‹ L'action françaiseChapitre 99 sur 189 · RAYON DE SOLEIL · texte numérisé non relu

RAYON DE SOLEIL

M. Charles Seignobos, universitaire protestant, écrit dans la Revue critique^ au sujet d'un ouvrage anglais :The hisiory mgîish démocratie ideas in the seventeenth century^ par M. Gooch :

— Ce sont les républicains de 1648^wx sont les créateurs de la doctrine libérale du XVIIP siècle, du régime représentatif et démocratique du XIX^ siècle. Ce sont les Anglais qui ont ouvert les voies àla politi^ que fondée sur des prificipes abstraits.

Il devient donc impossible d'expliquer la Révolution comme un accident (i) français , produit du tempérament français ou de la culture classique. La Révolution française... n^ est que la continuation delà Révolution d'Amérique, qui, elle-même, n^ a fait que réaliser le programme politique tracé entièrement par la Révolution d'Angleterre.

(1) Il ne noas échappe pas que ce mot dissimule un piège. Mais nous pensons aussi que la Révolution n'a pas été un accident et qu'elle vient à son rang dans la longue série des séditions soulevées par l'esprit d'anarchie et rimagination métaphysique contre Tordre universel.

On n*a jamais dit ici autre chose. Et nous nous plaisons à constater Taccord de M. Seignobos avec M. Charles Maurras qui a coutume de nommer les idées de 89 idées suisses^ c'est-à-dire étrangères etcontraires à Tesprit français.

Nous profitons de cette occasion pour rappeler à M. Seignobos que, dans la préface d'un de ses ouvrages, il s'était déclarépour Vesprii occidental coniv^V esprit oriental. Dans son idée Téspril occidental était celui de cette Révolution que nous devons appeler maintenante anglaise » et non plus « française ». Et nous n'apprendrons pas à M. Seignobos, qui a dû en trouver d'ailleurs la preuve dans l'ouvrage de M. Gooch, que les démocrates anglais avaient gagné leur délire par la lecture assidue des prophètes juifs auxquels on ne saurait contester la qualité d'Orientaux. Vesprit occidental n'a rien de commun avec les visions qui, après avoir possédé les enfants du désert, se sont répandues dans le rebut des peuples civilisés. La a politique fondée sur des principes abstraits » est une chimère orientale: si M. Seignobos se sent vraiment un homme d'Occident, il y devra renoncer. C'est la nécessaire conséquence de son rat/on de soleil^ qui jette parmi ses idées un jour peut-être bien imprévu.

LE CHŒUR

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

La Becquée, par René Botlesve (éditions de la

Be\)ue Blanche).

« Les scènes et les ûgares communes àla famille provinciale française qai a élevé les hommes âgés aujourd'hui d'environ trente ans » : voilà ce que présente dans son livre M. René Boylesve, de qui le nom rappelle le voluptueux et joli souvenir d^aventures amoureuses aux villes de hains ou sur la rive des lacs. Mais il a senti se réveiller soudain sa sensibilité propre de Tourangeau. Chassant les aimables visions des îles Borromées, les images de la terre natale se sont dressées devant lui. D'un cœur ému, il a rapporté les souvenirs de son enfance ; il a tracé avec amour et avec art les figures qui avaient passé devant ses regards curieux. Rien de puéril pourtant dans ces mémoires d'un enfant, rédigés à l'âge d'homme : mais il reste des mystères et des obscurités d'autrefois, enfin percés à jour, assez de traces encore pour donner à ce tableau des mœurs provinciales le charme des demi-teintes. Il n^y apas, à proprement parler, de « portraits » dans ce livre. Mais les personnages, apparaissant par touches légères et successives, se meuvent avec tant de naturel que, par TefTet d'un art délicat, leurs silhouettes se précisent à la fin sans effort. Tels sont le grand-père Pantin, et Philibert, et les vieilles tantes, et tout ce monde enfin qui, dans la vieille demeure de Gourance, attend « la becquée » de la main d'une femme active et énergique. C'est une belle figure que celle de cette tante Féiicie qui chérit d'un si vif amour la terre qui donne la richesse des moissons

