l'heure, en chaire ou dans la rue, sans les affaiblir : ce sont celles dont la source est dans une émotion individuelle ou une tendance : or telles sont précisément les « idées » révolutionnaires telles que : Liberté ^ Justice, Egalité, etc. L* ce Esprit » souffle où il veut, et il souffle aussi fort qu'il peut. Que répondrez-vous, ô politiques enfantins qui avez confié aux prêtres et aux sibylles la police de la cité, quand ces malheureux écumeront, leur « conscience » sur les lèvres, si vous n'êtes que des prêtres à la a conscience » assagie par l'expérience des biens de ce monde, et des sibylles en rupture de trépied?
L' « Esprit » judéo-chrétien, l'esprit des Michelet et des Quinet, des Hugo et des Sand, le u moralisme » ou le piétisme protestant fut l'âme et le moteur de nos trois prétendues républiques démocratiques françaises, — qui toutes trois aboutirent, par l'anarchie, au césarisme. 11 est évident que cet esprit s'élimine peu à peu de la grande masse de la nation : il n'y a presque plus de républicains par foi religieuse, par attachement aux Droits de f Homme, Toutefois, cette minorité, main-
NOTES POUTIQUES 9
ienue en un état de grande cohésion par l'Eglise maçonnique, nous gouverne; et c'est assez pour que l'internationalisme l'emporte de plus en plus, avec Toubli de l'intérêt français, et pour que se fasse l'acheminement de la France, étonnée, vers cette espèce de pieuse neutralité et môme de passivité que rêvait pour elle un Michelet, lorsqu'il l'appelait le € Christ des Nations ».
A cette odieuse destinée de la République actuelle, il devient donc vain de prétendre s'opposer, au nom de l'on ne sait quel parti demi-républicain qui se qualifie de « nationaliste»; en répudiant l'esprit premier et passionné, dans sa folie anti-patriote, qui animait la République, les nationalistes demirépublicains se condamnent à la froideur, à l'artifice, — à la comédie. Ils seront siffles tant qu'ils n'auront point aperçu, retrouvé, formulé, contre les grands thèmes révolutionnaires, contre les appels à la « liberté » de rîndividu, ces autres grands thèmes à la fois émouvants et éclairants, que fournissent l'expérience, la vue et le goût des choses et des hommes de notre monde natal.
Ces hommes, ces éléments sociaux, il ne faut pas les rêver parfaits dans l'avenir, ni les déformer par une imagination géomé- ;rique de pédants; il ne faut point les rêver ijçaux, car ils ne sont point jaloux es uns des autres : il faut les accepter et les
fO l'action française
saisir tels qu*ils sont, divers et impré* vuSy et les vouloir aussi vraiment libres qu'ils le demeureront toujours, dans ces beaux accords enflammés qu'ils font, et qui nous figurent notre histoire humaine.
L'Histoire de France vit des merveilles : elle vit de grandes forces en lutte, s'équilibre peu à peu entre elles, par l'intervention discrète et patiente de grands politiques» dont le service du roi occupait toute Tintelligence;elle aboutit à d'admirables et repo* santés harmonies visibles.
Est-elle finie ?
Henri Vaugëois.
Errata*
A notre grand regret, quelques erreurs typographiques, omissions ou fautes de copiste ont altéré le bel article de notre collaborateur M. Richard Cosse, sur « M. Brunelièreet le schisme »,paru dans notre n» du 15 décembre. Nous les rectifions.
Page 955, ligne 6, retranchez les mots (/é5 leur arrivée dans la Gaule,
Page 956, note 2 : Mémoires de Mademoiselle de MontpensieTy tome lll ; ajouter : édition Chéruel^ page 265. Discussion du roi avec Monsieur duc d'Anjou à propos de Charles-Quint et de François J*'.
Page 960, note i, au lieu de: ont pu juger bon de faire un peu remonter /eur sortie d'Egypte,\ire lavaient jugé bon de retarder la date de leur sortie dEgypte,
Page 964, ôtez la note 1, qui ne se rapporte à rien de spécifié dans Tarticle.
L affaire du Juif Dreyfus, deux fois condamné pour Grime de trahison envers la France, et dont la grâce a consacré la condamnation, marqué plus à fond la flétrissure, a été le réactif par la vertu duquel deux Frances, jusqu*alors ineonnues d'elles-mêmes, se sont séparées, éloignées pour toujours, comme d'irréconciliables ennemies. Quand on amnistiera itou réhabi- Klerailunjour Dreyfus, le Juif de TIle-du-Diable eo serait- il moins, pour le monde entier, U Traître? Voilà ce qu'il faut répéter dans nos journaux, aux tribunes des Ligues, pour parer aux effets des attentats qu'on médite au Temple, à la Synagogue, dans les Prétoires, aux cavernes du Parlement, contre le salut et Thonneurde la France.
