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II. Les deux méihodet : lutte ou eom

L*oovrier veot natorellement acquérir M aiSf pour y parvenir, il lui faut se groui de son patron les satisfactions née ce dernier ne les loi donnera pas de mm est contraint de lutter. Cette lutte de 1 doue t*ezercer contre le patron ; elle doit tant la puissance d« travailleur, tendre à

le9JalBell9Hl

s ergaaleéei ParS^

prÎTilège du patron. Il y a là deux adversaires irréductibles en présence, qui doivent se combattre jusqu*au moment où les choos successifs auront fait disparaître les causes de la lutte : Texploitation et Tasservissement des travailleurs.

Pour nous, syndicalistes révolutionnaires, la lutte repose, non sur des sentiments, mais sur des intérêts et des besoins. Telle est la conception qui nous guide dans notre mouvement. Nous nous séparons de ceux qui, comme les syndicalistes réformistes, veulent combiner les eflbrts ouvriers et les efforts patronaux pour assurer des avantages communs, lesquels no peuvent s'obtenir que sur le dos du consommateur, et par conséquent sur le dos de Touvrier, celui-ci étant consommateur. En notre milieu social actuel, Touvrior produit parce qu*il lui fout consommer, c*est-à-dire que, pour être à même de calmer sa faim et de parer à ses premiers appétits, le travailleur est obligé de produire.

La question ouvrière est posée par nous, syndicalistes révolutionnaires, de la façon suivante : lutter contre le patronat pour obtenir de lui, et à son désavontagê, toujours plus d'améliorations, en nous acheminant vers la suppression de Texploitation. Pour les camarades syndicalistes réformistes, avec lesquels nous sommes en opposition, la même question ouvrière se pose comme soit : se grouper pour établir une entente avec le patronat, ayant pour but de lui démontrer la nécessité d'accorder quelques satisfactions, n*entamant en rien le privilège patronal. Cette dernière façon de procéder nous amène loin du but que nous nous assignons 1

Voyons, en effet, où tendent les efforts de ces camarades. Le Journal des jaunes nous rapprend.

Parlant d*un livre paru récemment, intitulé fOncWer, et préfacé par un conseiller prud'homme ouvrier, le jouroal jaune reproduit des passages fort suggestifs que, naturellement, il approuve fort. Voici ce que dit oel oavrage, patronné par le ministère do eommeree :

La tmrrtkrt d*«B ouvrier ne s'enferme pas, égoïste, eetre les de l'atelier où a trevalUe. Elle réclame d'être

on échange de services, de bons pw^f^f'^no dévouement avec son patron «»•«• «™î^^f ^^^^ de sa part; du cœur, du couragt, de la bonne rofon

Plus loin, il est dit :

. Goûter la joie là où elle se trouve réellement, t diSS ladoîice philosophie qui •^ViT^^K ^ron possède en attendant, s il est possible, di

plus grand.

Voyons encore :

Ce netii livrij est un ami qui rêve de voir tous l .•adoS^er ârtravall manuel, et. le pays empli Ses hLchea, des marteaux, des limes, des charru lit dan. la prospérité et dans la paix, pour U tUé, la patrif, VHumaniti.

On conviendra que des commenUires sor Ces extraits suffisent. On comprend, à cet pourquoi des patrons se sentent ]**^"][^^!,f ' h en est qui atcordcnt de légère$ amélic pourquoi il devient peu dangereux doc iovriers organisés! Car ^'ouvrage dont «l donné pour Uche d'amener au syndicat les je Le journal jaune se rend bien compte quuf gnement n'a rien de contraire aux inléréte et il conclut en émclUnt une juste appréciati

teur a su réunir dans ce petit volume les reii • et les eonêtilê qui font de son œuvre le cal

* "eSito^^^ encore la fin d'on diswors de T a introduit U corrupUon dans les mili A Arras, devant le Conçrè* d'hygiène so^ ministre du comtnerce rfilleraod a terminé rolea suivantes : « A une heure où Unt < tllaeorde nous assiègent, n'M«rce oai p* « et méritoire que chercher à fonder .

des conditions de la vie humaine, par i et des consclencea, la paix ft^Çf^Ji;r 'Mb u y • mieiix. UBmtttHméê rOfUce

L'ACTION 8TNDICAU8TB

décembre 1903, résumant les travaux du Comeil tupi* rieur du traoai! do la session de 1903, contient une proposition de M. Fontaine et de Keufor sur le ditai-eongé, qui fût adoptée à. rumanimiîi de$ voianti :

