‹ L'action sociale par l'initiative privée, avec des documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des plans d'habitations ouvrièresChapitre 50 sur 102 · DL- V DISPOHIBLB DU BOHI D'APBÉS LA LOI DB 189S · texte numérisé non relu

DL- V DISPOHIBLB DU BOHI D'APBÉS LA LOI DB 189S

le les années précédentes, nous n'avons réussi à moyen pratique d'user de la clause de l'article Rn de débat parlementaire, et qui est conçue en le nous rappelons :

bnds de réserve représentera un minimum de 2 "/. /'du boni annuel pourra <^1re employé braugmentaiion l servi aux porteurs des livrets surlesquels le mouvement s reiraila, y compris le solde antérieur, n'aura pas dé- I pendant le courant de l'année.

ons — parce qu'il ne faut pas se lasser de répéuand elle a été obscurcie — qu'il nous parait her à tirer quelque chose de cette disposition >inaisons compliquées et d'une utilité dérisoire li seraient appelés à en bénéficier. La solution {l'abrogation d'une faculté dont personne n'use, )ur à la formule simple admise pour la disponiis dans les caisses d'épargne d'à peu près tons onde, concours aux œuvres locales de prévoyance mce. Contre le déni de cette liberté élémentaire n draconienne de la loi qui l'a écartée, nous ne protestei- et en appeler au législateur mieux sque nous voyons autour de nous les caisses ingères répandre les bienfaits dans leurs régions, xemple, celle de Mil;m doter de 600.000 francs latoria de tuberculeux pauvres pour lesquels erche vainement des ressources.

ions de prévoyance en faveur du personnel. — laisse des Retraites atteignait, au 31 décembre, 3, en hausse de fr. 17.191 45 pour l'année. Le 3s titres en portefeuille représente fr. 10.096 60,

l'activité d'une caisse d'épargne autonome 431

contre fr. 5.334 20 de pensions payées en 1901. Il y a, cette année, six pensions à servir pour fr. 6.0*80 20.

L'actif de la Caisse du Patrimoine, après douze ans et demi de fonctionnement, s'élevait à fr. 185.781 52, en hausse de fr. 16.. 539 67 pour Tannée. Elle comprenait 30 participants au 31 décembre

De nouvelles occasions nous ont été doimées de bénir le jour^ù vous avez fondé celte institution : nous avons vu, cette année, le compte d'un simple commis aux appointements de fr. 2.400 se liquider par un solde créditeur de fr. 4.348, et cielui de notre chef comptable, M. Delaruelle, obligé par la maladie à une retraite précoce, lui réserver une somme nette de plus de 10.000 francs.

L'un de vous, M. Raymond de Roux, a renouvelé un don de lOO francs à cet inestimable organisme; nous le remercions de ce témoignage de sympathie.

La question d'applicabilité aux caisses d'épargne de la loi du 27 décembre 1895 sur les caisses de retraite3, de secours et de prévoyance est toujours en suspens. .

Vous savez qu'à l'exemple de diverses sociétés industrielles, votre Conseil alloue aux employés de la Caisse centrale, pèreô d'au moins trois enfants, et dont les appointements annuels fixes ne dépasseraient pas fr. 3.000, une subvention de fr. 60 par an pour chaque enfant au-dessus de trois^ et jusqu'à l'âge de seize ans.

Un sociologue à l'esprit aussi juste que haut, M. Paul Leroy- Beaulieu,. émettait naguère l'opinion que, dans notre pays où s'est ralenti le mouvement de la population, c'est la naissance du troisième enfant qu'il faut souhaiter. Par la même pensée, votre Conseil à modifié le règlement des subventions de l'espèce en faveur dj5 chaque enfant aurdessus de deux. Trois employés ont bénéficié de l'allocation.

