‹ L'action françaiseChapitre 161 sur 189 · L. OlMlRR · texte numérisé non relu

L. OlMlRR

Souvenir des yeux et du cœur, par le comte DR Lantivy de Trédion (à la librairie Emile Paul, iOO, faubourg Saint-Honoré).

Notre collaborateur et ami, le comte de Lantivy de Trédion, publie un volume de vers d'une inspiration haute etd*une forme singulièrement délicate. Pour donner à nos lecteurs quelque idée du plaisir que nous avons pris à la lecture de ces poésies, où s'exprime le < nationalisme » le plus naturel et le plus aimable, nous ne saurions mieux faire que de publier ici le sonnet bien classique sur Antigone.

(Après une représentation de Mme Bartet à la Comédie-Française.)

Le front pâle, les yeux où Tangoisse s'étale, Et du corps alangui l'harmonieux contour Que le voile dérobe et trahit tour à tour, Tout en elle est empreint d'une grâce fatale.

Gardienne aux temps païens de la flamme d'amour, Fille et sœur douloureuse, ô sublime vestale. Comme un lys effeuillé pétale par pétale, Ton deuil, en longs soupirs, lentement se fait jour!

Et telle est la douceur de ta plainte exhalée, Quand de ta triste vie, à peine déroulée, Va se rompre le fil sous la main d'Âtropos,

Qu'on croit voir du passé Tâme mélancolique S'incarner, à nouveau, dans une vierge antique Que sculpta Phidias au marbre de Paros.

Claudine à Paris, par Willy (OUcndorff, éditeur).

On a eu le plus vif plaisir à revoir la jeune Claudine. Abandonnant Técole de Montigny et ses fantaisies dont elle conserve un alangui souvenir, c'est de Paris qu'elle écrit son histoire dans une langue mêlée, imprévue et savoureuse. Exquise créature qui se permet toutes les libertés de parole et dMmagination, mais qui sauve toutpdrsa « tenue >». Si elle n'a pas de vice, elle n'a pas davantage de vertu, à la vérité. Dans une ignorance absolue de ce que peut être le péché, elle ne « fait pas mal », comme elle dit avec une naïveté piquante et noa« velle dans sa bouche, parce qu'elle n'a <i môme pas l'envie de mal faire ». Un docteur dira donc qu'elle n'y a point de mérite. Et ce pourrait porter un profane à la traiter de petit monstre — quand on se rappelle avec cela comme elle battait méchamment sa Lucie — si le débat généreux qui termine le livre ne montrait que la froide interiocutrice des colloques avec le joli Marcel est bien la meilleure petite fille qu'on puisse imaginer.

Et malgré tout, malgré que ce roman finisse honnêtement par un mariage et qu'on n'y commette point tout ce qu'on trouve à l'ordinaire dans les fables de certains moralistes patentés, il ne manquera pas de gens pour crier au scandale. Claudine à Paris nous donnera donc l'occasion de rappeler que l'on doit distinguer la simple licence et la pornographie, Crébiilon et le marquis de Sade, Willy et M. Octave Mirbeau. Il est une manière lourde, sérieuse, tendue, de traiter certains sujets, de les mêler à des questions d'un autre ordre et d'intéesser la sensualité à l'effet d'obscurcir la raison :

ainsi fait un Zola pour T « idéal moral », un Tolstoï pour r « idéal social • ; ainsi M. Joseph Reinarh peignait les tortures physiques de Dreyfus afln d'émouvoir les nerfs en même temps qu*il exaltait Timagination métaphysique par des appels à la Justice abstraite : mettant de la sorte les esprits hors d'état de se former un jugement raisonné (1). Et n'était-ce pas ainsi déjà que procédaient Rousseau et Diderot? Il ne serait sans doute pas exagéré de dire que les poèmes d'un Hugo, qui ébranlent la sensibilité en faveur de chimères religieuses ou politiques, sont aussi de la pornographie en quelque manière. Il est tels livres de Michelet — et je parle des livres d'histoire pure — qui exercent plus de ravages chez un adolescent que les romans dont le gardent soigneusement ses maîtres. A l'amusement que donne à la curiosité sensuelle un conteur licencieux, on ne peut comparer le désordre que portent dans les esprits les écrivains romantiques et sentimentaux. Et les pages les plus chastes de Travai/ éveillent dans de jeunes cœurs des passions plus funestes que toutes les effronteries de la Claudine de WiUy.

Les Encyclopédistes, par Louis Dugros {Honore Champion y éditeur),

M. Louis Ducros en est resté tout naïvement aux leçons du bon curé Meslier. Nous n'en sourirons même pas, car, à tout prendre, ce voltairianisme épaissi n'est pas si ridicule que l'exaltatioa anarchiquc et sentimentale des tolstoïsants, tout écumants à cette heure des mesures de sécurité prises

(l) Ces lignes étaient écrites au moment où Dreyfus lui-même publiait ses souvenirs. C'est tout droit au pilon qu'il faudrait porter ce livre obscène.

