Ribot, les Maladies de la mémoire , p. 106 et suiv
LA VIE DES ÉLÉMENTS PSYCHIQUES
appropriées, naître et fonctionner dans une certaine mesure, indépendamment des autres systèmes qui composent l’esprit, c’est-à-dife sans se combiner avec eux. Chaque système paraît avoir sa vie propre, comme choque élément biologique a jusqu’à un certain point la sienne, et d’ailleurs un système 11e paraît être que l’activité coordonnée de cellules ou de libres nerveuses, c’està-dire qu’il existe pour chaque système une organisation particulière «qui implique ou qui explique la mémoire, au moins au sens biologique, la sensibilité, l’intelligence (comme pouvoir de coordination) et la volonté (comme pouvoir de mouvement ou d’arrêt). De plus ces qualités sont intrinsèques pour ainsi dire à chaque système. Chez un individu donné, tel ou tel système peut être très fortement doué au point de vue de la mémoire, de la sensibilité, de l’intelligence, ou de la volonté, tandis que tel autre l’est très peu. Pour la mémoire, je n’ai pas à insister beaucoup, les faits sont à présent connus et interprétés b O11 sait que certaines mémoires très ‘spéciales peuvent exister seules à un degré très développé. L’exemple des calculateurs prodiges est bien connu et très frappant. J’ai assisté à une séance donnée par Inaudi. O11 lui propose sept opérations à la fois, une addition (quatre nom! 1res de quatre chiffres), une soustraction (huit chiffres environ), une multiplication, une division, deux extractions de racine cubique et une extraction de racine carrée. Il a fait toutes ces opérations successivement sans regarder le tableau où les nombres étaient écrits ; à la lin de la séance, il a pu énumérer toutes ces opérations
I. On le doit surtout aux travaux de MM. Taine, Qui ton, Ribot et Charcot. Voyez Ribot, Maladies de la mémoire , chap. III; Taine, de V Intelligence^ vol. I; Galton, Inquiries into liuman faculty , Mental imagertj, Numberform , colour association , etc.; G. Ballet, le La t~ gage intérieur et l'apliasie , p, 28.