LA NUÉE DES NUÉES
Gomme un certain article de la loi sur les associations ennuie tout à la fois les socialistes et les Congrégation, le Temps du 21 janvier 1900 utilise cette conjoncture fortuite pour placer la bonne doctrine :
— Tant il est vrai que la liberté est un bloc et qu'on menace sa propre liberté chaque fois qu'on touche à celle des autres l
Proprement, ces trois lignes sont à citer comme la Nuée des Nuées ; il n'y en a pas de plus volumineuse, de plus voyante, de plus hypocrite, de plus joyeuse ni de mieux éclairée du mauvais petit jour de 89.
Rectifions : la liberté n'est pas un bloc. La liberté n'est pas.// n'yaque des libertés. Ces libertés, loin de faire bloc, forment une infinité de granules di£Férents de poids, de volume, de force, et, dans l'immense majorité des cas, il n'est que trop certain qu'elles s'exercent, s'accroissent, se fortifient les unes aux dépens des autres. Afin qu'il n'y ait point d'abus, on a inventé le pouvoir, etle pouvoir a subventionné des gendarmes. Mais si la définition du Temps était vraie, la plus
menacée de toutes lê$ libertés serait précisément la liberté de nos gendarmes : ne passent-Us leur vie entière à toucher^ qm dis-^e ! à brusquer et à menotter la liberté des autres f
Quand on aura la bonté de nous en fournir Toocasion, nous terminerons les Nuées par un :
RATON DB SOLSn.