L EPAROXE DU PEUPLE

Nos interventions dans ramélioration des logements populaires

opriété directe : immeubles de la Capelette. — Le re des locataires de nos immeubles de la Capelette, qui, 00, élait de 103, atteignait 104 au 31 décembre 1901 ,soit

locations effectuées, qui avaient représenté fm 1900 843 50 dont il avait été recouvré fr.20.192 60, repréent fin 1901 un total brut de loyers de fr. 32.140 85, squels il a été recouvré fr. 20.365 60, soit une différence 1.775, 25, comprenant fr. 1.471 75 pour loyers arriérés a03 50 par suite de départs de locataires insolvables, ition faite des vacances, des frais d'eiploitation, d'eau, ipAU, etc., le produit net restait, fin 1901, à fr. 13.343,31 ifr. 12.701 83 en 1900.

population du Groupe, au 31 décembre, se composait de abitants. C'est une moyenne de quatre personnes par lent ou ménage.

point de vue des professions, les 104 locations se ■posent ainsi :

de crin ibie. .

meurs .

tiers ....

yés

liera .... irs-mécaniciens.

eurB

&s d'octroi. . .

Chargeur

Marin

Couturière

Peintre tipissier. . .

Forgeron

Employés à la gare do Prado Garçon de recettes . . .

Ouvrier savonnier . . .

Ménagères

Chocolatier

Insii tuteur-adjoint . . .

Distillateur

Boulanger. , . . . .

Verrier

Employés aux tramways.

Jardinier

Mouleur sur fonte et acier

l'activitk d'une caisse d'épargne autonome 433

Cette statistique établit que le Groupe continue d'avoir une clientèle exactement adaptée à son but.

Depuis 1893, première année de l'achèvement des constructions, le taux de mortalité dans notre Groupe de la Capelette était resté inférieur au taux de l'ensemble de la ville.. En 1901, la proportion a été la même: 2.3 ®/o, soit que le taux pour la ville ait baissé par suite de l'augmentation de population qu^a constatée le recensement, soit que le taux pour notre Groupe ait un peu monté par une cause fortuite que n'explique d'ailleurs aucune maladie épidémique.

Prêts hypothécaires individuels, — Il a été consenti, ert 1901, en vertu du décret du 4 février 1889, un prêt hypothécaire à amortissement à un particulier pour la construction d'habitation de famille ; ce prêt s'élève à fr. 7.000.

Depuis Torigine, il avait été accordé, au 31 décembre 1901^ 26 prôls^ pour une valeur totale de fr. 129,800, sur laquelle il était déjà remboursé par le jeu de l'amortissement et les paiements anticipés fr. 08.814 35. 17 prêts restaient en cours au 31 décembre pour fr. 60.985 65.

Les emprunteurs sont toujours exacts dans leurs règle-r ments trimestriels*

Prêts aux sociétés d'habitations à bon marché. — Il a été consenti à la P/errô rfw foyer ei^ 1901, par application de l'art. 10 de la loi de 1895, deux prêts hypothécaires de fr. 7.000 chacun.

Amortissements déduits, les prêts en cours avec cette Société présentaient au 31 décembre 1901 un solde de fr. 29.419 23.

L'amortissement de l'emprunt réalisé en 1898 par la Société des Habitations à bon marché a régulièrement fonctionné.

Participation à la Société philanthropique, — L'assemblée générale ordinaire de la Société des Habitations à bon marché de Marseille a voté, le 27 janvier 1902, pour

434 L KPARONB DU PEUPLE

l'exercice 1901, la distribution d'un divi sous déduction des impôts, qui a été payé à

Participation à la Société coopérative générale ordinaire de la Pierre du ft 27 mars 1902, a mis en distribution pour l't intérêt de 3,50 */« sur les sommes versées, nos 80 parts de fr. 50.

Comité départemental. — Le Comité di habitations à bon marché a organisé, entre un concours d'architecture pour un type d' marché. II a appelé dans le jury un repré/ Conseil, qui a délégué M. le vice-prési< concours a eu un bon résultat.

Conseil supérieur. — Dans sa session Conseil supérieur des Habitations k bon m au Ministère du Commerce de persister dan la circulaire du 10 mars 1897 adressa aux c pour prêter leur concours au mouvement d' logements populaires, et d'introduire parmi concours dans une révision de la toi de 189 actions de sociétés, d'autre part les prêts hy viduels amortissables, l'expérience des cals; Lyon et de Marseille ayant justifié ces addit l'art. 10 de la loi. Ainsi continuent et s'étend de votre initiative de 1888.

