‹ L'action sociale par l'initiative privée, avec des documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des plans d'habitations ouvrièresChapitre 53 sur 102 · BUREAUX D EPARGNES DANS DES QUARTIERS OUVRIERS · texte numérisé non relu

BUREAUX D EPARGNES DANS DES QUARTIERS OUVRIERS

deries,et aussi la manufacture d'allumettes de l'État^Ia caserne de la Gendarmerie nationale, un hospice, des écoles communales et libres, bon nombre d'horticulteurs, le personnel des propriétés rurales... Que d'éléments pour une clientèle d'épargnistes !

A cette clientèle il faut bien voils rendre compte des facilités que nous apportons. Il ne s'agit pas de simples « places de recelte », comme les Allemands appellent les agences urbaines de leurs caisses d'épargne : on pourra sans dérangement faire ici toutes les opérations de nos services, déposer, retirer, acheter de la rente, former de l'épargne à partir de l'embryon de dix centimes par nos timbres, donner aux enfants l'enseignement inestimable de la prévoyance. Ëmulesde la Caisse Postale (car on ne saurait parler de concurrence entre nous, sinon de concurrence pour le bien), il nous est permis de vous offrir certains avantages, un taux supérieur d'intérôi, la remise immédiate du livret au premier dépôt, les remboursements à vue^ surtout des relations moins administratives que familiales. C'est ainsi qu'en ce moment, nous prenons la peine de rappeler à chacun des intéressés la très prochaine application de la clause de la loi du 20 juillet 1895 qui va unifier le maximum de 1.500 fr. et consolidera en rentes l'excédent s'il n'est encaissé avant le 31 décembre ; nous n'y sommes nullement tenus, et cela est fort onéreux, les intéressés se comptant par milliers; mais la loi remonte à cinq années déjà, et nous considérons ce rappel comme une obligation morale. Il y a autre chose pour nous que des règlements.

A mesure que s'est étendue Tactivité de la Caisse d'épargne des Bouches-du-Rhône, et dans le département, et au cheflieu, des collaborations beaucoup plus nombreuses sont devenues indispensables. « Vous ne les trouverez jamais dans ce a Marseille suroccupé, où chacun ne pense qu'à ses affaires t et à ses intérêts », voilà le langage, il uren souvient, que nous tenaient en 1887 les pessimistes et les sceptiques,qui ne font rien en ce monde, que des objections. Les nouveaux col-

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borateurs, aux contraire, ont afflué. Une fois de plus vous éles les vivantes preuves. Je vous salue et vous remercie, ms citoyens dont on vient de lire les noms; le conseil des recteurs, qui a délégué vers vous, avec son président, it. Famin, vice-président, Vincens, secrétaire, Prouuliard, vice-secrétaire, Gautier, auditeur des comptes, igarde, membre du conseil, nous a chargé de vous exprimer vive gratitude, A ceux tjui parmi vous sont chefs d'indusies, laissez-moi saisir l'occasion de dire qu'ils feraient une lose bien utile à leurs ouvriers s'ils organisaient à l'usine éme ou à l'atelier un moyen de recueillir l'épargne naisnte et de nous la transmettre, soit par un dépôt de nos tiraes, soit par un groupement de livrets combiné avec nos serces comme vient de le faire M. Barthelet pour le personnel I l'Imprimerie et Cartonnerie St-Oharles. Vous pourrez vous consacrer à votre lâche de gestion de annexe que nous inaugurons et d'apostolat de la prévoyance 'ec la confiance et la fierté permises quand on s'affilie à une 'ande institution, dont le renom dépasse maintenant les fronires de la France, et la plus avancée de notre pays dans son dre, nous ne craignons pas de le dire, puisque seule entre ses îurs françaises, elle recevait hier deux grands prix des jurys ternationaux de l'Exposition de 1909. Une raison particulière lus doit attacher profondément à elle : c'est qu'issue de Tiniitive privée, elle a déroulé sa longue histoire et accompli <n évolution vigoureuse dans l'autonomie locale, dans une tivité aussi libre que notre législation le comporte. Cornent mesurer le bien qu'elle a depuis 1821 semé autour d'elle? Un livret décaisse d'épargne, disait un orateur au Parlement lemand, est comme le bon génie d'une maison : il y introlit et y entretient la moralité, le contentement, l'aisance, lites qu'autour de vous se multiplient ces bons génies dans s foyers d'un peuple dont le fond est sain, honnête et coura- !ux. Vous servirez, en même temps que vos frères, votre lère cité natale, et la communauté plus lai^e qu'est la patrie, .r ce sont des institutions d'un intérêt éminent pour l'État que

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les caisses d'épargne. Propager l'épargne, ce n'est pas seulement piéparer du mieux-ëtre et de l'indépendance pour ceux qu'a moins bien partagés l'inégalité des destinées: n'est créer de la force morale, c'est faire œuvre tout k la fois de progrès économique, de solidarité active, et de réconciliation sociale.

