PREMIERS CONTACTS DE LA CIVIUSATION
valent dans une sorte de métayage compliqué d'engagements qui n étaient certainement pas très respectueux de la liberté individuelle. Au contraire dans les villes, ils étaient plus favorisés, car les ouvriers des mines et les domestiques noirs gagnaient de 100 à 200 francs par mois.
Il semble que Tidée boer soit à peu près : « le noir est un homme comme nous : nous lui « devons la justice. Mais c'est un homme qui « peut devenir dangereux, si nous ne gardons « pas sur lui un ascendant constant. Tenons-le « donc à sa place, i»
Qu'on pense ce qu'on voudra de cette théorie, il ne faut pas oublier que la race boer est celle qui connaît le mieux le caractère des noirs, au milieu desquels elle vit depuis cent ans.
Madagascar prépare utilement le voyageur, par une transition nécessaire, au spectacle que lui réserve la Réunion, de l'égalité du noir et du blanc. A Madagascar, en effet, nous trouvons déjà le commencement d'application des idées françaises. Pour être juste, il faut reconnaître que nos doctrines humanitaires et philanthropiques y trouvent un terrain plus propice qu'en Afrique du Sud. Toute la population Hova no'tamment que Ton croit descendre originairement des Malais, et qui est non pas noire, mais d'une teinte cuivrée sombre, présente des qualités
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d'assimilation intellectuelle et physique remarquables : je ne dis pas « morale » , car malheureusement les Hovas, comme beaucoup d'autres peuples africains (je ne dis pas tous) sont « amoraux ». Ce sont déjà d'excellents commerçants : ils seront musiciens, artistes, médecins, fonctionnaires, tout ce que l'on voudra. Ils offrent donc, k mon sens, un assez intéressant sujet , d^études, pouvant être considérés comme les plus intelligents des Africains.
Or, rencontrant, comme je montaisà Tananarive, la femme d'un pasteur protestant qui quittait le pays pour rentrer en France, vorci ce qu'elle m'en dit : « Je pars d'ici sans aucun « regret. Voilà quinze ans que mon mari et moi « noussommes dévoués àces gens de toutcœur. « Cela n'a servi absolument à rien. Ce sont tous « des ingrats. » Il est curieux, en effet, que cette race semble ignorer tous les sentiments qui constituent une mentalité commune : ils ne sont pas reconnaissants. Us ignorent l'amitié : leur camarade mourra à côté d'eux, sans que cela les émeuve. La jalousie, la haine, Tamour, la colère, la pitié, autant de mois qui ne correspondent à rien, en langue malgache. S'ils ont des sentiments, on jugera, par l'anecdote suivante, de l'abîme qui sépare leurs sentiments des nôtres. Un des plus grands chefs de Tile avait, avant la conquête, son habitation à quelque dis* tance deTananarive,sur un emplacement que je visitai. Une coutume fort ancienne voulait que, chaque année, ses sujets lui fissent cadeau d'un enfant qu'on engraissait à loisir et qu'il mangeait à la broche, en un jour de fête solennelle,