Propositions spéciales

Acquisition foncière pour construction irai, — II y a onze ans, à l'assemblée gén 1891, nous disions, à propos des besoinf « services :«Nous serons appelés dans un « moins prochain à nous porter surun point « de la ville et en des conditions d'aménagt

l' ACTIVITÉ d'une CAIi^SE d'kpARGNE AUTONOME 435

(c plètes ; c'est une éventualité qui mérite nos réflexions^ et « la réalisation en serait plus facile si nous avions, comme « on Ta partout hors de France, l'emploi de notre patrimoine. »

Cet emploi, la loi du 20 juillet 1895 nous le concédait enfin. L'art. 10 reconnaissait sur les fortunes personnelles un libre emploi sans limitation pour certains modes de placement et limité à une quotité pourd'autres : dansla première catégorie, qui portait sur l'intégralité des fortunes, il classait notamment l'acquisition ou la construction d'immeubles de service. Nous pouvions ainsi reprendre, à l'assemblée du 30 avril 1896, « la question d'une installation au niveau d'un développe^nent (( si grandi depuis l'achat de l'immeuble actuel, et suscep- « tible de répondre aux besoins inévitables de l'avenir. » Dès lors, si nous usions des facultés nouvelles de l'art. 10 pour les emplois de bien social, nous différions d'autres placements des disponibilités du compte-courant, — en vue, indiquions-nous à l'assemblée du 29 juin 1897, de « faciliter a l'acquisition dont la situation peu centrale du siège fera tôt « ou tard une nécessité. » Et nous ajoutions : « Votre Conseil m a reconnu qu^en l'état de l'importance et de l'accroissement « continu de la réserve une telle œuvre est devenue possible, « et qu'elle doit être abordée avec de larges vues. Il en fera « l'étude la plus mûrie. »

Nous avons tenu parole. A chacune des assemblées du 22 juin 1898, du 29 juin 1899, du l*^' juin 1900, du 22 mai 1901, nous signalions la lente continuation de cette étude, dont nous laissions entrevoir les difficultés, mais dont l'accroissement ininterrompu de notre actif mobilier préparait la solution. Elle s'est ainsi poursuivie six années durant: c'est dire avec quelle circonspection, quel soin, quelle fermeté patiente à résister à tout et à notre propre désir, à écarter tout ce qui n'offrirait pas le maximum possible de conditions favorables.

Pendant ce temps, en des proportions infiniment plus modestes que les caisses d'épargne de l'étranger, dont beaucoup ont des installations grandioses et tout à fait

perfectionnées (^), de nombreuses caisses d'épargne françaises comprenaient la nécessité de rénover leurs locaux si pauvres, si mal agencés et outillés 4 elles élevaient d'élégants hôtels, en 1890 à Clermont-Ferrand, en 1894 à Fontainebleau, en 1895 à Meaux et à Givors, en 1896 à Limoges, à Grasse, à Poitiers, à Toulon, en 1897 à Tourcoing, en 1898 à Villefranche, à Commercy, à Diepjpe, en 1899 à Epernay et à Tours, en 1900 à Lille, à Melun, àMontbéliard, àMoulins, à Voiron, à Saint-Etienne, à Nice. Kt la Caisse de Moulins, qui en offrait hier à sa sœur de Marseille une médaille commémorative, constatait en inaugurant sa nouvelle demeure^ « un des « plus beaux monuments de la cité », que de tous côtés, dans les grandes villes comme dans les villes secondaires, les caisses d'épargne transforment leurs résidences au lieu de c laisser leur fortune dans les caisses de l'État. »

La Caisse d'épargne de Marseille, qui d'une large part de cette fortune avait fait un généreux emploi, gardait, olle, sa maison placée hors du mouvement, dans une rue aristocratie que, peu connue de la population ouvrière, et les besoins augmentaient chaque année, et les insuffisances de l'immeuble acquis il y a vingt-deux ans s'accusaient de plus en plus. Et votre président peut vous avouer que, recevant le mois dernier deux délégués de la Caisse d'épargne de Rotterdam en tournée pour un projet analogue et qu'attirait la renommée européenne de votre institution, il ne montra pas sans une impression pénible aux sympathiques visiteurs telle ou telle partie trop défectueuse ou trop arriérée de notre installation.