CRÉATION DE SUCCURSALES D'ÉPARGNE DANS UN DÉPARTEMENT 17 novembre I8S8 (I).

L'institution qui vient s'établir aujourd'hui au milieu de vous n'est pas décentralisatrice seulement par ses principes et sa doctrine : elle met l'idée en pratique, elle s'applique à la réaliser. La Caisse d'épargne de Marseille n'a jamais limité le rayonnement de son activité k la grande ville, elle entend que les centres modestes en bénéricient, ils ne l'intéressent pas moins. Un des points essentiels du programme d'expansion en tous sens qu'elle aborda il y a douze ans fut la reprise de l'œuvre de diffusion des colonies d'épargne dans les fiouches-du-Rhône, et après avoir doté de succursales tous les chefs-lieux de canton, elle décida d'aller encore ià où se produirait de la part de la population une demande justifiée.

Cassis nous a ainsi appelés. De son golfe aux baies charmantes, de son port mignon aux eaux claires, de sa vallée aux coteaux de vignes généreuses et aux pins toujours verts, avec son fond de collines et ses riantes bastides éparses, il attire par le site, et qui sait si par là il ne rencontrera pas quelque jour la fortune, grâce aux hasards qui arrêtent les touristes cosmopolites tantôt dans un coin, tantôt dans un autre de ce littoral délicieux ? Mais s'il nous arrivait, cherchant les lieux d'élection pour nos filiales nouvelles, de murmurer avec Mistral '

Amariiu heu Ca$ei»,

ce n'était pas le pittoresque de votre paysage qui pouvait nous déterminer : nous songions au travail de vos paysans, de vos

(1) InRugnraCioii d'une Suocuceale dans lu comoiuuc de CaseiE.

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ouvriers, de vos pécheurs, de vos marins, et que partout le travail, pour porter ses fruits, a besoin de la prévoyance. Et c'est un outillage durable, perfectionné, commode de prévoyance que nous avons voulu offrir à vos cultivateurs, aux carriers de vos pierres renommées, à vos braves gens de mer.

Nous leur apportons des facilités de toute sorte pour la pra< tique de l'épargne, qui enrichit les lieux comme elle fortifie les individus. Vous aviez déjà la Caisse d'épargne postale ; nous lui ferons la concurrence du bien, avec les avantages que le désintéressement de notre effort nous donne le droit de signaler, taux d'intérêt supérieur, remboursements à vue, remise immédiate des livrets, formalités très simples d'une administration qui traite sa clientèle comme une famille. Vous aurez sur place, sans être contraints d'aller à la Ciolat ou à Aubagne porter vos économies naissantes ou croissantes, la jouissance de tous nos services : dépôts, retraits, achats de rentes, virements ou transferts sur Marseille, sur une autre succursale, ou hors du département, éducation de vos enfants par l'épargne scolaire que nous encourageons. Tout cela ne va pas sans imposer des sacrifices, les charges excèdent souvent pendant plusieurs années le rendement ; mais qu'importe? C'est notre honneur que les avances à l'avenir dans un but supérieur de propagande du progrès.

A qui devrez-vous ces moyens de mieux-être, qu'il dépend de vous de rendre efTicaces ? Certes à l'association-mère que nous représentons, mais aussi à ceux de vos concitoyens qui nous ont secondés. Au nom du conseil des directeurs, qui a tenu à m'adjoindre pour venir parmi vous un autre membre de son bureau, M. Ch. Vincens, je remercie particulièrement votre sympathique maire M. Savon, M. Guichard gui prit l'initiative de la création, M. Gervais qui a été l'âme de l'organisation ; je salue les hommes de cœur qui les entourent, et qui ont accepté les fonctions d'administrateurs, mandats de solidarité, de pur dévouement social, dont la gratuité absolue

fait le mérite et le prestige.

