PARTIE PÉRIODIQUE
recherche pleine de promesses. Les violentes études de M. Hettner attirent, son portrait de M. Ch. G... est plein d*idée8, le beau dessin de ses cavaliers et de son archer supporte une telle couleur. Voici encore deux panneaux de M. Diriks, l'été en Norvège et Kernevennes; les grandes études de M. Dufrenoy, franches et hardies, un beau paysage très décoratif, et un dos de femme énergiquement peint de M. Deborne; les paysages de M. Briandeau, celui de M. BenoniAuran qui ressemble étonnamment à ceux de Carolus-Duran et, du même peintre, une grande toile dont le sentiment naïf et la simplicité ne sont pas sans charme.
Citons encore MM. Poetzch, Thiry, Morax, Milcendeau, un panneau de Mme Marval, « Souvenir de Venise » et ses beaux essais ; Mlle deBermond, MM. Marquel, Deville, Uugonnet, Allard; les croquis amusants de Mlle de Krouglicoff et les fusains de Mme de Davidenko. Un paysage de M. de Froberville étonne par ses qualités à côté de ses autres productions. Il y a quelques œuvres ridicules, lisons l'argument des plus réjouissantes. Voici a un homme nu et sans armes qui met en déroute des chevaliers de bronze armés et formidables >; une autre peinture, plus encombrante, commente Miche let et s'explique ainsi : « A l'aube du jour de justice, le génie de la Révolution française, évoquant les combattants de la grande lutte, les réconcilie dans l'attestation d'un même idéal de liberté, d'égalité, de fraternité humaines ». Caricaturales justiôcations de notre sentiment I Henri Mazet.
816 L'AeriON FRANÇAISE
EXPOSITION RENÉ ^EYSSAUO CUEZ BERNHEIM
M. René Seyssaud a récemmeDt exposé une série de paysages et d'études, la plupart superbes et émouvants au plus haut degré. Cette œuvre, peinte près de la terre, est forte, rude, inspirée, pénétrée de lumière, exprimée avec force et avec joie. Que lui manque-t-il? M. Seyssaud devrait, il nous semble, méditer un paysage dans l'atelier. On nous a rapporté qu'il avait la passion de Claude Lorrain, et Ton devine combien il doit sentir son œuvre, mais en a t-il assez regardé les colonnes?
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La souveraineté du peuple en France, par
A. DK LA Brunetière {LcthieileuXy édii.}.
« Ce mot de Romsenii : le peuple a le droit de se faire mal, nous poursuit partout quand it rst question de la démocratie française », écrit M. de la Brunetière au commencement de son ouvrage. Et Fauteur montre, à la clarté de Thisloire et des véritables principes de la monarchie capétienne, à quel point depuis cent douze ans le peuple français a abusé de ce droit. M. de la Brunetière est un royaliste fidèle aux enseignements du comte de Chambord. Il les a pénétrés et médités. On s'en apercevra à lire ses éludes sur les gouvernements de la Restauration et de Louis-Philippe, sur les erreurs des parlementaires monarchistes de 1873, sur la constitution de 1875 enfin. Remarquablement informé, M. de la Brunetière a écrit, avec le plus pur esprit traditionnel, un livre tout à fait moderne. Quelques retardataires libéraux seront les seuls à s'en étonner. Et ce sera peut-être pour eux le commencement de la sagesse.
La Société Japonaise, par André Bellessort (Li6. acad. Perrin et Cie).
M. Bellessort est un Français qui a beaucoup navigué et n'a pas, pour cela, gâté ses qualités natives par les exaltations d'un cœur solitaire. Il a su rapporter du Japon un livre où tout n'est pas sacrifié à la couleur locale. Rare chef-d'œuvre ! M. Bellessort nous apprend, et ce n'est pas trop tôt, qu'il est, au pays des Samouraï, d'autres saisons que l'automne,