Au cours de sa longue recherche, votre Conseil avait été constamment arrêté, entre bien d'autres, par deux difficultés principales : le prix des immeubles répondant aux exigences dé situation, dès lors qu'une superficie de 800 à 900 m. c. était indispensable, et les indemnités demandées par les occu-

(1) Entre bien d'autres, les Caisses d'épargne de Milan, de Bologrne> de Graz, de Prague (Prague a mÔme deux grandes caisses 4'épargne, qui ont l'une et l'autre, en 1893 et en 4897, édifié des palais admirablement organisés), etc.

l'activité d'une CAissB d'épabonb autonome 43

pants, surtout industriels, double élément du coût qui finissai toujours dans les occasions vraiment dignes d'examen par 1 faire ressortir & fr. 800.000, 900.000, et même plusieur fois au-dessus.

Nous en étions là, quand tout à coup, il y a trois mois, à I suite du décès d'un citoyen aimé et regretté, notre attenlio fut portée sur un vaste immeuble qu'il possédait et en fac duquel il avait érigé un beau monunaent d'art pour en fair don à sa ville natale.

Quadrilatère en façades sur la place Estrangin-Pastré, l cours Pïerre-Puget, la rue des Princes, ta rue de l'Ormeau cet immeuble formait un Ilot entier, de 850 m. c. environ isolé des quatre côtés, condition que nous n'avions rencontré nulle part, extrêmement heureuse pour la conslructïon d\i édifice de cet ordre, et supprimant les risques multiples de contiguïtés. Il était sis sur une place trës connue, très fr^ quentée, qu'orne la populaire fontaine offerte par Hem Estrangin,que ne tarderont pas à ombrager les arbres planté tout autour, et où le mouvement augmente chaque jour par 1 passage des lignes de tramways qui s'y croisent en tous sens laissant cependant l'immeuble sur un retrait abrité. A proxi mité de toutes les administrations, et en particulier de I Trésorerie générale avec laquelle notre Caisse centrale est e relations incessantes pour le versement des excédents d ' recettes ou les retraits de fonds, il se trouve à câté même d la Banquede France, voisinage immédiat qui est quotidienne ment utile pour le change presque continuel des billets reçu de la Trésorerie, maïs surtout «jui nous assurerait des garantie particulières pour les cas de troubles de la rue ou de crises EnRn, il ne coinportail ni tractations avec plusieurs personne: obstacle que nous avons fréquemment connu^ ni (particutarit bien rare) aucune indemnité de déplacement ; il était intégr; tement livrable dès le 1" octobre prochain aux travaux.

Une telle réunion d'avantages exceptionnels et un si anoi mal concours de circonstances propices frappèrent votr Conseil. Des pourparlers furent engagés soit pour détermine

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les propriétaires à une aliénation qu'ils n'avaient aucun motif de réaliser^ soit pour obtenir d'eux un prix de cession modéré. Disons simplement qu'en acquiesçant à une vente et en ramenant à fr. 575.000 le prix demandé, les vendeurs se montrèrent guidés par la pensée de voir, sur cette place où le chef de la famille vécut sa vie de travail et à laquelle sa libéralité civique attacha son nom, se fixer une grande institution philanthropique par un monument public.

La liberté d'emploi dont la loi de 1895 nous a investis pour les biens de la Fortune personnelle étant entière, comme l'ont reconnu les avis du Conseil d'État des 27 janvier-19 juillet 1898 et la circulaire ministérielle du 13 février 1901, aucune approbation gouvernementale ne sera nécessaire. A raison de la minorité de l'une des parties, la vente aura lieu aux enchères ; votre délibération suffira pour nous permettre de nous porter acquéreurs, dans les conditions dont nous sommes d'accord avec la famille.

Puisque l'État s'obstine à restreindre notre activité, cherchons le moyen de l'accroître par le développement de nos opérations en transférant notre siège sur un point plus vivant ; la Caisse d'épargne de Nice^ depuis un déplacement de ce genre, a vu tripler son mouvement. Il faut savoir, d'ailleurs, obéir à la pression du temps et à la marche des faits. L'installation d*un grand établissement comme le nôtre et son organisation matérielle sont, avec la qualité du personnel, les facteurs essentiels d'une bonne gestion ; rien n'a une influence aussi directe suries rapports avec le public qu'une situation peu connue, des insuffisances et des défectuosités de locaux. Kn 1881, quand nous avons acquis l'immeuble où nous sommes^ nous avions 25 millions de dépôts, nous en avons 58 ; nous comptions 67.000 livrets, nous en comptons plus de 175.000 ; 18 établissements étaient en service, il y en a 45 ; notre patrimoine atteignait à peine 630.000 francs, il avance vers 3 millions 1/2. Sur ces 3 millions, plus de 2 sont encore confiés à l'État; l'heure est venue de dire : c'est assez, il est temps de songer à nos propres besoins.

