UNE RÉPONSE A M. DE MAHY
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L'un de mes amis m'envoie, à propos de la lettre de M. de Mahy parue ici le 1^^' février, la réponse suivante qui ouvre de façon intéressante la libre discussion que je voudrais voir s'établir, à V Action française, entre gens de convictions énergiques et désintéressées.
H. de Mahy, ancien ministre, député, et Tun des premiers collaborateurs de V Action françatsêy avait des droits à s'y faire entendre...
Vous êtes bon, Monsieur, pour lui répondre. Voulez-vous cependant permettre quelques observations à Tun de vos collaborateurs de hasard ?
M. de Mahy s'en prend d'abord au sens que vous donnez au mot de « réaction (i) ».
M. de Mahy ne veut à aucun prix que le mot de a réaction » soit employé dans le sens de
(i) Il n*e8t pas jusqa'àn cri final : Adieu vat ! qui ne ■oit pris à contre-sens. A Dieu vail et non pas Adieu va ! (A la grâce de Dieu (mais Dieu n^est plus du vocabulaire f.-. m.-.) est le souhait de bon voyage, Pacte de résigna* tion qui salue le départ du navire. M. de Maky voulait dire probablement : Halte-là !
ACnOH FHàMÇ. * T. IV. 2o
a recours aux moyens connus sous le nom de réaction-' natreSj ayant pour but de nous faire rebrousser chemin, et dont le principal défaut est d'avoir livré lu France à Vinvasion du cosmopolitisme. Les ligues ds la Patrie française, de rAclion, sont Jotcables;mais k mot de réaction implique une idée fausse et dangereuse, si Vun des éléments dont ces partis se composent s'ingère d^ exploiter ce grand ensemble au profit de Vun des anciens partis qui, pour le malheur de notre pays, Vont dominé tour à tour ».
Les <c moyens réactionnaires » indignent M. de Mahy. Pourrait-il en indiquer d'autres à ^eux qui, dans une circonstance quelconque, se sont aperçus qu'ils faisaient fausse route ? Un voyageur s'est trompé de chemin : il revient sur ses pas : — réaction. — Un malade a fait quelques excès: il s'abstient, et se met au régime : — réaction. — Un peintre est mécontent de l'esquisse commencée: il efface et reprend son travail : — réaction. — Si ma cheminée fume, je la démolis et la reconstruis sur un meilleur plan : — réaction. — Pénélope usait de « moyens réactionnaires » quand, pour garder la foi conjugale, elle trompait ses prétendants en défaisant la nuit le tissu ouvré durant le jour. Je ne connais pas de correction nécessaire apportée à une œuvre manquée, à quelque défaut ou erreur grave, qui ne débute par l'emploi d'un « moyen réactionnaire ».
Nous avons parcouru un très mauvais chemin depuis tantôt quinze ou dix-huit ans. Si nous nous obstinons à poursuivre la route, nous allons à l'abîme. On l'entrevoit déjà. — Mais rien ne prévaut contre la foi absolue au Bouddha révo-