COLONIBB d'bpaBONB DANS UN DÉPABTBMBNT 45'

Parmi eux figure le promoteur, que je félicite, de là Cais» coopérative agricole de Cassis. Dans d'autres communes, nous sommes allés de l'organisme d'épargne à l'organisme de cré' dit, et c'est du personnel de nos Succursales qu'à notre appe sont sortis les fondateurs des premières associations de crédit rural populaire en Provence. Ici, où les circonstances oni fiait suivre la marche inverse, on se rejoint (fait intéressant pour l'observateur) au même résultat, et tes hommes s( retrouvent, sq rencontrent. Le but demeure le môme : uni des deux institutions préserve et recueille l'épargne locale l'autre contribue à la reverser sur la terre locale pour fécondei cette terre par un peu de juste crédit. Si votre Caisse agricoh a besoin de notre concours, nous le lui fournirons par les prêt! dont la loi du 20 juillet 1895, devancée par nos libres expé' rlences, a fait le droit commun ; si elle peut s'en passer, soutenue directement par l'épargne dans une émulation que nou: souhaitons au lieu de la craindre, elle sera maîtresse d'useï de la Succursale pour te placement temporaire de ses dépôti et profitera en ce cas du maximum de Viveur de 15,000 franci autorisé par la loi. Ainsi les deux sœurs grandiront s'sp puyant Tune sur l'autre.

Ce qui nous frappe et nous plaît le plus en de telle: oeuvres, c'en est l'origine, qui est l'initiative privée, et c'en esl l'essence, qui est l'action locale. Vous serez ici chez vous

Cette succursale est vôtre, vous en choisirez les administra leurs, vous en surveillerez le fonctionnement, vous aures conscience d'y servir vos concitoyens et votre ville. Le goût le légitime sentiment de la vie locale est un ressort tro[ affôibli en France : rendons-lui vigueur, la santé nationale y gagnera, et le mouvement d'émigration vers les centres surencombrésqui dépeuple les régions rurales, qui vous a atteinte puisque le nombre des habitants de Cassis a plutôt décru, se ralentira si la vitalité des centres secondaires se ranime. ¥ pousser^ y aider est un des objectifs préférés de la Caisse d'épargne de Marseille ; il n'est pas de titre qu'elle revendique avec plus de satisfaction et de fierté que d'avoir dans 29 com-

unes de ce département, demain dans 30('), en dehors de grande cité, procuré un point d'appui indépendant et solide la vie locale réveillée !

a février l»n <l)

En venant au milieu de vous pour répondre à l'appel le us justifié, et lorsque je vois à mes côtés, arrivé de loin ur prendre part à cette fête, le président de la Société qui a insformé Port-de-Bouc, je ne peux me défendre d'un regard arrière, vers un passé dont M. Ch. Roux a certainement rdé le souvenir. C'était en 1887 ; la Caisse d'épargne des mches-dU'Rhénese traçait un plan d'expansion et de pro^ es en tous sens qu'elle devait — fortune assez rare en ce onde — réaliser; M. Ch. Roux y collaborait, il est encore is nôtres, il l'était alors tout à fait. Un des chapitres de ce ogramme que nous arrêtions enseifible, et non le moins téressant, était la multiplication des organismes d'épargne, dans la grande cité siège de l'institution, et dans toutes les rlies du département. Commencée en 1835, un peu activée rès 1862 sur les instances de l'État, puis suspendue, nous prenions avec ardeur cette œuvre de diffusion par les succurles. £n soixante-six ans, 17 avaient surgi ; en dix ans, de 88 à 1898, 13 nouvelles ont été ouvertes ; le réseau des efs-lieux de canton achevé, le conseil des directeurs preit pour règle de se porter désormais là où surviendrait une mande pressante de la population et où le besoin serait riQé par une attentive enquête.

C'est ce qui s'est produit pour Port-de-Bouc. La pétition s bons citoyens qui provoquaient notre intervention date ivril 1900; l'utilité s'est depuis lors démontrée d'elle-même, aque jour plus évidente. Lorsque des hommes d'initiative

I) La 30' Succursatâ était fandâe dans la commune de Cat>annes quelques 1) Iniiuguratioh d'une Succursale daos la commune de Port-de-Bouc. -

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