Telle est la proposition que nous présentons avec confiance à vos suffrages .

Modifications au Règlement de la Caisse du Patrimoine. — Aux termes des art. 23 et 24 du lièglement que rassemblée générale du 8 mai 1889 donna à la Caisse du Patrimoine, des modifications peuvent y être apportées par votre Conseil. Il vous prie, néanmoins, comme il Ta fait en 1900^ de ratifier celles dont une expérience de douze ans a montré la nécessité ou Péquité.

D'après Tart. 3, il est ouvert un compte à chaque employé qui aura déclaré avant le l*"" janvier sa volonté de participer. Un employé nommé à partir du 1'^ janvier ne pourrait donc participer qu'après un an de fonctions. Il suffira que la déclaration soit exigée au !•' janvier.

L'art. 5 mentionne parmi les ressources la somme que verse la Caisse d'épargne au 31 décembre sur ses frais généraux à titre de supplément sans retenue (15 •/«) sur les traitements des employés qui ont été à son service pendant toute l'année. Il parait juste d'ajouter que dans le cas où it y aurait lieu de liquider en cours d'année le compte d'un employé sorti de fonction par retraite ou décès, le Conseil pourra lui attribuer le supplément sans retenue calculé au prorata du nombre de mois pendant lequel l'employé aura été au service de la Caisse dans cette dernière année. Vous remarquerez que le Conseil demeure juge de chaque cas.

Aux termes de l'art. 7, c'est sur le capital existant au 31 décembre que les intérêts produits par le placement des fonds doivent être répartis. On a jusqu'à présent considéré comme rationnel d'entendre ces mots au sens du 31 décembre précédent, pour ne faire participer à la répartition des intérêts que les propriétaires du capital qui les a produits : car l'élément principal de ce capital, le supplément de traitement, ne contribue en rien à produire ces intérêts, n'étant attribué qu'en fin d'exercice. Il s'agit de sanctionner, de préciser et de compléter cette interprétation : 1* en ajoutant au § 5, après

440 L*ÉPAHGNE DU PEUPLE

les mots c au compte de chaque participant il sera porté à la c fm de Texercice la part lui revenant dans les dons, legs ou « allocations », ceux-ci : « ainsi que les intérêts qu'ils auront « pu produire dans Tannée de leur perception » ; 2" en remplaçant le texte du § 6 par le suivant : « les parts des adhérents « dans le produit des déchéances, dans les dons, legs ou c allocations, seront calculées au prorata des traitements c respectifs perçus dans l'année ; les intérêts et produits de « toute sorte réalisés par l'emploi des fonds autres que ceux «. du § 5 seront répartis au prorata du montant de Tavoir du <K participant au 31 décembre précédent. »

Selon l'art, 11, l'employé démissionnaire ou congédié sans aucun motif de mécontentement après six ans et avant douze ans de services et de participation^saufles cas visés par l'art.lô, ne recevra que ses retenues en capital et intérêts, le surplus de son avoir restant acquis à la masse. Il importe de ne pas laisser à des appréciations variables la base de calcul de ces intérêts des retenues, et le mieux parait être de les calculer au taux moyen réalisé sur le portefeuille pendant la durée de la participation.

Enfin l'art. 20 confie, sous la direction du Conseil, les détails de l'administration à trois employés, l'Agent général, un des sous-caissiers, et un des employés le plus faiblement rétribués. D'une part, le Caissier principal étant désigné par l'art. 21 comme trésorier, il est logique de lui donner place dans ce comité ; d'autre part, il faut par suite porter le nombre des membres à cinq pour qu'il y ait moyen de départager les voix le cas échéant, et l'adjonction du chef comptable est ainsi indiquée.

...La confiance sans réserve que Je peuple accorde aux caisses d'épargne, et dont nous avons parfois des témoignages touchants par leur expression» est, en même temps que la meilleure récompense d'un infatigable labeur, la plus forte preuve que la fonction libératrice de nos institutions est profondément comprise.

