PARTIE PÉRIODIQUE
NÉcnOLOGlB : Augustin Cordier : (H. L.) Chronique : Les Salom : (Henri Mazet).
Les Livres : La Raison ^FAat.
PARIS
L<e numéro O fr. OO
ABONNEIENTS : Parit st DépirtemBoU, 12 fr. Etranger, 18 fr.
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Les loges commandaient : les parlementaires ont obéi...
Depuis vingt ans, nos ministres des Affaires étrangères semblaient se désintéresser entièrement de tout ce qui se passait en Orient. L'inconcevable inertie, — on peut presque dire la complicité — de notre diplomatie lors des grands massacres d'Arménie, tueries officielles (1) et méthodiques de chrétiens arméniens qui durèrent plus de deux ans et qu'une parole énergique d'un ministre français aurait suffi pour arrêter, et le rôle de comparse à peine consulté, auquel se résigna la France lors des affaires de Crète et de guerre gréco-turque, avait achevé de ruiner le prestige du gouvernement français aux yeux de tous les Orientaux. Seuls nos religieux, — Jésuites, Lazaristes, Franciscains, Assomptionnistes — mal soutenus ou complètement abandonnés, maintenaient pourtant le bon renom de la France en Orientetdéfendaient son influence; l'Etat qui les trahissait sournoisement depuis tant d'années, vif^nt enfin de se déclarer ouvertement contre plus de la moitié d'entre eux, « congréganistes non autorisés »... Dans ces conditions il n'y avait plus à lutter : la partie était perdue : notre protectorat officiel, ne correspondant plus à au- I
cune réalité, n'était plus qu'une mauvaise plai-* I
(1) Le caractère ofliciel des massacres d'Arménie, long- |
temps contesté, est maintenant hors de doute. — V. La ^
politique du Sullarif de Victor Bérard, — Chrétiens et 7
Musulmans, de L. de Contenson, — l'Arménie et la Réforme turque f d' Albert Vandal, etc., etc., Les deux premiers des ces auteurs ont enquêté sur les lieux mêmes.
LA FRANCE ET LES CHRÉTIENS DECRIENT 93:i
saaterîe qui ne pouvait durer. Abd-ul-Hamid vient de nous le signifier brutalement.
La France aura perdu, par la faute de quelques gredîns du Parlement, une suzeraineté séculaire qui n'était pas seulement un magnifique atout dans le jeu de sa politique extérieure, mais qui rendait encore à l'industrie et au commerce français d'inappréciables services.
Désormais l'hégémonie en Orient passe à TAUemagne qui, déjà toute-puissante àConstantinople par sa diplomatie, ses instructeurs militaires et ses financiers, vient d'accaparer, en Turquie d'Asie, toutes les lignes de chemins de fer présentes et à venir, et cherche à y accaparer le commerce et l'industrie, en attendant le reste. Nos grands hommes d'Etat peuvent être fiers de leur œuvre ; Monsieur Théophile Delcassé, qui n'a pas encore prononcé un mot de protestation contre la violation flagrante des traités dont le Sultan vient de se rendre coupable, peut, comme d'habitude, redresser sa petite taille, se rengorger et se frotter les mains.
Pendons à l'artisan de ces œuvres mauyaises Son vrai titre, qu'il n'a pas pris :
« Le ministre étranger des affaires françaises, Résident de Prusse à Paris. »
Octave de Barral.
s A BRAN
A Jacques BainvUle.
Le nom de Sabran a dépassé aujourd'hui les limites où le contenait sa profession. C'est un signe des temps. A l'égal de tant d'autres, ce symptôme révèle l'étal morbide de la nation française. En des époques sans trouble, un tel tempérament de soldat fut demeuré aux cadres que lui avaientfourni son goût et ses préférences de carrière. H fut resté Tofficier, destiné, de par rintelligence personnelle, la science héréditaire, l'aptitude technique et l'ardeur, aux plus hautes charges de son état. Cependant cet admirable cavalier, de la grande race des Chamborant et des Laiizun, a démissionné brusquement en 1897, incapable de maîtriser plus longtemps son sentiment, malgré cette sôreté d'allure que donne l'habitude de tenir sans cesse en main une bête de prix. Du jour au lendemain, cet ami fidèle de la mémoire de Morè8,comme il l'avait été de son existence, s'est trouvé versé dans nos luttes, comme en un régiment plus exposé, déployé sur une ligne plus avancée. Ce soldatayanttoujourseu, comme sespairs, le dédain un peu injurieux de la politique, s'est pris pour elle, à une certaine heure de la crise, d'une passion irrésistible. Et, comme il n'est de plus