RÉPUTATION I>R LEUR DOGME FAVORI DE LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE
Si les peuples se réservaient le droit d'examen, et la liberté d'obéir ou de ne pas obéir,, alors qu'ils trouveroient de la justice ou de l'injustice dans les ordres de ceux qui commanderoient, il ne seroit pas possible de conserver le repos public ni de rien exécuter pour le bien commun puisqu'il n'y a point de gouvernement ni de loi qui plaise de telle sorte à tous les Sujels que la véritable raison pour laquelle chacun y obéit est qu'après avoir bien examiné la chose, on la trouve juste.
Aussi ne voit-on point d'auteur, quelque zélé qu'il puisse être pour TËlat démocratique, qui n'avoue qu'il faut qu'il y ait dans toutes les Sociétés civiles un pouvoir législatif, et interprétatif des lois, accompagné de la puissance coactive envers tous ce\jx qui refuseront d'obéir, soit qu'ils trouvent la loi bonne, soit qu'ils la trouvent mauvaise. Or, il est bien certain que cette puissance coactive serait un pur brigan-^
dage, s'il était vrai que les peuples n*eussent fait que déposer la Souveraineté entre les mains d*UD ou de plusieurs commissaires, agens, procureurs, plénipotentiaires ou comme il vous plaira de les appeler : car ce dépôt enfermeroit nécessairement celte condition expresse ou tacite que chaque membre de la Société se reserveroit le droit d'inspection sur la conduite de ces commissaires et celui de ue se pas conformer à leurs ordres quand ils les trouveroient violens et pernicieux, à peu près comme nous voyons que les Souverains se reservent la faculté de ratifier ou de ne pas ratifier les Traités signés par leurs plénipotentiaires. Ainsi les commissaires ne pourroient punir les violations de leurs ordres sans excéder leurs pouvoirs et sans commettre autant de meurtres qu'il y aurait de gens qu'ils enverroient au supplice sous prétexte de rébellion.
... Si une fois on établit par principe que la Souveraineté émane du peuple , on conçoit chaque membre de la Société comme un Souverain absolu, pour le moment qui a précédé son incorporation dans la République. Ensuite, s'il n'est plus Souverain, ce n'est qu'à l'égard des droits auxquels il a renoncé ; mais quant aux choses dont il n*a point cédé la Souveraineté, il est évident qu'il demeure Souverain : donc il le demeure quant au droit d'examiner ce qu'on lui commande, et d'y désobéir s il le juge tyrannique et contraire au but qu'on s'est opposé en formant les Société?.. Donc si on le punit pour cette désobéissance on punit un Souverain en tant ((ue tel ; ce qui est le comble de Tinjusticei