514 l'actiom française

et des vendanges. En pure Française qai connaît la grandeur de son rôle de ménagère et des intérêts commis à ses soins, elle sait combien sont sérieuses les choses de la vie, et combien elles sont belles aussi. Et c'est encore leur souvenir qui l'occupe à son lit de mort. Agacée par les dévotes importunes en prières autour d'elle :

Mon petit, crois-en ta vieille tante qui est tout près d'aller se faire juger par le bon Bien : ce n'est pas vrai, tout n'est pas vain. Leur vanitas vanitatumy c'est un charabia de gens qui n'ont jamais été boas à rien... Rappelle-toi quand nous nous promenions ensemble : tu allais te pencher sur la terre pour distinguer le blé tout petit; quelque temps après, nous l'apercevions de la route; un beau jour il était aussi haut que toi; une autre fois, le vent le couchait comme si les troupeaux s'étaient vautrés dessus, et Je me faisais des cheveux blancs! enfln on le voyait battre, au milieu de nuages de poussière, et on comptait le nombre des boisseaux de grain. Est-ce que c'était une plaisanterie? Est-ce que nous avions tort d'épier les brins d'herbe dans les champs, et de nous intéresser à eux, et de croire en eux comme en des amis ? Est-ce qu'ils nous ont jamais trompés? Est-ce qu'ils se sont jamais lassés de devenir le pain que Fridolin met au four? Est-ce que ce pain — que mange Mme Leduc comme les autres — est une vanité?... Et nos moutons? Et nos bonnes bêtes de vaches? Et les jolis fromages bleus dont les paysans se nourrissent? Des vanités, sans doute? Imbéciles I Moi, mou enfant, je remercie le bon Dieu de m'avoir permis de voir toutes ces vanités-là renaître sous mes yeux tous les ans, bien régulièrement...

Saine leçon de réalisme que donna aussi avant de mourir un des plus grands réformateurs de ce siècle, fidèle catholique d'ailleurs. La forte et vivante poésie qui la soutient pénètre tout le livre de M. Boylesve. La Becquée^ écrite en l'honneur de

BIBLIOGRAPHIli: 51

la terre natale, appartient à la meilleure tradition de nos romanciers des mœurs. Ces scènes de la vie privée d^une ' famille provinciale dégagent un charme et portent un caractère de vérité auxquels nul Français ne saurait demeurer insensible.

L'Esprit Juif, par Maurice Muret (Librairie académique Peirin et Cie).

Impartial, sagace et averti, M. Maurice Muret a conduit une excellente enquête sur l'esprit juif. Incertain d'abord qu'un tel esprit existât, il s'est mis à sa recherche. Il a examiné la vie et analysé Fœuvre d'Israélites modernes, pris parmi les philosophes, les poètes, les hommes d'Etat. Et chez tous il a retrouvé des traits communs, des tendances, des aspirations identiques, jusqu'à des moyens d'expression presque semblables. En sorte qu'il ne peut plus rester de doute sur l'existence ni sur la nature d'une mentalité juive.

Voici Spinoza : et dans VEthique M. Muret découvre la pure doctrine de la Kabbale : malgré les difTérences qui séparent le panthéisme spinoziste du monothéisme hébreu, le polisseur de lunettes fait de sa divinité universelle ce qu'était déjà Jéhovah : « le support de la loi morale » ; et le Traité ttiéologico-polilique est animé de ces aspirations individualistes, égalilaires et démocratiques qui formaient ridéal des vieux prophètes hébreux. Chez Henri Heine, ce Nazaréen qui se comptaitbien à tort parmi les HellèneSy on retrouve cette même fidélité à la tradition judaïque qui venait de trouver son expression moderne dans la Révolution anti-française. Heine est au xix« siècle le modèle de ces écrivains juifs qui ont répandu en Europe le cosmopolitisme littéraire, tandis que, mus par leur vieil idéal humanitaire, les agitateurs de leur race unissaient les prolétaires de tous les pays : la litté-

5J0 l'action française

rature cosmopolite d*un Brandès ou d'un Max Nordau correspond au socialisme internalional d'un Karl Marx.