Avec vous, nous avons fait passer en première ligne dans

l'activité d'une caisse d'épargne autonome 441

nos efforts tout ce qui avait pour objet le développement en quelque sorte moral de la Caisse d'épargne de Marseille : en quinze ans, elle a été portée au premier rang. Tout en poursuivant ce genre d'action, nous avons maintenant à en rénover le cadre, à en changer et mettre au niveau des besoins présents Tarmature matérielle vieillie, à penser même à Tavenir, car il faut toujours penser à l'avenir. Donnons à cette immense clientèle de Prévoyants une jeune demeure qui soit la leur, commode, lumineuse, attirante, digne de la démocratie laborieuse et saine d'une grande cité comme de la cité elle-même et de vos dévouements. A ce nouveau progrès, qui complétera l'œuvre que nous avons en plein accord accomplie ensemble, le vote d'aujourd'hui attachera vos noms.

CRÉATION DE BUREAUX D'ÉPARGNE dans les quartiers ouvriers D'UNE VILLE

22 janvier 1S99 (f)

Dans les crises de trouble, de tristesse, de dépression morale, ce sont des ressorts d'énergie, et des plus efficaces, que la foi en un généreux idéal et l'action pour servir ses semblables moins heureux. Dans les moments où passent des courants de division et de haines, c'est un bienfaisant réconfort que de travailler à rapprocher les hommes, à leur procurer les moyens de s'aider, c'est-à-dire de s'aimer. Nous sommes réunis ce matin pour un effort de ce genre, pour une de ces œuvres de solidarité, de sympathie humaine et de paix sociale dans lesquelles on ne vise qu'à améliorer pratiquement sur quelque point nouveau la condition économique et morale du peuple honnête.

Voilà près de douze ans que la grande institution au nom de laquelle j'ai l'honneur de porter ici la parole entreprit de

(1) Inattg'urâtion d'un Bureau au quartier de la Belle-de-Mai.

L KPARGNB DU PEUPLE

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faciliter à ses clients populaires l'exercice de la prévoyance, la prévoyance génératrice et nourricière d'indépendance, de dignité, de mieux-étre. Depuis le 19 juin 1887, date du jour où nous ouvrîmes à la Jolietle le premier Bureau Auxiliaire de la Caisse d'épargne de Marseille, tout un réseau de ces établissements s'est étendu sur la vaste ville. Celui que nous inaugurons est le dixième ; nous fonderons le onzième dimanche prochain à Ëndoume.

Quel était notre but ? Porter un instrument d'épargne aussi presque possible du faubourg, du domicile, de la boutique, de Tatelier ; assurer à l'ouvrier qui pour placer sa petite réserve prélève une heure sur sa journée, à la ménagère qui conQe ses enfants à une voisine, à la servante qui utilise une course, au marchand qui quitte son magasin, une sensible économie de temps, et aussi d'argent, en recueillant l'épargne où elle naît, préservée de tous ses ennemis, dès le lendemain de la semaine laborieuse ; faire enfin surgir de l'épargne nouvelle, s'il est vrai que la commodité de l'outil favorise l'effort comme on dit (|ue le besoin crée l'organe. L'expérience a justiOé ces vues : nos Bureaux Auxiliaires n'ont cessé de se développer, échappant même par un privilège digne de remarque à Tinfluence qu'a subie par le jeu des parties restrictives de la loi du 20 juillet 1895 le stock deR dépôts au siège central et dans beaucoup de succursales du département.

Nous n'organisons plus de ces Annexes depuis quelques années que là où émane de la population intéressée une demande pressante et vérifiée. Nous avons d'autant moins hésité à donner satisfaclion à votre pétitionnement que les sta> tistiques nous révélaient, à la Caisse centrale comme au Bureau du Chapitre, de très nombreux livrets appartenant à votre circonscription. Cette grande zone ouvrière forme un bloc de 17,000 âmes, indépendamment des affluents que vous déverseront S-Mauront, St-Barthélemy, le Canet, le Merlan, Ste-Harthe. Et quelle agglomération industrielle, avec ses raffineries de sucre, ses tanneries, ses huileries, ses savon* neries, sa puiissante fabrique de bougies, ses fonderies, ses

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BUREAUX d'Épargne dans des quartiers ouvriers 443

minoteries, ses graineteries, ses chaudronneries, ses usines de caoutchouc, sans parler du lycée, d'une caserne, d'une manufacture de tabacs, d*une gare ! Quel centre énorme de familles vivant du salaire, et dont l'épargne est la grande auxiliaire indispensable !