L'Armée et FËglise, voilà les deux seules forces vivantes, organisées, qui subsistent eucore en France. Je sais plus persuadé que jamais de la vérité de ces paroles, qui se trouvent dans ma Lettré à Maurice Barrés où, au lendemain du Jugement de Rennes, je témoin Snai de mon culte pour la loyauté de Tofficier, éminent entre tous^ le général Mercier, qui, en dévoilant la félonie du Traître, sauva la Patrie.
Mais que la plupart de nos anciens frères d'armes sont déjà loin de TidéaL de défense nationale! Parmi tous ces « nationalistes » de rinslitut, du Sénat, de la Chambre et du Conseil municipal, combien en pourrait-on compter qui soient, d'instinct, animés d'une haine implacable, indéfectible, contre les traîtres à la Patrie? Est-ce donc là le sel de la terre française?
D'où viendra le Salut, je veux dire la réforme des mœurs et des intelligences en ce pays? Je l'ignojre. Mais j'ai foi en la vertu régénératrice du fer et du feu pour les peuples déchus, avilis, résignés à n'avoir plus d'histoire. S'ils meurent dans l'opération, tant mieux! Us sont ainsi sauvés d'eux-mêmes, de la honte de se survivre.
Avant tout il nous faudrait continuer le duel interrompu, recommencer la lutte séculaire contre nos frères de Ge«*manie, ennemis héréditaires, destinés peut-être à devenir avec les siècles les maîtres des Gaules, mais avec qui c'est un devoir et une joie, une joie héroïque, de se battre pour se battre ! Un Français doit toujours attaquer, s'il veut vaincre. En avant donc 1 Au Rhin, cette fois, à travers les terres des Helvètes et des Flamands.
Je n'ai jamais varié sur la nature et la valeur des expéditions militaires d'outre-mer de la troisième République, sur les guerres coloniales du Tonkin et de Madagascar, sur les flibusteries de Chine et de Turquie. Dans la France contemporaine, les colonies ont appauvri la métropole au lieu de l'enrichir. Ces guerres ont
toujours été suggérées par les pires ennemis de la patrie : ce sont des diversions savamment entretenues par TAllemand, TAnglais, l'Italien. J'ajoute que ce sont des écoles de crime et de barbarie pour une nation chrétienne. Un Franc ne doit pas condescendre à se battre contre des Nègres, des Arabes, des Chinois. Il doit élever ^ ces races jusqu'à lui et les défendre, au besoin,
I contre la rapacité des nations de proie telles
I que TAngleterre. Il doit être un justicier, ce que
nos aïeux appelaient « le soldat de Dieu ».
Un Celte peut, sans déchoir, au contraire, se battre, ne fût-ce que pour la gloire, contre un Allemand, un Anglais, un Italien, un Russe, Mais, devant des multitudes de Barbares armés de lances ou de mauvais fusils, sans organisation militaire comparable, même de loin, aux cadres et auxEtats-majorsgénérauxdenosarmées, les Européens fout œuvre, non de soldats, mais de bourreaux. Ce n'est point pour ces viles besognes, pour ces lâches massacres d assassins, que les femmes aryennes, françaises ou germaines, anglaises ou russes, donnent des fils à la Patrie.
Personne n'exalte plus que moi la beauté de la guerre. Il n'est rien déplus grand sous le soleil qu'un homme d'armes, qu'il s'appelle Catinat, Turenne ou Hoche. Maisces capitaines ne se sont battus que contre des hommes de leur race, de même sang, de même civilisation, armés comme ils l'étaient eux-mêmes, et qui, même vaincus, restaient encore capables de vaincre. Il n'y a de loyales batailles que celles qui mettent aux prises des frères 1
14 l'action PRANÇAISB
C'est que la guerre, ainsi comprise, est un noble jeu d'Aryens ; c'est que la guerre apparaît alors comme la plus haute école des plus héroïques vertus, le renoncement et le sacrifice; c'est que les Ordres monastiques eux-mêmes, et les plus sublimes de la chrétienté, les Ordres de Saint-Dominique et de Saint-François-d'Assise, n*ont pas donné au monde plus de héros que les Ordres de la chevalerie ; c'est que l'auréole même d'un saint pâlit dans la claire lueur desépéesl
Jusqu'à la reprise, par le fer et par le feu, des provinces françaises d'Alsace et de Lorraine, perdues en 1870, il ne peut exister, pour un Français, d'autres guerres que la guerre des Vosges, la guerre du Rhin, la guerre d'Allemagne 1
Quand on s'appelle « la grande nation », on n'existe que pour étonner le monde, et lorsqu'on ne le tient plus sous le charme de ses arts et de sa littérature, de sa politesse et de sa civilisation, il ne reste qu'à l'épouvanter par les flammes de l'incendie de Moscou, par le déchaînement des cataractes de sang de Waterloo I
Jamais la vie n'a valu la peine d'être vécue : l'homme n'est supérieur à sa destinée qu'en poursuivant jusque dans la mort, dans la mort volontaire des champs de bataille ou des guerres civiles, son rêve d'immortalité I
De ce grand dix-neuvième siècle qui vient de s'éteindre, en France, dans la boue et le fumier d'une Exposition universelle où l'idéal de la Révolution — une porcherie modèle — fut enfin réalisé, que restera-t-il dans mille ans ?
