‹ L'action française (volume 2)Chapitre 124 sur 180 · , .^MM · texte numérisé non relu

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d*autres femmes que Mme Ghrysaothème, d'autres umours que celles de Loti. Et si ce livre, écrit par quelqu'un qui sait observer et raconter, fait connaître le véritable Japon, il contient encore de précieuses leçons politiques qu'il importe de noter ici. Dans ce Japon, champ d'expérience des erreurs européennes, M. Bellessort a vu l'action dissolvante, anarchique et mortelle des idées suisses, des Droits de l'Homme, « et autres lois et non lois » libérales et parlementaires. Désordre matériel et moral, voilà les bénéfices qu'ont valu les immortels principes à un peuple qui en attendait sa régénération. M. Bellessort a bien compris et mis en relief la portée d'une telle épreuve. Nous nous permettons de dire à nos amis que son livre est à lire et à faire lire.

André Ghénier critique et critlc[ué, par Paul Gla chant {LemerrCf édit,).

En même temps quMl collige des fiches, M. Glachant fait de l'esprit : genre décidément haïssable. Le lecteur y profite peu. André Ghénier n'y gagne rien, sinon d'être apparenté à Leconte de Lisle. On lira ce livre si l'on est curieux de connaître Topinion des auteurs sur Ghénier et de Ghénier sur les auteurs. Notre littérature est assez riche pour que cet exercice-là puisse être recommencé longtemps : il faut envier M. Glachant quia une carrière assurée.

Stendhal Beyle, par Arthur Ghuquet, de l'Institut (Plon-Nourritj èdit,).

Ou est obsédé, en lisant ce gros tome, du désir d^y rencontrer quelque nom écrit de travers, quelque date|erronée, ou seulement une faute typographique. Ge ne serait pas un mince titre d'honneur en efifet

que de trouver quelque chose à reprendre chez M. Ghuquet, à la façon même dont cet étonnant érudit épluche le commun des auteurs dans ssl Revue critique. Mais M. Ghuquet ne se mettra jamais dans le cas de publier un livre où Ton verrait une simple petite virgule hors de sa place. Son Stendhal-Beyle est parfait à cet égard. Voilà certainement l'ouvrage le mieux corrigé qu'on ait édité depuis vinf;t ans. C'est une qualité qui prime encore l'information exacte et abondante de ce monument élevé à la gloire du menu fait.

L'Enfant d'Austerlitz, par Paul Adam (librairie Ollendorf).

Cet EnfantAk n'est pas le moins étonnant des monstres littéraires qu'a déjà produits an jour M. Paul Adam. Que n'a-t-il pasmis dans celivre? Que n'a-t-il pas regretté de n'y pouvoir mettre encore? Psychologie de l'enfance, retraite de Russie, bibelot napoléonien, état d'esprit romantique,, histoire hermétique de la Révolution, la Congrégation et la Maçonnerie, des falbalas, des galanteries, des paillardises, des anecdotes et des symboles, et une douzaine de conceptions de l'univers exposées au milieu d'un étourdissant défilé de figures, toutefois avec peu de caractères, tout cela se rue, s'écrase sur le lecteur dans une clTroyable confusion, avec un assourdissant, un innombrable flux de mots. Quoi qu'on dise, ce n'est pourtant pas du Balzac ! Et surtout ce n'est pas du Stendhal, encore que le jeune OmcrHéricourt, tout comme Julien, endosse la soutane au lieu de l'uniforme guerrier. Mais M. Paul Adam a lu la Confession d'un enfant du siècle et il a traduit ces pages de sensibilité maladive et romantique à sa manière, qui est fumeuse, amorphe et

chaotique et que, pour cela, certains croient bien nouvelle et d'autres au moins géniale.

Jacques Bai.nville.

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