8S8 l'action française

par le tsar contre leur grand homme. Et à ces énergumènes, on préférerait encore davantage les encyclopédistes s'il n'était trop clair que c^est eux qui ont engendré nos malheureux contemporains. Il y aurait cependant profit à rechercher par quelles qualités d'esprit les rédacteurs de VEncyclopédie se distinguaient de leurs pitoyables successeurs. Et c'est à quoi peut aider Touvrage consciencieux de M. Louis Ducros, où Ton trouve quantité de renseignements non seulement sur d'Alembert et Diderot, mais aussi sur leurs collaborateurs moins illustres. L'examen de la méthode, du plan et des idées fondamentales de VEncyclopédie ainsi que Texposé de son histoire extérieure sont fort bien traités. Et Ton n'y trouve à reprendre que l'impartialité à laquelle s'est efforcé M. Ducros et qui l'oblige, sans agrément pour le lecteur, à racheter par des réserves les concessions qu'il n'était pas tenu d'accorder.

C'est donc surtout par sa valeur documentaire que se recommande cet ouvrage. Il nous laisse le regret que le sujet n'ait pas été traité par un véritable rationaliste. M. Ducros s'imagine que c'est une « victoire de la raison » que d'avoir remplacé Dieu par la Nature et séparé la religion de la morale pour faire de la morale une nouvelle reliKion! Il était donc hors d'état d'établir dans quelle relation les métaphysiciens révolutionnaires sont avec les théologiens et surtout de discerner l'œuvre critique des encyclopédistes de la régression religieuse où ils se sont laissé entraîner. Et c'est pourquoi il a attribué à des causes si étranges tout ce qui, chez les philosophes français duiviii*" siècle, peut choquer les déistes de l'école de Rousseau : par exemple l'hostilité au libéralisme que témoignait Diderot. Gomme nous aurions préféré que M. Ducros substituât à son impartialité morale un peu plus d'impartialité intellectuelle !

Jacques Bainville.

Mémento. — Paroles de Foi et de Patriotisme, parle R. P. G avf he (Lecoffre, édit,)\ suite de sermons très éloquents : Torateur sacré n'a pas craint d'y compromettre M. Déroulède par des citations répétées. — Le Triomphe de VHarmonie, par Léon Vannoz (Perrin et Cie^ édit.) ; petit manuel de Texaltation individualiste. L'auteur divinise la Vie et veut préparer une « génération héroïque ». Voilà qui n'est pas bien nouveau. — Un Ménage moderne, excellent roman de mœurs de notre distingué collaborateur Emile Pierret (Lemen^e, éditeur). — La Girouette maçonnique par TouRMBNTiN, à la Librairie antisémite.

Le Directeur politique : H. Vaugeois.

Le Gérant : A. Jacouin.

Paris.— Imprimerie F. Levé, rue Cassette, 17.

CHEIINS DE FER DE PARlS-LYON-lEDiTERRANEE

Voya§pes circulaires et coupons comblnables

sur le Réseau P. E«» AI*

et sur les RÉSEAUX P. L. M, et Est.

Il est délivré toute l'année, dans toutes les gares du réseau P. L. M., des carnets individuels ou de famille pour effectuer sur ce réseau ou sur les réseaux P. L. M. et Elst, en l'^,2« et3« classe, des voyages circulaires à itinéraire tracé par les voyageurs eux-mêmes, avec parcours totaux d'au moins 300 kilomètres. Les prix de ces carnets comportent des réductions très importantes qui atteignent, pour les billets collectifs, 50% du Tarif général.

La validité de ces carnets est de 30 jours jusqu'à 1.500 kilom. ; 45 jours de i .501 à 3.000 kilom. ; 60 jours pour plus de 3.000 kilom. — Facilité de prolongation, à deux reprise^y de 15, 23 ou 30 jours suivant le cas, moyennant le paiement d'un supplément égal au 10% du prix total du carnet, pour chaque prolongation. — Arréfs facultatifs à toutes les gares situées sur l'itinéraire. — Pour se procurer carnet individuel ou de famille, il suffît de tracer sur carte, qui est délivrée gratuitement dans toutes les P. L. M., bureaux de ville et agences de la Compagnie» le voyage à effectuer, et d'envoyer cette carte 5 joois avant le départ à la gare où le voyage doit être commencé, en joignant à cet envoi une consignation de 10 fr. — Le délai de demande est réduit à deux jours (dimanches et fâtes non compris) pour certaines grandes gares

CHEMINS DE FER DE UOUEST

Dans le but de faciliter les relations entre le Havre, la Basse-Normandie et la Bretagne, il sera délivré, du !««• avril au 2 octobre, par toutes les gares du réseau de l'Ouest et aux guichets de la Compagnie Normande de navigation, des billets directs, comportant le parcours, par mer, du Havre à Trouville et, par voie ferrée, de la gare de Trouville au point de destination, et inversement.

