‹ L'action sociale par l'initiative privée, avec des documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des plans d'habitations ouvrièresChapitre 54 sur 102 · COLONIES D EPARGNE DANS UN DEPARTEMENT · texte numérisé non relu

COLONIES D EPARGNE DANS UN DEPARTEMENT

hardie eurent jeté sur votre heureux rivage les bases d'une vigoureuse entreprise industrielle de constructions navales, lorsque dans cette commune qui comptait 1400 habitants et qui aurait subi comme tantd*autres le mal anémiant de l'émigration aux villes voisines tout un peuple de travailleurs apporta Inactivité et la vie, comment n'aurait-on pas pensé à faciliter l'exercice de la prévoyance, cette condition primordiale de toutes les formes d'amélioration de Texistence populaire ? Et précisément, avec M. Roux, deux de ses collègues du conseil d'administration de la Société des Chantiers de Provence, MM. Zarifi et Paquet, faisaient partie du conseil de direction de la Caisse d'épargne de Marseille ; deux autres, de son collège d'administrateurs, MM. A. Fraissinet et G. Couve : leur voix pouvait-elle ne pas être écoulée? Les traits d'union sont tels que nous nous sentons un peu ici, permettez-nous de le dire, en famille, ou au moins entre alliés.

Voilà comment nous fondons ce matin, sans vouloir calculer combien de temps elle ne représentera que des sacrifices pour l'association-mère, notre 31* colonie d'épargne, en dehors des 14 établissements de Marseille. Que sera-t-elle ? Ce que vous la ferez. Vous aviez la Caisse postale ; vous trouverez ici les mêmes sécurités, et en outre, sans vous déplacer, sans aller même à Martigues, les avantages que le désintéressement de notre rôle nous autorise à rappeler : taux supérieur de Tintérêt sur les dépôts, — remboursement à vue, — remise immédiate du livret, — virements ou transferts aisés sur la Caisse centrale, sur une autre succursale, ou hors du département pour les ouvriers qui changeraient de résidence, — achats de rente, — mise à la disposition de vos enfants, surtout dans vos écoles, de ce suggestif moyen d'éducation, l'épargne précoce, dont le registre vient d'être ouvert par une inteU ligente libéralité de M. Roux, — formalités très simples, administration familiale et bien différente des bureaucraties, — par dessus tout, constitution d'un établissement géré par vous tous, s'appuyant sur la force acquise par quatre-vingts

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ans de durée à une grande institution indépendante, mais au développement duquel vous vous attacherez parce qu'il sera vôtre.

Car un des bienfaits que nous poursuivons avec unepei'Sévérance méthodique, c'est de réveiller et de ranimer partout dans notre région le sentiment de la vie locale, précieux ressort trop affaibli dans notre pays. Voyez de quoi est issue l'organisation que mettent aujourd'hui en branle vos sympathies empressées : du désir spontané d'un certain nomhre d'entre vous de doter la commune d'un autre outillage utile et fécond, l'outillage économique et moral après l'outillage industriel. Kt quand notre grande institution, qui doit tout aussi à la libre action locale, qui ne réclame rien que plus de liberté, a accédé à ce désir, vingt-six d'entre vous ont volonlairement, généreusement assumé la charge d'administrer la succursale naissante. Le conseil des directeurs, qui a tenu à déléguer avec moi MVl.Vincens, Prou-traillarJ, Zarill, nous a donné le mandat de remercier publiquement en son nom ce groupe de dévoués, et tout particulièrement leurs guides, M. Laporte, ingénieui'en chef des Chantiers, M. L. Giraud, qui me permettra d'évoquer la mémoire de son père regretté, M. Bonnet, l'evcellent maire de Port-de-Bouc. Âeux, comme aux hommes de cœur qui les entourent et qui ont accepté un mandat dont la gratuité fait l'honneur, nous demandons à la population de Port-de-Bouc de i-eporler la meilleure part de sa dette de gratitude.

Il est permis de dire que la création des Chantiers de Provence est venue à son heure. Notre France, qui a & exporter les produits de son industrie dans le monde entier el à exploiter un vaste empire colonial dit surtout à la République, a compris que l'essor de sa marine marcliande est une question vitale, comme l'a tant de fois démontré avec autorité M. Ch. Roux,et intéresse toutes les industries nationales comme la puissance de la patrie. Quelque foi que nous ayons dans l'efficacité supérieure de la liberté économique, on est en droit d'espérer que la loi votée par la Chambre des députés le 10 décembt'e

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