AVIS AUX REFUGIKZ SUR LEUR PROCHAIN RETOUR EN FRANCE
ESPRIT ANARGHIQUIi: DBS PROTESTANTS
Permettez-moi de vous avertir d^ane chose, vous, Monsieur, et tous vos confrères réfugiez en divers pays étrangers : c'est de faire une espèce de quarantaine avant que de mettre le pied en France, afin de vous purifier du mauvais air que vous avez humé dans les lieux de votre exil, et qui vous a infectez de deux maladies très dangereuses, et tout à fait odieuses : Tune est l'esprit de satyre; Tautre un certain esprit Républicain qui ne va pas à moins qu'à introduire l'Anarchie dans le monde, le plus grand fléau de la Société civile...
... On trouve ici que vos Satyres ont un effet rétroactif ... en ce qu'elles rappellent la mémoire d'un reproche dont on ne se souvenait presque plus, et qu'on vous a fait néanmoins en cent rencontres : c'est que vos Réformateurs, entre autres nouveaulez pernicieuses, appor- ' tèrenl en ce Royaume la licence des libelles diffamatoires, qu'on n'y connoissoil presque pas. Aussi n'avait-il point été nécessaire que nos Rois publiassent des ordonnances contre ce désordre ; mais depuis que vous eûtes paru, il en
falat\faire plusieurs coup sur coup, et les armer de plus en plus de peines sévères, parce que les premières menaces se trouvaient trop faibles pour arrêter un tel torrent...
... Que deviendrait la Société civile, si Ton se réglait sur tant de dogmes séditieux que vous répandez dans une infinité de petits écrits, et qui comme autant de lignes tirées de différents points de la même circonférence aboutissent tous à ce centre et à ce point capital :
(Test que les Souverains et les Sujets s'obligent réciproquement et par voie de contrat à l'observation de certaines choses ; de telle manière que si les Souverains viennent à manquer à ce qu'ils avaient promis^ les Sujets se trouvent par là dégagés de leur serment de fidélité, et peuvent s'engager à de nouveaux maîtres^ soit que tout le peuple désaprouve le manquement de parole de ces Souverains, soit que la plus nombreuse et la plus considérable partie y consente.
... C'est sur ce fondement que vous avez appuyé toutes vos guerres civiles, et vos confédérations avec d'autres Princes, dont vous introduisiez les troupes jusques dans le cœur du Royaume et dans les places qui en sont les clefs. Mais comme depuis Téditde Nimes en 1629 vous aviez discontinué vos armemens, il sembloit que vous aviez réformé ce point de votre doctrine. Vous y voilà revenus avec plus d'acharnement que jamais, et peut-être n'y a-t-il point d'article dans le Symbole sur quoi vos Casuistes soient moins partagez que sur ce point-ià.
Or, je vous demande, Monsieur, s'il se peut rien concevoir de plus affreux, et si ce n'est pas en faisant semblant de ne vouloir attaquer que
rautorîté Monarchique, sapper les fondemeos de toutes sortes de Socielez, sans en excepter môme les Républiques les plus populaires.
... Les Rois sont-ils dépendant» de Dieu seul? II semble que vos sentiments là*dessus sont enveloppés de ce distinguo : (fêst selon : s^ûê'agit dé diffamer les Papes et les Jésuites^ je V affirme^ s'il s'agU d'exclure du Trône quelque Prince désagréable aux PralestantSyje le nie,