‹ L'action sociale par l'initiative privée, avec des documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des plans d'habitations ouvrièresChapitre 73 sur 102 · LES GRÈVES · texte numérisé non relu

LES GRÈVES

19 mars 1901,

Aucun fait actuel ne préoccupe plus vivement l'opinion en France que les grèves. Elle n'en conteste pas la légitimité ; mais l'exercice d'un droit n'en est pas l'abus. Peut-être est-ce moins encore le nombre des brusques cessations collectives du travail qui l'inquiète, quoique ce nombre suive une marche ascensionnelle, que leur caractère endémique, la fréquence des cas où elles se produisent sans motif appréciable, la psychologie qui s'y décèle le plus souvent, la menace que certaines commencent de créer pour des services publics ou de grands intérêts nationaux.

Il y a eu, en 1900, 902 grèves, comprenant 222,714 grévistes (^). Qu'il s'explique par une intense activité industrielle autour de l'Exposition ou par d'autres circonstances, l'acéroissement est sensible par rapport à 1899, qui avait compté 740 grèves, avec 176,826 grévistes, et à 1893, seul exercice depuis dix ans qui eût compté 634 grèves ; il est considérable relativement à la moyenne annuelle qu'a donnée la période décennale de 1890 à 1899, 421 grèves avec 92,448 grévistes.

Si on regarde aux causes des grèves, on en trouve de sorte assez diverse, mais se rattachant à quelques catégories qui se renouvellent partout : demandes d'augmen*' tation de salaire, de réintégration d'ouvriers renvoyés, de

(1) D'AiNTéfl le« SlflKM^îfim thê gr^s que publia rOfQoe du Tr^v^i). ~ En 1901, le nombre des grèves est brusquement retoiuMi à m> eom^reoaut 111,SOO grévistes.

(93 LES CniSEB DE LA VtB OWBlÈRB

•envoi d'ouvriers ou de contremaîtres, de diminution du emps de travail, réglementation du travail, suppression des imendes, elc, La principale cause est toujours l'augmenta- .ion de salaire: 580 grèves sur les 902 ont été faites pour )btenir de plus fortes payes, 66 pour S'opposer à des réduc- Jons, Après les questions de prix, viennent les questions de lersonnes : nuus relevons 156 grèves destinées à exiger la réintégration d'ouvriers et de contremaîtres congédiés, ou à mposer le renvoi d'ouvriers, de contremaîtres, dedirecleurs. Au point de vue des résultats, 205 grèves ont été suivies de réus3ite,'360 de transactions, 337 ont échoué 0). Mais c'est ^ une classification de surface'. Quand le taux de rémunération arraché par la lassitude d'une lutte, est artiBciel, ne correspond pas à l'état vrai d'une industrie et de la coocurrfiiice pour cette industrie, il amènera dans un délai plus ou Tioins court l'industriel soit à liquider, ce qui met sur le pavé ,out UQ personnel ouvrier, soit, à en réduire le nombre (et, linsi certaines grèves victorieuses ramènent aux chdmages), toit à revenir aux prix antérieurs, ce qui suscite des colères, tféme lorsqu'il n'en est pas ^insi, t'augmentation du coût de a' majn-d'tBuvre se répercute ,çn hausse des prix de vente, et «S Ouvriers perdent dans la cherté de la vie les avantages du alstr^ majoré. La réussite n'est donc souvent qu'apparente, beaucoup de transactions ont des conséquences analogues ; le^uçoup.sont^es paix boiteuses et précaires. - De ces dpnnées^i)tiijQériques, et surtout des historiques létaill^sque lX)Sice du l^'rçvail consacre aux grèves saillantes, ■esso.rt^ent quelqges indications sur l'état d'esprit des deux Darties intéressées.

. Ducût^ djBS ouvriers, le juste désir d'améliorer gradurflenent.leur c^dition est faussé par une conception économique {u'ont accréditée l.és.^ei^eurs de sophisipes électoraux. Toute

[l> Eii leM, 309 grèves se sont terminëee par une réosBlte oomplète ou lartietle ; %H ont échoué. ' ■ ' , .

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