LA RÉDEMPTION D'ISRAËL
Nous autres gens de race aryenne, catholiques romains et Français de France, nous avons le devoir d'incliner à la pilié envers les races inférieures, envers les Juifs surtout, dont les mœurs et l'intelligence, si fatales qu'elles aient été aux nations chrétiennes et bouddhistes où ces nomades ont passé, n'en ont pas moins atteint, dès l'antiquité, une élévation très remarquable pour des Sémites. L'Arabe est même à cet égard resté fort inférieur à son vieux frère de Judée. Mais la structure morale et intellectuelle de cette espèce humaine diffère beaucoup d'avec la nôtre, et ce qui assure au Juif le droit légitime de vivre, d'agir et de penser en homme aussi longtemps qu'il demeure en son milieu, en Judée, devient une peste mortelle, un fléau cent fois pire que la mort, pour les Slaves, les Germains ou les Français au milieu desquels il s'établit et prolifère comme un mycélium.
'Ah! que le saint roi Louis IX avait raison lorsqu'il laissait voir ainsi au sire'deJoinville le fond de sa pensée et de son âme, de sa pensée de roi de France, de son âme de chrétien, sur la nature de l'esprit juif: « Aussi vous di-je, fist li roys, que nulz, se il n'est très bons clers, ne doit desputer à eulz (avec les Juifs); mais l'omme lay, quant il oy mesdire de la loy crestienne, ne doit pas def-
fendre la loy crestienne, ne mais de l^espée, de quoy il doit donner parmi le ventre dedens tant comme elle y peu entrer (1). » [Mémoires du sire de Joinville, 27.)
Les temps sont passés où ce genre d'argument, le seul qui convînt alors, puisse être employé pour réduire un Juif au silence. Ce remède fut-il môme jamais le meilleur? J'en doute, car nous savons tous quels glapissements aigus — qu'on ne comparerait, si cette comparaison n'était ici deux fois odieuse, qu'à ceux des porcs qu'on égorge — ont accoutumé de pousser les Juifs,jene dis pas qu'on frappe, mais qu'on menace uniquement, sans songer à férir de « l'espée » ni du poing. En France, qui voudrait battre un Juif? Tout homme de race aryenne, chrétien ou bouddhiste, loin de vouloir la mort ou la conversion du Juif, ne désire que lui acheter du blé ou des dattes lorsqu'il sera redevenu fermier, en sa vieille terre de Ghanaan. Pourquoi faire un crime au Juif de n'ôtre, suivant l'expression de Renan, qu' « une combinaison inférieure de la nature humaine »?
On croyait encore, il y a quelque trente ans, que de pures fictions d'ordre politique ou religieux, la naturalisation, la conversion,
(1) V Aussi TOUS dis-je, lit le roi, que nul, s'il n'est très bon clerc, ne doit disputer avec eux; mais un laïque,
3uand il entend médire de la loi chrétienne, ne doit pas éfendro la loi chrétienne, sinon avec lépëe, dont il doit donner dans le ventre^ autant quelle y peut entrer. »
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avaient la vertu de transformer un Juif en chrétien ou en Français, en homme de notre race, de notre sang, de notre mentalité héréditaire. Selon l'Eglise, le baptême fait du Juif un chrétien; le Juif converti, quelle qu'ait été la raison de sa conversion, devient notre coreligionnaire; nous lui devons faire place, de bon cœur, dans nos églises et dans nos temples. Le Juif d'Allemagne, d'Angleterre ou d'Italie, naturalisé Français, jouit légalement des droits civils et politiques de sa nouvelle nationalité.
Mais qui. n'aperçoit que des lettres de naturalité, ou Teau d'un baptême, ne sauraient rien changer à la structure héréditaire d'un cerveau humain, aux caractères ethniques de la race, aux habitudes traditionnelles de sentir, de réagir et de penser, bref, à la religion et à. la morale, non plus qu'à la patrie d'origine de ces Hébreux, dont les pères s'établirent dans la vallée du Jourdain?Isra(5l défendant son sol, le sol conquis par ses pères, contre l'Assyrien, l'Egyptien, le Romain; Israël inviolablement fidèle aux traditions politiques et religieuses de ses rois et de son Temple; Israël, indomptable, farouche, refusant seul de courber la nuque devant les aigles romaines, préférant périr dans les ruines fumantes de Jérusalem — Israël est une nation héroïque. Ses destins ont été tragiques. Le vainqueur doit honneur au vaincu.
Aussi bien la lutte fut toujours inégale. Les armées romaines rasèrent une citadelle de Judée presque inconnue à César; tôt ou tard la paix romaine devait s'étendre sur les plaines, les lacs et les collines de Judée, de Galilée» de Samarie. Salomon Munk, le savant orientaliste, écrivait de Rome^ le 26 novembre 1840, à sa bonne mère Malka, restée là-bas, sur les bords de TOder, dans la Silésie prussienne : a Une triste vue, le ghetto, ou quartier juif. Nos coreligionnaires vivent là, sous la plus lourde oppression. Ils sont exilés dans Tune des parties les. plus misérables de la ville... Là, on, leur a assigné un petit nombre de rues sales auxquelles on arrive par diverses portes, fermées la nuit. La plupart des Juifs se livrent au petit commerce... Près du quartier juif, on voit l'Arc de triomphe sous lequel Titus fit son entrée à Rome, en revenant après la destruction de Jérusalem : sur cet Arc figurent plusieurs des Vases du Temple, le Chandelier d'or et la Table des pains de proposition. D'ordinaire, les Juifs font un détour pour n'avoir point à passer sous cet Arc de triomphe. Pourtant, tout à l'entour, on voit la vieille Rome en ruines... morte, tandis que le Judaïsme subsiste encore et subsistera toujours... (1) »
Dispersé parmi les nations, Israël conti-
(1) Salomon Munk. S& yie et ses œuvres, par Moïse ScawAD, Paris, 1900.
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nua la lutte, lutte séculaire du Sémite contre tout ce qui n'est pas sémitique, c'est-à-dire Arabe ou Juif, contre l'esprit, la langue, les mœurs, les cultes et la civilisation des peuples de race aryenne, Hellènes, Italiotes, Celtes, Germains, Slaves. Inassimilé, parce qu'il est à jamais inassimilable, le Sémite est resté et il restera ce qu'il est parmi nous autres Français, Allemands, Anglais ou Russes : l'Etranger, et cela, en dépit de toutes les naturalisations, de toutes les conversions. Ces fictions politiques et religieuses ne sauraient, je le répète, modifier un atome du cœur de granit d'Israël.
Seul, le nom, l'idéale vision de Jérusalem fait encore descendre la rosée dans les yeux calcinés du Juif. Or, ceux-là sont-ils donc à jamais perdus et dégénérés qui ont conservé le don des larmes? Nous ne le croyons pas. Israël se souvient ; il aime toujours. « 0 Jérusalem ! si je t'oublie, j'oublierai ma main droite ! » (Ps. cxxxvii,5.) C'est dans cet amour de l'enfant pour la vieille mère défunte, dans la fidélité aux rites, aux coutumes, à la religion des ancêtres, dans la piété de ces déracinés pour la terre des morts, — pour la patrie, — qu'est, selon nous, le signe certain, l'annonce et le présage infaillible de la future rédemption d'Israël.
Jules Soury.