L'étude la plus curieuse et la plus forte du livre de M. iMuret, la plus démonstrative aussi, c*est celle quMl a consacrée à lord Beaconsfield. Sous le ministre conservateur il a montré le juif travaillant à réaliser le rêve millénaire continûment poursuivi par sa race. L'homme d'Etat tory fait une politique radicale, où Ton retrouve les idées d^s romans signe's par Benjamin Disraeli. C'est lui qui donne, ou peu s'en faut, le suffrage universel à l'Angleterre par le bill de 1867. Et, ministre anglais, il ne cesse d'avoir les yeux tournés vers cet Orient où naquirent les chimères qui le possèdent : on sait que c'est lui qui, en dépit d'une vive opposition nationale, (It ceindre à la Reine la couronne d'Impératrice des Indea.

Par ses analyses exactes, M. Maurice Muret est amené à des conclusions qu'on a déjà exposées plus d'une fois dans celte revue même: à savoir que l'idéal démocratique et humanitaire, Tidéal des vieux républicains n*est pas différent de l'antique illusion hébraïque, que la Déclaration des droits est la fille du Talmud et de la hagadda, et que l'esprit juif est profondément anti-politique. Et tel est sans doute l'argument le plus fort qui justifie l'antisémitisme: un Etat qui se donne pour objet la prospérité nationale, et non le règne de la justice sur l'humanité, doit impitoyablement écarter des fonctions publiques ces hommes qui mettent au service des éternelles chimères de leur race un incomparable génie pratique et un ardent esprit de prosélytisme et de réalisation.

La Cathédrale de France, par Jean Baffieh

(éditions de « la Veillée », 10, rue Perce cal). On peut ne pas être d'accord avec M. Jean Baffier

BIBLIOGRAPUÏE ol7

sur certains points d'esthétique et ne pas partager ses vues sur « l'architecture des Celtes ». C'est notre cas. Et cependant Tapologie de M. BafOer pour l'art gothique ne peut être lue sans intérêt et sans quelque émotion même. Un si violent amour de la tradition nationale est admirable et rare. C'est un nationaliste d'une espèce peu commune que cet a ouvrier sculpteur j> à qui sa seule passion pour son art a rendu sensibles les périls de la patrie. Les juifs, les protestants et les francs-maçons, qu'il appelle les « écumeurs nomades m, lui furent d'abord odieux pour leurs attentats à la cathédrale française: il les déteste aussi maintenant pour leurs attentats contre la France même. Sans m'attarder à discuter les théories de M. Baffier, — il aurait tôt fait de me traiter de sémite, — je préfère le louer pour la solidité de son sentiment français et signaler les justes regrets que fait entendre cet « ouvrier » au sujet des antiques corporations libres et des franchises locales abolies par la Révolution. 11 est intéressant aussi de rapporter que Jean Baffier a été vivement attaqué par le journal de l'archevêque de Bourges. L'étrange protecteur du « Congrès des prêtres », qui a déjà montré combien un démocrate chrétien diffère peu d'un protestant, doit être encore rapproché de ces messieurs « de l'autre opinion i», comme disait Balzac, par ses goûts iconoclastiques. c Les prêtres^ selon ce pasteur, n'ont jamais eu (Tari à créer. » Ce n'est pas le moindre service que M. Baffier aura rendu à la cause nationale que de rappeler certains catholiques au respect de leurs traditions.

Jacques Bainvillb.

Le Directeur politique : H. Vaugeois.

Le Gérant : A. Jacquin.

Paris. — Imprimerie F. Levé, rue Cassette, 17.

Remplir le Bulletin (T abonnement cijoint et V adresser à P Administration ^ 28, rue Bonaparte ^ en y joignant un mandat de \ 0 francs.

EST EN VENTE A PARIS CHEZ

MM. BOUUNIER, 19, boulevard St-Michel.

BRASSEUR, galerie de VOdèon.

CHAUMONT, 27, quai St-Michel.

FLAMMARION, 36, avenue de VOpéra.

FLAMMARION & VAILLANT, 10, boulevard des

Italiens. FLAMMARION ET VAILLANT, 3, boulevard St-

Martin.

FLOURY, 1, boulevard des Capucines.

LANCIEN, 32, avenue Duquesne, LEFRANQOIS, 8, rue de Rome.

LIBRAIRIE ANTISÉMITE, 45, rue Vivienne.

MAILLET, 129 bis, rue de la Pompe.

Page 1