‹ L'action française (volume 2)Chapitre 178 sur 180 · LA PRUSSE EN 1806, D*APRÈS VON DER GOLTZ · texte numérisé non relu

LA PRUSSE EN 1806, D*APRÈS VON DER GOLTZ

civilisation et la philosophie, on appelle coml>attre jusqu'à la mort « organiser l'assassinat ». De sorte que la civilisation nous amène à ménager même le sang de l'ennemi. La question est donc de savoir ce qui est plus humain et plus grand, ou d'avoir le courage de s'attirer la raillerie de ses contemporains en aimant la vie, X)u d'avoir, auprès de la postérité, la gloire d'être mort de la mort des héros. I/armée, animée du plus grand courage, se rendit. »

Je continue à m'interdire des identifications trop aisées. Mais il n'est peut-être pas inutile de rappeler que les mêmes causes engendrent toujours les mêmes eflFels. C'est très beau les envolées intellectuelles, les rêves de liberté, les aspirations morales vers la fraternité des peuples, le dédain de la force brutale, mais comme dit Taine, « quand un peuple ne sait plus se battre, son indépendance n'est que provisoire, il vit par grâce ou par accident ».

Les Prussiens payèrent leur métaphysique par les sanglantes défaites d'Iéna et d'Âuerstaëdt; au moins ce désastre eut-il l'heureux effet de ramener la Prusse dans la voie physique du « développement purement allemand^ de la politique purement nationale, qui l'aidèrent depuis à remplir son rôle avec bonheur et gloire ».

Lucien CoRrEcuoT.

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