‹ L'action françaiseChapitre 46 sur 189 · PÉTITION DE PRINCIPE · texte numérisé non relu

PÉTITION DE PRINCIPE

L'incohérence humaine développe aujourd'hui de si monstrueuses Nuées qu'on en vient à se demander si le meilleur livre du monde, le plus utile et le plus beau, ne dirait pas aux hommes : c Tu raisonneras congrûment. Tu ne commettras « point de cercles vicieux. Tu ne te laisseras « jamais aller à des pétitions de principe. Tu ne « tireras pas de conclusions contraires à tes « prémisses.» Qui sait si la réforme intellectuelle et morale ne doit point commencer par là 1

M. Eugène Fournière, député de T Aisne et l'un des docteurs du socialisme, écrit dans un certain nombre de journaux départementaux, à propos de TafTaire Henry et des articles publiés sur l'infortuné lieutenant-colonel par notre collaborateur Charles Maurras :

— L article de M Maurras, doctement écrit,eutdone ce résultat d! animer dune pensée générale et t apparence généreuse ce crime bas entre tous : un faux commis pour consommer la perte d'un innocent.

M. Eugène Fournière n*oublie que trois choses : les articles de notre collaborateur commençaient par établir que Tacte du colonel Henry n'était pas un faux, qu'il n*ayait pas été fait contre un innocent, mais bien en faveur de la France, et qu'enfin cet acte n'avait eu aucun caractère criminel. M. Fournière a mieux aimé prendre pour accordé ce qui était l'objet même de son débat.Que penserait M. Fournière du système que voici : « — Supposons que M. Fourni niére soit un nègre, il ne serait pas un blanc : a donc M. Fournière n*est pas un blanc. » C'est un raisonnement à bon compte et c'est celui-là môme dont il s'est servi contre Maurras... — Il ne reste même pas à M. Fournière la ressource d'invoquer en faveur de son opinion des faits postérieurs aux premiers éclats de T affaire Henry. C'est l'opinion de notre ami que ces faits confirment. La commission consultative du ministère de la Justice (en septembre 1898) refusa de tenir le prétendu Taux de Henry pour un fait nouveau de nature à établir l'innocence du condamné; la Cour de cassation elle-même, siégeant toutes chambres réunies, n'a pas compris ce prétendu faux dans les motifs de revision; enfin, en dépit des machinations dreyfusiennes, Dreyfus, à Rennes, n'a même pu réunir la minorité de faveur. Tant son cas était clair, tant l'innocence de Henry était manifeste!

Dans le méiae article, M. Fournière regrette que les dreyfusiens, cœurs généreux I niaient pas condescendu à discuter la thèse de Maurras. M. Fournière commet ici une erreur de fait. Ce ne fut pas faute de zole, mais faute de raisons que Ton a dû laisser debout la thèse de notre ami. Parue les 5 et 6 septembre 1898, elle fut discutée longuement, copieusement. M. Reinach fut des premiers à ouvrir la dis<> cussion (8 sep(embre); Maurras lui fit une réponse à laquelle M. Reinach évita prudemment de répliquer. Durant tout le mois de septembre, notre ami ne cessa de maintenir et de fortifier sa pensée en vingt articles de la Oazeite de France contre toutes sortes de rêveries, nuées et autres billevesées dreyfusiennes.

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