Le prix de ces billets est ainsi calculé :

Trajet en chemin de fer. — Prix du tarif ordinaire;

Trajet en bateau. — 1 fr. 60 pour les billets de l'«

et 2" classes (chemin de fer) et l'« classe (bateau),

et 0 fr. 85 pour les billets de 3« classe (chemin de

fer) et 2« classe (bateau).

.ibo:vi\eme:\ts sur tout le réseau

^ La Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest fait délivrer, sur toutson réseau, des cartes d'abonnement nominatives et personnelles enli'%2*'et 3° classes et valables pendant Imois, 3 mois, 6 mois, 9 mois et 1 an.

Ces cartes donnent le droit à l'abonné de s'arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures delà classe pour laquelle l'abonnement a été souscrit.

Les prix sont calculés d'après la distance kilométrique parcourue.

Il est facultatif de régler le prix de l'abonnement de 6 mois, de 9 mois ou d'un an, soit immédiatement, soit par paiements échelonnés.

Les abonnements d'un mois sont délivrés aune date quelconque, ceux de 3 mois, 6 mois, 9 mois et un an partent du i^'* et du 15 de chaque mois.

CHEMINS DE FER

DE PARIS-LYON-MÉDITERRANÉE

VOYAGES A ITINÉRAIRES FACETATIFS

EN ALGÉRIE ET EN TUNISIE

^<^^«M»»««MW»<W»»»»«<W»»<»«»MMW»«»«MW»

Il est délivré pendant toute Tannée, dans toutes les gares P.-L.-M., des carnets de 1«'«,2« et 3« clasees, pour effectuer des voyages pouvant comporter des parcours sur les- lignes des réseaux : Paris-Lyon-Méditerranée, Est, Etat, Midi, Nord, Orléans, Ouest, P.-L.-M. Algérien, Est-Algérien, Franco-Algérien, Ouest- Algérien, Bône-Guelma, et sur les lignes maritimes desservies par la Compagnie Gênéraie Transatlantique, par la Compagnie de Navigation Mixte (C'e Touache) ou par la Société Générale deb Transports maritimes à vapeur. Ces voyaiges, dont les itinéraires sont établis à l'avance par les voyageurs eux-mêmes, doivent comporter, en môme temps que des parcours français, soit des parcours maritimes, soit des parcours maritimes algériens ou tunisiens. Les parcours sur les réseaux français doivent être de 300 kilomètres au moins ou être comptés pour 300 kilomètres.

Les parcours maritimes doivent être effectués sur les paquebots d'une même Compagnie.

Les voyages doivent ramener les voyageurs à leur point de départ. Ils peuvent comprendre, non seulement un circuit fermé dont chaque portion n'^st parcourue qu'une fois, mais encore des sections à parcourir dans les deux sens, sans qu'une section puisse y figurer plus de deux fois (une fois dans chaque sens ou deux fois dans le même sens).

Arrêts facultatifs dans toutes les gares du parcours. — Validité : 90 jours, avec faculté de prolongation de 3 fois 30 jours, moyennant le paiement d'un supplément de 10 % chaque fois.

Faire la demande de carnets 5 jours au moins à l'aYance.

to

-«ai

-< en

oc

cd 9

Pu S cd

le

CQ H

•to

do

Remplir le Bulletin d! abonnement cijoint et Vadresser à F Administration ^ 28, rue Bonaparte^ en y joignant un mandai de \ 0 francs.

M«#^^«#«A*«n^i«w%MM#«^

EST EN VENTE A PARIS CHEZ

MM. BOULINIER, 19, boulevard St-Michel.

BRASSEUR, galeries de VOdéon, CHAUMONT, 27, quai Si-Michel.

FLAMMARION & VAILLANT, 36 5is, avenue de

V Opéra.

FLAMMARION & VAILLANT, 10, boulevard de$

Italiens.

FLAMMARION ET VAILLANT, 3, boulevard St-

Martin.

FLOURY, 1, boulevard des Capucines.

LANCIEN, 32, avenue Duquesne, LEFRANQOIS, 8, rue de Rome.

TRUCHY. 26. boulevard fies Italiens.

60RILL0T, iif passage ChoiseuL VIVIER, 39, me de Grenelle.

LIBRAIRIE ANTISÉMITE, 45, rue Vivienne.

MAILLET, 129 bis, rue de la Pompe.

Page 1