‹ L'adénome des glandes de MeibomiusChapitre 7 sur 8 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

A. Pronostic.

Comme tous les adénomes sébacés, ceux qui se développent aux dépens des glandes deMeibomius sont des tumeurs cliniquement et anatomiquement bénignes. Comme nous l’avons vu, il n’existe pas d’observations où l’on ait observé la terminaison de l’adénome meibomien abandonné à lui-même. Ce n’est que par déduction que nous pouvons parier de cette terminaison spontanée. D’après ce que nous enseigne la pathologie générale, on peut dire que l’adénome meibomien finirait, au bout d’un temps plus ou moins long, par disparaître suivant le processus de nécrose spontanée.

Quoi qu’il en soit, l’adénome meibomien reste toujours une tumeur localisée et il ne se généralise jamais. Quand on l’a enlevé, il ne récidive pas, à moins que l’extirpation n’ait été incomplète. Le ptosis, quand on l’observe, est toujours mécanique ; par son développement la tumeur s’oppose au libre jeu du muscle releveur ; aussi après l’extirpation ce ptosis disparaît peu à peu et la paupière reprend ses fonctions. Quant aux lésions cprnéennes qui peuvent se produire, leur gravité dépend de leur étendue et de leur profondeur.

B. Traitement.

Le seul traitement des adénomes meibomiens est l’extirpation. Il n’y a pas de technique spéciale à décrire, il faut suivre les règles générales de la chirurgie des paupières, en s’efforçant de conserver le plus possible de tissu sain. La plupart des auteurs,

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ignorant la nature précise de ces tumeurs les ont enlevées largement, en sacrifiant la peau sus-jacente. Nous croyons que cela est inutile et qu’il suffit de réséquer un lambeau de peau si celleci est trop abondante. La plupart des auteurs se sont contentés de suturer bout à bout les deux extrémités saines de la paupière. Au contraire Salzmann fut obligé, pour reconstituer sa paupière, de pratiquer une blépharoplastie à lambeau temporal.

Voici les procédés opératoires que préconisent dans leur travail MM. Cabannes et Ch. Lafon.

Quand la tumeur atteint un gros volume, on incise la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et l’orbiculaire parallèlement au bord libre, de préférence au niveau du bord supérieur du tarse; on dissèque minutieusement toutes les parties molles qui recouvrent l’adénome de façon à bien l’isoler; puis on détache les parties encore saines du tarse, en respectant le plus possible les insertions du muscle releveur de la paupière. On tâchera ensuite de disséquer la conjonctive; c’est là le temps le plus délicat, car nous savons que la muqueuse adhère intimement au tarse. Lorsque l’adénome est enlevé, il faut reconstituer la paupière par des sutures.

Quand la tumeur n’a qu’un petit volume, comme dans l’observation de MM. Cabannes et Ch. Lafon, on peut extirper comme un chalazion. Après avoir fait une injection conjonctivale au bord libre, on dissèque la tumeur avec des ciseaux fins et on curette la loge où elle a été contenue pour s’assurer que l’on n’a pas oublié de lobules adénomateux.

S’il existe des lésions oculaires, on les traitera selon les méthodes ordinaires.

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