Un colosse d'airain sur une colonne de bronze, où montent éternellement, dans le bruit des tambours et des clairons sonnant la charge, dans le roulement du tonnerre des pièces de canons, les bataillons innombrables des armées de l'Empilée, des soldats d'Austerlitz, d'Eylau et de la Hoskowa, hécatombe de millions de héros, offerte, par Napoléon, au plus haut idéal humain, à la Guerre, à la Mort, à la Gloire.
La plupart des habitants de nos Flandres, les Belges, étaientissus, a écrit César, des Germains : ils ayaient passé le Rhin en des temps fort an* ciens et s'étaient établis dans ces terres, attirés par la fertilité du sol, après en avoir chassé les Gaulois. Ces vainqueurs des Gaulois étaient aussi les seuls peuples des Gaules qui eussent repoussé de leur territoire les Cimbres et les Teutons. César signale en ces termes le résultat de ce fait d'armes sur le cœur et l'esprit de ces descendants des Germains: qt*a êx rêfieri uH earum rerum tnemoria magnam sibi aueloritatêtn magnasçuê spiritus m r$ militari sumereni (1).
Nombre de Français n'aiment point les Allemands : ils les sentent ennemis, et ennemis héréditaires. Mais les Germains, d'où sont sortis les trois dynasties de nos rois, sont, au moins, des adversaires dignes des Gâllo-Romains et des
(i) De àeUo gtUUeo, II, IV, éd. Dinter, 32.
Celtes. On peut, sans rougeur au front, croiser le fer avec de tels ennemis, non avec des Chinois ou des Malgaches, des Nègres (»u des Arabes. Ceux qui connaissent l'histoire n'inclineront guère à croire que les grands mouvements ethniques d'invasion et de conquête des « Romains » par les Germains vont s'arrêter au bruit des discours des Maçons et des Juifs réunis en Congrès de la Paix^sous les auspices de Frédéric Passy, de Bourgeois et de Zadoc Kahn.
La guerre est Tétat naturel de tout ce qui vit. Tout naît de la guerre, disait Heraclite d'Ëphèse : la guerre est le roi et le père de tout ce qui existe ; elle est le Droit, étant la Force ; elle est Tordre du monde. U6\t[koç TcivTcov [kbf TzcLvtîp èoTt, wavTWv Se PautXeuç.
De la guerre sortirait le salut de la France.
Qu'importe l'universelle lâcheté de cette démocratie, dont le dernier symptôme d'infection a été le dreyfusisme? Qu'attendre d'une démocratie, c'est-à-dire du règne des pires instincts du plus malfaisant des animaux, l'homme? Cette vague matière vivante, l'humanité, n'existe que pour être, à certaines heures, pétrie et façonnée par un petit nombre d'intelligences.
Quand l'heure de la Revanche contre l'Allemagne aura sonné, quand Mercier, Roget, Deloye, seront replacés dans les Conseils supérieurs de l'Armée; que le grand Etat-Major général, aujourd'hui dispersé, sera réuni et que des officiers tels que Marchand, Bougon, Brongniart, auront tiré l'épée, on n'adressera sans doute point à ta nation de plébiscite ou de réfé-
battrelCependanl je tiens que Guillaume I" renierait l'Allemagne de Guillaume II, et qu'un généralissime, tel que Waldersee, parti en gueire avec une assurance sur la vie,UD cuisinier, une maison démontable et une toilette garnie d'ustensiles en argent, rappelle bien plus un satrape persan, un eunuque de Darius, qu'un chef de guerre germain. Ce Waldersee, avec son bâton de maréchal, a été aussi grotesque que son emperear allemand avec ses harangues et ses gestes de cabotin toujours en représentai ion. Comme la plupart des dégénérés, Guillaume II étale un faste et un luxe oriental qui ne convient qa'aax Juifs, ses usuriers, non k un prince chrétien de race teutonique. L'impression que j'ai emportée de mes derniers voyages en Allemagne me porte à croire que nos armées trouveraient aDJourd'hui, devant elles, d'autres adversaires qu'en 1870 et 1871. 11 n'y aurait plus de Sedan a y aurait force victoires comme & Bapaume. L'issue demeure obscure. Hais, encore un coup, il ne s'agit pas de vaincre : il faut se battre. Cest l'héroïque fonction des armées, des nations, et, je le répète, de tout ce qui vit ou vë' gète sur la terre.
