‹ L'action française (volume 2)Chapitre 120 sur 180 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

vain, c'est de l'art le plus haut Je veux dire le plus vraiment populaire.

Voulez-vous de la comédie, de la farce, ou du drame? Il n'y a qu'à puiser. En plein scandale, au cours d'une séance, <t un député tomba d'une crise épileptiforme et se prit à aboyer... Deux de ces messieurs pleuraient. L'honorable M. Boissy d'Anf;las faisait le jaguar, et ses longs cris rauques affolaient la salle, tandis que, courbé sur son banc, il cherchait parmi ses collègues de droite une proie où plonger ses griffes. On arrêta un questeur, l'honorable M. Guillaumou, qui, pris de délire, courait étrangler Delahaye ». Un ancien chef du Gouvernement menaçait « de manger le morceau », et pour se défendre, près d'être sacrifié comme Baihaut, qui avait commis « la faute de goût » d'avouer, il justifiait, à la ( tribune, cyniquement, la corruption comme moyen de gouvernement : « Quant à ceux qui m'interrompent — dit-il, en faisant face au centre républicain — s'ils avaient été autrement défendus et servis, peut-être, à cette heure, ne seraient-ils pas sur ces bancs. » Comme on voit bien, n'est-ce pas, que le suffrage universel exprime la volonté populaire! Un ancien ministre aussi criait aux députés : a Vous êtes tous des canailles ! »

De telles scènes, les types de Cornélius Herz, du baron de Keinach, l'agonie de celui-ci, le suicide; et aussi la comédie de l'enquête, «t chacun voulant la lumière, à condition qu'elle nuise au parti adverse », les juges qui craignent de [trop apprendre, les suspects qui tremblent, les ambitieux qui menacent, les journaux qui dénoncent, — voilà la matière de ce drame. M. Maurice Barrés nous a donné, cette fois encore, un très beau livre.

Une Nuée habite encore la tète de M, Deherme : c^est que les associations, notre plus chère espé*

ACTION PRAIfÇ. — T. Vî. 34

810 l'action françaisb

rauce, pourront naître, grandir et prospérer sans la protection et l'arbitrage d'un pouvoir fort. L'enjeu est de trop grand prix pour que nous puissions souhaiter que la folle confiance quemetM.Deherme dans la liberté, soit trompée. Mais nous redoutons qu'elle le soit. H.Deherme attendra-t-il de pareilles catastrophes pour entendre les avis de la sagesse politique? Il est lui-même trop sage pour cela. Et nous croyons ne pas lui faire injure en disant qu'il est plus près de nous que tel, et tel, et tel autre, qu'on estime pourtant bien de nos amis.

Question posée.

Pour faire suite au précédent.

On lisait dans Y Aurore du 1®' avril, sous la rubrique : Enseignenmit :

Université populaire Voltaire, 140, rue Saint-Maur, à 8 heures 3/4. — Question posée : « Bar quel système pratique et efficace poutràit-on remplacer le parlementarisme? »

On regrette de n'avoir pu aller entendre les réponses qui furent faites à cette belle question. La clientèle de cette Université populaire a-t-elle entendu celle-ci, qui est ancienne, française et précise : « le Roi dans ses Conseils, le Peuple en ses Etats. T> On garantit que ce système s*est montré pendant quelques siècles ^mabï pratiqua qu^efficace.

Page 1