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LA PARTICIPATION AUX BÉNÉFICES

A l'heure actuelle, les mots de capital et de travail ne peuvent être prononcés conjointement sans éveiller une idée d'opposition et de lutte. Ce désaccord n’a aucune raison d'être tant que l’on reste dans le domaine de la production : si le patron a intérêt à ce que son entreprise produise beaucoup, l'ouvrier, de son côté, ne manifeste aucun désir contraire : du moment qu’on ne lui impose ni heures de travail supplémentaires ni surmenage intensif, peu lui importe le nombre de services rendus au public par l'établissement où il travaille ; le système du salariat engendre l'indifférence du travailleur sur ce terrain de la production. Mais dès qu’il s’agit de la répartition des bénéfices, les conflits surgissent : le profit de l'entrepreneur, du capitaliste actif, est constitué par la différence qui existe entre le prix de revient et le prix de vente des produits qu’il apporte sur le marché ; son intérêt est donc d’une part de rendre le prix de vente aussi élevé que possible, et par là il se trouve en conflit avec le consommateur ; d’autre part il tend à réduire le prix de revient et par conséquent les salaires qui en sont un élément, d’où antagonisme entre le patron et son personnel : ainsi le chef d'entreprise est nécessairement en lutte avec tous ceux qui sont à son service, ouvriers.et employés.

C’est donc le problème de la répartition qui doit retenir seul l’attention de ceux qui recherchent ia solution de ce conflit : le profit de l’entrepreneur, ce mystère d’iniquité réprouvé par Karl Marx, est seul en cause ; il s’agit d’organiser la distribution de façon à donner au patron et au travailleur un intérêt commun, lequel exercera indirectement une influence sur la production en mettant fin à l'indifférence de l’ouvrier. La partici-

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pation des salariés aux bénéfices a été le premier essai imaginé pour arriver à ce résultat ; elle a habitué les esprits aux principes qui devaient conduire à lPactionnariat ouvrier, et c’est à ce titre qu'elle mérite de prendre place dans toute étude portant sur les actions de travail. Nous ne devrons donc pas perdre de vue qu’elle ne doit nous préoccuper que dans la mesure où elle a résolu des questions qui devaient nécessairement se poser pour l'institution de l’actionnariat ouvrier ; c’est en nous inspirant de cette idée que nous devons examiner la notion de la participation aux bénéfices, ses applications, son régime juridique, ses effets et les raisons qui lui ont fait substituer dans certains établissements le sytème des actions de travail.

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