Atteadii qu'il résulte, tant de Tenquéte faite par le ministre dn Commerce, que des obsenrations parUculières de chacun, que le délai-congé est un usage général et traditionnel en matière de résiliation de contrat de louage de serrice ou de travail à durée indéterminée, est d'avis : que cet usage est fondé sur Tintérét individuel réciproque des contractante, sur Tintérét collectif des groupes professionnels et sur Tintérét général de Tindustrie et du commerce, qu'il répond à une lUetêêUé d'ordre publie et de paix êoeiaie. /

Voilà des documents que nous fournissent un instituteur, un ministre « socialiste » et une assemblée comprenant des représentants des groupements ouvriers. Ces divers textes tendent au même objet : concilier et unir des éléments contraires. La négation du « droit ouvrier >» en est Taboutissant logique.

A ce « travail en commun » et à cette entente, nous opposons la lutte, peut-être moins « avantageuse » et moins « profitable ». A ce contact permanent et régulier, nous opposons un groupement autonome. Nous donnons, en un mot, à Torganisation, le caractère provoqué, non par nous, mais par les conditions imposées par le régime capitaliste aux travailleurs.

Ces conditions sont dictées par le patronat, avec Tappui du pouvoir, qui en est Témanation et le représentant Les faits sont là, qui montrent le r^le de i*Êtat en faveur des exploiteurs. Et c*est parce une les fUts sont Indiscutables et connus qu*il suffit d^affirmer le caractère iudépetuiamt que nous voulons donner à Taction ouvrière. En dehors du patronat et contre lui* en dehors du gouvernement et contre lui, le mouveaeot ■yndical doit Ubremenl se développer et agir.

IIL L'Orgûuiêahom anfonoaia dé la eia$$ê oeuHèf

La erolaennee du mouvement devait foreément fidre ■vgir dof eondblBaiaoM et dea mancsttvrea, tootM diri-

l'action SYKDICAU8TB

Kéos Ter» ratténuaUon do notre «cUon révolutionnairo. Les confliU devenant plus nombreux et se produisant en dehors do toute considération patronale et goureroementale. paroe auils sont des produits "•»"«*'». •«» fait naître un Us de projeU. qui. sous «o» •PP»'«"«« libérale, sont l'nuUlesou dangereux. On roudreit, pour diminuer le nombre des conHits ou pour en atténuer le caractère. insUtuer toute une réglementation compliquée et d'un maniement dimcile. Avec elle. If» fiT*'»» Régularisées, d'un mécanisme lent, perdraient de leur a^ité d'abord, pour dispareJtre cnsuilo. One»?*™ P"" î^lr à Urer d'un organisme social plein dirrégularilés, d'incohérences et de choc», des manifestaUons se déroulant selon un cadre dértni et étroit. On a 1 illusion de TOttloir modeler les faiU qui meurtnssenl I ourrier, en réduire les effets, en les faisant passera trarors des formalités procédurières, pour les rendre supportables au Irarailleur, au grand bénéfice de la « paix sociale «.

Ceux qui raisonnent ainsi font preurod une profonde iffnorancedes quesUons ouTriéres. U vie du travailleur, image de la vie de l'atelier, est trop complexe et diverse Dour se prêter i une réglemenUUon arbitraire. Les wulfrances, pas plus que le» peines, ne ?«">;«»'« doser au point de les rendre moins vives sous un amas de complicaUons, Urées des formes parlemenUires.

C'est par ta force que ta bourgeoisie impose ses volontés otses caprices, c'est par la force quelle main- Uent son exploiUtion, Le monde social repose uniquement sur la force, il vit de ta force et il porte la force Ml lui-même, il lui faut par conséquent créer la force et obliger ceux qu'il assujettit A uUliser la force. I "autorité iSlronale it faite de violence, et seule ta forée peut Uaupprimer. Et eeta. non pas puce que ta force peut plaire, mata p««e qu elle est imposée par les eondiUona qui préaident i ta lutto ouvnère.

Je cileral une opinion à retenir d'un membre de nnaUUit. pour «ipiyer celle eonrtataUon. Pour jurtifler

K^i^£«5jiSnrU «crit : «Il '^\^f«^ înie, devant le «o»!»» «otoMBlel le eanetère loiyoyrt

L* ACTION 8YNDICAUSTB

, plus aigu des grèves, la très grande majorité des esprits sensés voit avec plaisir se constituer les éléments d*an ptrti ouvrier modérateur. En même temps, tout le* monde reconnaît que la question sociale, mise un peo trop violemment sur le tapis, s'impose à Tattention publique, et pour le moment prime n'importe quelle autre. 11 n*est plus possible de la méconnaître et de Técarter, ainsi qu'on Ta fait si longtemps. »

