Baillarger. Des Hallucinations, p
234 LES LOIS DE L’ACTIVITÉ MENTALE
confuse et très courte de ces deux ûles qui se sont fondues en deux lignes blanches, lesquelles se sont elles-mêmes rapidement évanouies. Tous les auteurs ont indiqué le rôle joué dans la production des hallucinations par l’obscurité , le silence et l’occlusion des paupières, toutes circonstances généralement favorables à l’hallucination , comme une demi-obscurité ou un bruit confus paraît favorable à la production des illusions. M. Taine a consacré un beau chapitre dans son traité de Y Intelligence à étudier la tendance hallucinatoire et le rôle de réducteurs des perceptions l, et la preuve de ce rôle peut être considérée comme faite.
Nous tirerons de ces faits une autre conséquence , c’est que bien souvent au moins, la tendance enrayée persiste par quelques-uns de ses éléments ; l’inhibition en supprime les effets , mais ne supprime pas leur cause. Les atomes d’oxygène qui sont combinés à des atomes d’hydrogène dans une goutte d’eau ne manifestent pas toutes leurs affinités, mais ces affinités persistent, c’està-dire qu’il en reste une des conditions essentielles de ce que nous considérons comme le résultat de l’affinité ; dès que les circonstances favorables se produiront , l’affinité se manifestera, en termes moins abstraits, de nouvelles combinaisons auront lieu. De même , une image faible garde sa force associative, c’est-à-dire que dès que les conditions le permettront, elle produira une perception, une hallucination, ou bien un mouvement. Et cela n’est pas vrai seulement pour les images qui correspondent à des phénomènes cérébraux plusieurs fois produits, mais ces sensations avortées que nous avons vues paraissent persister plus qu’on ne croirait lorsqu’elles sont arrêtées dans leur développement. 11 arrive assez souvent que, plus tard , l’inhibition venant à cesser , pour une