‹ L'action française (volume 2)Chapitre 68 sur 180 · PREMTERS CONTACTS DF. LA CIVILISATION · texte numérisé non relu

PREMTERS CONTACTS DF. LA CIVILISATION

ressemblent à des statues de bronze, les Gafres sont pourtant bien faits, de proportions moyennes, plutôt minces, mais de jolies tournures, souples et agiles. Leurs mœurs sont paisibles et assez patriarcales. Ils ne sont pas polygames; Tadultère chez eux est puni de mort par le chef de la tribu; ils sont nettement intelligents et font d'excellents serviteurs dits « boys » dans les maisons, ou des ouvriers très suffisants dans les mines. Un grand fossé sépare pourtant dans rAfrique du Sud les races blanche et noire. Les Boers, en effet, chassés au début du siècle du Gap par les Anglais, durent se frayer un chemin vers le Nord, en passant sur le corps des tribus cafres. Beaucoup de sang, dans ces luttes terribles fut répandu, comme l'attestent encore certains noms de villes : « Weînen, Tendroit des larmes. » Est-ce souvenir de ces guerres, est-ce principe arrêté, les Boers traitèrent toujours les noirs avec une inflexible rigueur. Les envisagent-ils comme d'une autre espèce, je ne le pense pas : cependant ils semblent les considérer comme devant toujours rester à 1 état de race domestique. G*est ainsi que (fait étrange pour des croyants aussi fervents) les Boers n'ont jamais essayé de convertir les noirs. Ils se sont anssi gardés de tout croisement avec eux. Il n*y a là-bas aucun métis des deux races. Jamais on ne verra un Trausvaalien plaisanter ou rire avec un boy. Des ordres, des punitions et des récompenses, une justice sévère, voilà tous leurs rapports. Des wagons spéciaux sont réservés pour les « Kleuriingen », gens de couleur. A Pretoria, ils ne doivent entrer que dans

les magasins qui leur sont réservés, « Kaffirstores », et il leur est interdit de marcher sur les trottoirs, comme ils ne doivent sortir après neuf heures qu'avec une passe de la police. Le dimanche aucun nègre ne doit être vu dans les rues.

Vous n'avez pas le droit de battre un boy. Mais si vous avez à vous en plaindre, devez le mener à la police qui lui administre, suivant son crime, 25 ou 30 coups de fouet. Au reste vous ne verrez jamais un Boer maltraiter un noir sans raison. Ceci c'est la méthode boer. Je dois dire tout de suite qu'elle semble supérieure comme résultats à la méthode anglaise, plus inspirée des principes européens. Au Cap, les noirs ont des droits à peu près égaux à ceux des blancs. Beaucoup d'abus en sont résultés, tels que criminalité nombreuse, par l'abus du whisky et autres liqueurs. De plus, l'influence des missionnaires anglais ne paraît pas avoir été très heureuse sur ces âmes primitives à qui on veut faire sauter plusieurs siècles à pieds joints. Sans vouloir en juger, il est certain que les « boys », qui ont passé par les missions sont peu recherchés.

Demandant un jour à mon boy, qui il préférait en somme des Anglais ou des Boers, je le vis réfléchir et m'avouer qu'il n'avait pas plus de goût pour les uns que pour les autres : a Boers donner coup, mais pas prendre femme noire... Anglais donner 5 shillings, mais prendre femme noire à nous. »

Avant la guerre, lesCafres étaient répartis en assez grand nombre sur les fermes où ils vi-

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