Jaurès, au sujet des incidents de Cluses, écrivait, après avoir essayé de montrer la nécessité de la réglementation pour créer la <« vie mécanique » : « 11 convient d'instituer par la loi un système de garanties sans lequel la lutte de classe, au lieu de se résoudre en barmonie socialiste, par une série do transactions, s'exaspérera jusqu'au délire du meurtre patronal, comme à Cluses, ou jusqu'à de sanglantes représailles ouvrières, n

L'article qui contient ces lignes, dégagé de la phraséologie simpliste et du rêve qu'il expose, affirme la nécessité do la force. Sans doute, la réglementation indiquée tend à en éviter, d'après l'auteur, l'emploi ; mais comme tout s'oppose à cette réglementation, l'affirmation reste entière.

Mais cette force que nous trouvons dans l'organisation de lutte, doit se manifester sous l'impulsion des intéressés. C'est aux ouvriers qu'il appartient de conduire leur propre action, puisqu'elle n pour but de défendre et de sauvegarder leurs intérêts. Sur ce point encore, nous nous différencions de nos contradicteurs. Nous disons que l'organisation étant provoquée par la situation misérable du travailleur, ne devant comprendre que des salariés, doit être maniée par les seuls ouvriers pour des fins spéieifiauement ouvrières. Toute considération n'ayant pas ces fins doit nous rester étrangère ; en ma mol, la question ouvrière doft primer toute autre. Pour esta, les militants ne doivent iamais subordonner Taetioo ou vriè r e aux forées socudes qui s'agitani autour d*oui. Bl ea résultat ne peut être atteint que si la classe

1 par elle el ajani

pour unique tâche de lutter pour ses intérêts. Cet organisme, à notre avis, doit échapper à toute innuence étrangère, soit qu'elle émane des possédants, soit qu elle émane du pouvoir; il doit comprendre les insUtutions et les services qui répondent à chacun des besoins du travailleur ; if doit se suffire, pour n'emprunter qu aux éléments qu'il comprend la force d'agir cl de s'imposer.

Cette conception n'est pas seulement la nAtre : d autre» la partagent. Ugardelle écrivait dans Page$ librtê, en 1902:

Le sociaUsme d'État tend, au contraire, * étendre lé domaine des inslllullons administrai ivcs existantes, à develoDDer le champ d'action dc« roungea mémc« de In socièlê pi^ftsente, et non à lui substituer de» organinme» nouveaux, de formation purement ouvrière. ,.^„«^, ^-u

De ce point de vue, le ministêrialisme fnusse I e»pnl des masses. Tll déplace le centre ^« 1^^*^* **,^"*"; •^^îf";. enlève au prolétariat toute confiance en lui-mêroc, lui laii tout èapérer de Taction providentielle de rElnl, et l Inierease seulement au maintien ou au rcnver*cmcnl du personnel tfouvememental. Autant le socialisme révolutionnaire est une doctrine de combat et déncrgie, nnltendanl ncn que dea efforts conscients du prolétariat lui-même, «"^'n^ *f..?^ lisme d'Étal eat un principe de lasuitude et de f«»blesae, espérant rèaliaer par l'intervention extérieure du P^V^'^ qiM l'action personnelle ne peut atteindre. Le Pr*""*;^^ M développer dans les paya à large et pleine vie induatriefie, le second wt le produit de nations en décadence écononique, de peuples aDèmIés et rieillis.

' Le mot d'ordre de tous les soclal'istcs soucieux de maintenir intangible la vertu révoluUonnalre des institutions mtonomesdu ptolélariat contre les débordemenU du soda. lilneTÉUt, c'Srtwicore U vIeiUe parole de l'IntemaUonsle : • L'émandpaUon des travailleur» doit être l'œuvre des unrailleurs eux-mêmes. •

Uuche, des mécaniciens, écrit loi-même dans la Voix dm P€mpU, an sujet de Tattitode des goovememenUux à régaiSdtt projet de loi relatif ans retraites ouvnèraa :

l'action STlfDICAUSTB

TsnU et continoercHit leur marche eo avant, sana préoecupatkma politiques et gouTemementalea d'aucune aorte.

C*e8t ce betoin d*autonoinie et dlndépendance qui BOUS fait repooseer toutes les institutions que les gou- Ternements ont créées, parce qu'elles ont un but suspect Ces institutions déplacent notre action en la mettant sous la tutelle du pouvoir. Arec elles, Torganisation ouvrière deviendrait un organisme de TÊtat, tandis que nous voulons créer on face de TÊtat bourgeois une organisation appelée àiutter contre lui et contre les forces qu'il représente.

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