Selon moi, cette guerre prochaine ne serait Acrioit r»xMÇ. — T. VI. 3
18 l'action PRA^ÇAISE
qu'un accideal uigu d'un état chronique depuis des siècles : l'invasion et la conquête des Gaules par les Germaioij et les Anglais. La paix armée, que nous subissons depuis trente ans. est une cause insidieuse de dégénérescence cent Tois plus funeste que ne l'auraient été dix batailles perdues. Allemands et Anglais le savent du xeste.
L'épaisse stupidité de ce bon peuple de France, si heureux de vivre dans l'attente des Trois- Huit, n'a plus cure de rien ni de personne. C'est une proie engraissée à point dans la porcherie socialiste, où les Francs-maçons sont pasteurs, tes juifs sacrificateurs. Tous les Français pourtant ne peuvent avoir été transformés en pourceaux. Par aucun artifice laïque on ne saurait ainsi métamorphoser trente-huit millions de Celtes et de Germains d'origine. Les dernières élections nationalistes l'ont bien fait voir, 6 Paris; celles de 1902 le montreront mieux encore, et cela en dépit des oligarchies juive, protestante, maçonnique, issues d'une sélection à rebours, de la concussion et de ta trahison, qui continueront d'ailleurs, malgré tout, à dominer, à former l'ossature de la démocratie française.
De crise vraiment libératrice, il ne peut plus en exister pour la France depuis la Révolution, au moins en temps de paix. Mais l'illusion d'un tumulte des Gaules, d'une levée en masse pour le salut de la pairie, domine encore nos élections politiques. Le cœur de la France ne bat plus que pour les pires duperies; au moins il bat encore. Si la France est déçue, elle a espéré, elle a fait
un geste de défense, elle a rendus soucieux ses dompteurs. Les Juifs ont blêmi et se sont cachés comme aux temps des ghettos.
Mais, quoi qu'il arrive, quelles que doivent être dans Tavenir les destinées sociales et politiques de la France, cette nation demeure marquée pour le sacrifice. Allemands et Anglais, par Test, l'ouest et le midi, reprendront quelque jour les routes connues des Flandres, de l'Artois et de la Picardie, de la Normandie, de l'Anjou, du Maine et du Poitou, de la Guyenne. Pour ne parler que des Flandres, rappelons-nous les luttes séculaires des comtes de Boulogne, de Béthune, de Saînt-Pol contre les rois de France. Calais, ville hanséatique, resta plus de deux cents ans aux mains des Anglais. Réuni encore une fois à la Flandre et aux provinces des Pays- Bas à la 8n du quinzième siècle, T Artois redc- Tint pour plus d'un siècle et demi étranger à la France. Calais et Boulogne sont toujours des celonies et comme des ouvrages avancés de l'Angleterre; on y parle l'anglais autant et plus que le français. Et ce n'est pas seulement la vieille alliance des Anglais avec les Flamands qui persiste ; une nouvelle alliance, de cause plus antique, d* Albion avec les Bretons, chaque jour se noue ou se resserre sur divers points de l'Ârmorique, sous le couvert de missions protestantes. Aussi bien, un Sainte-Beuve, sans parler d'un Chateaubriand, d'un Lamennais, d'un Renan, manifeste bien plus d'affinités secrètes ou déclarées avec un Shaftesbury, un Coleridge, un Sterne, un Dickens ou un Thackeray, qa*avec no8 écrivains classiques des provinces
de Gascogne» de Bourgogne et de TUe-de- France.
Les conditions d*un fait historique ne cessent de s'ajouter incessamment jusqu'àce que la dernière réalise la production du phénomène. Alors un coup d'aile de corneille suffit pour déchaîner l'avalanche. Les volontés, que le désir soulève au-devant des catastrophes, les voix qui les ap* pellent ne devancent pas d'une seconde l'inéluctable révolution des choses, la guerre éternelle. Celle-ci viendra à son heure. Soyons prêts seulement : veillons, les yeux fixés sur la Terre des Morts.
Jules Sourt»
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