Que venons-nous leur offrir? Mis à leur portée immédiate, tous les services de notre établissement central. Elles pourront désormais sur place, et tandis que vous gérerez vousmêmes, déposer à compter de 10 centimes par le mécanisme de nos timbres qui se vulgarisent chacjue année davantage, retirer sans avis préalable et à vue, effectuer virements et transferts, acheter de la rente, percevoir les intérêts qui leur seront dus, donner à leurs enfants ces habitudes d'épargne qui les élèveront et quelquefois les sauveront dans la vie, en un mot utiliser tous nos rouages sans déplacement, et au cas de besoin imprévu, mouvementer à la Caisse centrale pendant la semaine leurs livrets du Bureau. Quand vous voudrez comme à la Jolîette et au Chapitre avoir deux séances par semaine, vous n'aurez qu'à en manifester le désir. Vous aviez déjà, je le sais, la caisse d'épargne postale ; mais parce que la seule concurrence entre elle et nous est celle du bien, il nous est permis de vous indiquer nos avantages, un taux d'intérêt supérieur, la remise immédiate du livret, le remboursement à vue, une administration de famille comme nous venons encore d'en fournir la preuve en renonçant à bénéficier des retenues d'intérêts appliquées à des titulaires de doubles livrets qu'interdit la loi.

En remerciant au nom du conseil des directeurs, que je représente ici avec MM, Famin, Vincens, Gautier, Lagarde et Vellen, les bons citoyens qui ont pris l'initiative de la fondation actuelle et assumé la charge d'administrateurs, je ne fais que devancer la gratitude de la population (jui les entoure. A l'origine de ces créations, et quand l'esprit de passive routine les déclarait irréalisables, une de ses objections était l'impossibilité d'obtenir partout le concours d'administrateurs de quartiers prêts à. sacrifier au profit d'autrui leur matinée du

444 l'bpargnb du peuple

dimanche. Partout Tempressement avec lequel il a été répondu à notre appel a démenti un tel doute : nous valons mieux que nous ne nous le disons les uns aux autres. Tous nos bureaux ont chacun leur groupement de vingt-cinq collaborateurs, et quand se produit un vide, décès ou départ, les candidats du dévouement ne chôment jamais. Industriels, propriétaires, commerçants, entrepreneurs, concitoyens de bonne volonté qui donnez ainsi à vos frères moins aisés mieux que de l'argent, je veux dire un peu de vous— mômes, vous compléterez votre don, nous vous le demandons avec insistance, en propageant les services que notre fonctionnement solide vous permettra de rendre, et l'idée, la grande vérité sociale, que nous servons.

La demeure nouvelle que nous ouvrons aujourd'hui à cette idée, nous l'avons placée au cœur même de cette zone travailleuse. Tout auprès est l'école, en face l'église, et à deux pas dans la même rue, une société de bien public, fille de la Caisse d'épargne de Marseille, va sous peu construire des habitations améliorées pour les familles ouvrières. Le foyer où la plus modeste, que dis-je ? la plus humble vie peut se dérouler douce et heureuse, la maison où s'élève l'enfance, l'abri où la prévoyance prépare ses forces rédemptrices, l'asile des croyances supérieures et de la prière consolante aux heures d'épreuve. .. quel beau cadre pour l'œuvre saine à laquelle vous allez mettre la main !

29 janyler 1899(1).

Ily a de grandes difficultés dans la vie populaire, et de petites aussi qui en entravent l'amélioration ; nous n'y réfléchissons pas assez, nous que la destinée n'y a pas soumis. Un ouvrier, un domestique, un artisan, un marchand a mis en réserve, à force d'énergie patiente, quelque humble économie : il sera souvent gôné par un obstacle matériel pour traduire en acte sa pensée de prévoyance. Il faut aller à la Caisse d'épargne,

^1) luauguration d'uD Bureau au quartier d*Endo.ume.. .

