‹ L'action française (volume 2)Chapitre 7 sur 180 · LES ÉTATS ET L'ÉTAT · texte numérisé non relu

LES ÉTATS ET L'ÉTAT

Vers la fin de Vèté dernier^ T Action Française *; mettait en cause notre ami if. Adèodat Boissard. Et

' c'eut aujourd'hui seulement que nous insérons sa ré-

ponse. Encore a-t-il fallu que M, Boissard eût la bonté de récrire et de nous adresser une seconde fois ;[ m lettre^ la poste ayant égaré son premier envoi.

i Nous prions ceux de nos lecteurs que ces discussions

■ intéressent, de relire dans le numéro du 1" septem-

brp Varticle intitulé : Les Etats et l'Etat, et â!y ronif parer les explications de M, Adèodat Boissard^ que voici '

Xotre f'ollaborateur Charles Maurras les annote de ses réponses :

Quincy-le- Vicomte (Côte-d'Or), 10 septembre 1901.

Mon cher Maurras,

Vous êtes un ami dangereux puisque pour deux annotations à une brochure, d'un caractère tout intime, vous me traduisez devant lopinion publique.

Sans vouloir entrer en controverse... sur un point qui demanderait d'ailleurs de trop longs développements, je vous prierai seulement d'accueillir une petite rectification et deux brèves observations.

1* La rectification porte sur la phrase que vous croyez avoir retenue d'une causerie de notre

vingtième année car elle est directement à Topposé de mes pensées d'alors, comme de mes pensées d'aujourd'hui.

Bien loin de considérer, en effet, que la substitution d'une personne, voire môme d'une forme politique à une autre pourrait avoir sur notre état social l'effet magique dont vous paraissez croire que j'étais, il y a dix ans, persuadé (1), j'avais déjà en 1890, comme encore en 1901, la conviction intime et raisonnée qu'aucun pouvoir politique stable, aucun gouvernement ordonné et pondéré, qu'il soit république ou monarchie, ne saurait vivre et normalement fonctionner en France tant que subsistera la désorganisation sociale foncière et otale au milieu de laquelle nous agonisons. [(2)

fl) Mais non. Relisez, mon cherBoissard, page 387 : c'est le contraire que je vous fais dire. Je vous fais dire que l'alternative monarchie ou république se réduisaitpourvous aune simple question de personnes et qu'elle ne méritait donc pas rhonneur de votre examen. Où vous ai-je impulé d'accorder un « effet magique » à des changements aussi médiocres? Je répète, à la vérité, votre mot : Ce serait parfait. Votre ironie était assez sensible; mais je conviendrai volontiers que je ne l'avais pas suffisamment indiquée.

(2) L'organisation spontanée paraît devoir se faire sur certains points. Mais prenez garde ! Prenez garde que, sans une organisation politique normale, les forces révolutionnaires, systématisées en faveur du pire désordre, ne viennent détruire ces rudiments d'organisation ! Prenez garde à vos syndicats agricoles, un peu mieux que vous n'avez pris ^arde

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