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analogue : le rapport présenté en 1912 au Parlement anglais par le Labour Department sur cette question cite 137 cas d'abandon du système de la participation, presque tous pour cause de dissatisfaction with results, et 10 cas seulement d'abandon de l’actionnariat, tous pour cause de cessation des affaires. Sans tirer de ces deux exemples des conclusions trop générales, on peut affirmer que lactionnariat ouvrier s’est dans certains cas révélé comme un progrès vis-à-vis de la participation aux bénéfices ; au surplus c’est là son but.
S'il présente des avantages sur le salariat et la participation, l’actionnariat est souvent considéré comme inférieur à la coopération de production, vers laquelle il doit tendre ; l’évolution qu'il a réalisée doit se poursuivre jusqu’à la généralisation de la forme, plus perfectionnée, des coopératives ouvrières. Celles-ci constituent le type accompli de l’actionnariat ouvrier, puisque tous les travailleurs et les travailleurs seuls y sont actionnaires ; elles sont la réalisation de l’idéal de plusieurs écoles d’économistes, notamment de Charles Fourier : le Phalanstère, comme plus tard le Familistère de Guise, sont des applications du système coopératif. Pourtant on ne peut guère espérer une extension de la coopération à l'heure présente, d’abord parce qu'elle suppose une éducation économique et un esprit de discipline spontanée qui manque actuellement aux ouvriers et que l’actionnariat ouvrier leur donnera peutêtre, ensuite parce qu'il est difficile aux travailleurs associés de réunir les capitaux qui sont nécessaires à leur établissement, comme le prouve l’exemple de la Verrerie ouvrière de Carmaux ; d’ailleurs, ce système ne constitue pas à proprement parler une association du capital et du travail puisqu'il met le capital tout entier dans les mains des travailleurs. Donc, tout en le recommandant aux ouvriers préparés à l’appliquer, on s'efforce de réaliser préalablement les conditions de son développement ; l’actionnariat ouvrier est un des moyens préconisés pour ménager la transition nécessaire.
La société de travail proposée par M. Yves Guyot est une sorte de coopérative qui s’engagerait envers le capitaliste à faire exécuter par ses membres le travail demandé ; elle ne paraît pas actuellement réalisable partout à cause des obstacles qui s'opposent au développement de la coopération ; l'exemple du Journal officiel reste une exception. De plus, elle n’opère aucun rapprochement entre le capitaliste et le travailleur, chacune des parties s’en tient aux termes du contrat et se désintéresse des faits imprévus qui peuvent contrarier
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l'effort de l’autre ; bien mieux, ce procédé aura pour résultat de créer des divisions entre les travailleurs, car on peut prévoir que plusieurs sociétés de travail se présenteront pour faire le même ouvrage et se feront réciproquement une concurrence fâcheuse. Pour toutes ces raisons, le législateur de 1917 s’est écarté de cette combinaison, tout en reconnaissant ses mérites. L'organisation de la « Société coopérative des maçons et tail- - leurs de pierre de la rue Monge », qui a fonctionné de 18148 à 1876, et celle de la société d'ouvriers peintres « Le Travail », créée vers 1885, ont été présentées comme modèles par les économistes libéraux qui adoptent le système de M. Yves Guyot ; or elles se heurtent aux difficultés déjà signalées.
La tendance manifestée par certains sociologues pour la transformation progressive du salariat en association a donné lieu à une comparaison avec les principes du droit constitutionnel. Le régime capitaliste pur ressemble à la monarchie absolue et de droit divin ; les avantages successifs, participation aux bénéfices, participation à la gestion, actionnariat ouvrier, accordés aux travailleurs, sont autant d’atteintes portées au principe de l’'omnipotence du patron et transforment la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle ; les objections des patrons à toute participation sont analogues à celles des monarques qui se refusent à tout partage de leur autorité. La république remplacera un jour la monarchie dans l’usine comme dans la nation, et ce sera la coopération ; mais l’heure de son avénement n’est pas cncore venue, parce que le peuple de l'usine n’a pas encore les qualités nécessaires pour gouverner. L'usine constitufionnelle est au contraire le régime qui répond aux conditions du moment ; les employeurs qui ne veulent pas l’admettre doivent songer au sort des souverains qui n'ont rien voulu céder, et considérer que seule la réalisation de réformes sincères peut empêcher dans toutes les circonstances l’établissement de la république dans l’entreprise sans aucune transition, avec la dictature du prolétariat qui suivrait fatalement toute révolution violente ; les expériences de participation doivent être réalisées assez tôt pour ne pas paraître des actes de faiblesse devant la poussée du prolétariat et en assez grand nombre pour n’avoir aucune apparence de duperie à l'égard des travailleurs ; c’est pourquoi l’actionnariat ouvrier doit entrer dans nos mœurs industrielles, imais même la participation simple peut donner de bons résultats. Cette comparaison du régime économique avec le régime politique est assez répandue chez les éconoistes ; elle pénètre aussi de plus en plus dans lesprit