BURBAUX D KPARGNE DANS DES QUARTIERS OUVRIERS 445

elle est située loin du quartier où il réside ; il aura, dans l'habituelle affluence, à attendre son tour : ouvrier, il ne peut interrompre sa journée, ou artisan, suspendre la direction d'un travail ; serviteur, on ne l'autorisera pas à s'absenter ; la ménagère n'osera laisser ses enfants. Qu'arrive-t-il ? C'est qu'une occasion surgira de dépenser le modeste gain ou le menu prélèvement sur le salaire : le courageux propos aura été stérilisé, Tembryon d'épargne disparait.

Réduire au minimum ce risque, faciliter aux petits économiseurs l'acte de prévoyance en se rapprochant d'eux, en ouvrant à portée du domicile ou de l'atelier et le lendemain de la paye un lieu où ils pourront sans déplacement donner suite à leur sage dessein, tel fut notre but lorsquMl y a douze ans la Caisse d'épargne des Bouches-du-Rhône créa ses bureaux auxiliaires dans Marseille. Allez au peuple, a dit un écrivain russe : c'est ce que nous avons voulu entreprendre pour l'épargne. Commencé le 19 juin 1887 par la Joliette, le réseau a été poursuivi sans relâche à Menpenti-la Capelette, au Chapitre, à la Blancarde, à la Belle-de~Mai, à St-Louis, à Mazargues, à St-Loup, à St-Just, à l'Ëstaque. Nous voici à Ëndoume. Et le développement naturel de ces organes en a démontré l'utilité comme la justesse : au 1" janvier 1899, ils comptaient près de 11.000 livrets, ils détenaient des dépôts pour près de 4 millions de francs, dans lesquels entre une part considérable d'épargne nouvelle, qui ne serait jamais née sans eux.

Ai-je besoin d'indiquer à des hommes d'affaires que ces Annexes ne sont point des affaires, et coûtent plus qu'elles ne rapportent ? Nous les fondons dans l'intérêt public, n'attendant que de l'avenir une compensation aux sacrifices du présent. Aussi n'allons-nous que là où la population formule une demande pressante et la justifie. Le pétitionnement d'Ëndoume ne pouvait nous laisser indifférents. Avec les Catalans, Saint- Lambert, le vallon de l'Oriol, le Roucas-Blanc, Malmousque, cette zone d'Ëndoume forme un groupe de 18.000 habitants, parmi lesquels les ouvriers d'usines et de chantiers, les petits

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commerçants, les petits industriels, les pécheurs sont légion. Tonte cette agglomération se rattachait jusqu'ici à la Caisse centrale ; il était temps, là aussi, de déconcentrer, d'installer l'instrument local. Nous l'avons placé le mieux possible pour la commodité de la circonscription, dans la partie haute de ce montagneux quartier, sur la plus importante de ses voies.

Ici comme partout, nous n'aurions rien pu faire sans des concours et des dévouements. Au nom du conseil des directeurs, que je représente auprès de vous avec MM. Famin, Vincens, Gautier, Lagarde, Velten, je remercie les gens de cœur qui ont bien voulu nous seconder, et sacrifier leurs matinées du dimanche, c'est-à-dire un peu de leur repos, aux sur-occupés de la semaine. Nous vous demandons de faire connaître par une propagande incessante el de vulgariser les modes multiples de prévoyance que le Bureau Auxiliaire d'Endoume apporte et offre à la population du quartier. Expliquez bien qu'on pourra sans se déplacer jouir de tous les services de noire institution, déposer à compter de 10 centimes par le mécanisme de ces timbres-épargne qui chaque année se répandent plus largement, retirer sans avis préalable et à vue, opérer virements et transferts, acheter de la rente, percevoir ses intérêts, verser au titre d'épai^ne de loyers, donner à ses enfants une habitude inestimable par l'épargne scolaire, et en cas de besoin imprévu, raouvementer k la Caisse centrale pendant la semaine les livrets du Bureau. Dites bien aussi que nous sommes les émules de la Caisse d'épargne postale pour le bien général, non ses concurrents, et que nous avons plus d'un avantage sur elle, un taux d'inlérët supérieur, la remise immédiate du livret, le remboursement à vue, une administration toute familiale qui vient naguère de prouver encore l'esprit dont elle est animée en renonçant à bénéâcier des retenues d'intérêts appliquées aux titulaires de doubles livrets qu'interdit la loi.

Et d'ailleurs, comme il vaut mieux travailler pour ses semlilables dans les œuvres autonomes de la fière liberté et de

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