SCENE I
CLAIRE travaille à quelque ouvrage distraitement. PIERRE entre, d'un air las, arec un cahier de papier qu'il pose.
PIERRE
Je suis fatigué.
CLAIRE
Vous avez beaucoup travaillé >
PIERRE
Non, Claire. Je n'ai plus de pensée. . . Ne vous semble-t-il pas que cet été soit triste r... Et puis, ce silence ! Aviez-vous déjà éprouvé l'accablement de ce silence ?
o L ADIEU
CLAIRE, quittant son ouvrage.
Mais non ! — Qu'y a-t-il r
PIERRE
Je ne peux pas vous dire cela.
CLAIRE
Il faut tout me dire. Ne suis-je pas votre sœur ?
PIERRE
Vous êtes la sœur de Claude. Et c'est de ma femme, justement, qu'il s'agit.
CLAIRE
Claude vous cause quelque peine r
PIERRE
Vous voyez bien que je ne peux rien vous dire.
Pourquoi ? — Pierre >
1>IERRE
Ah ! Je n'ai pas l'âme tranquille. (Silence.) Claire ! Quelque chose est sur moi, comme une menace. Savez-vousqueje souIVre... et ce que je souffre. ..
CLAIRE, soudaine.
Je vous jure qu'il n'y a rien . .
PIERRE
f,)uoi ! Vous savez I Vous savez donc >
CLAIRE
Je ne sais rien ! Qu'y a-t-il r
PIERRE
Ah! \'ous savez... Si!. . . Vous savez ce que je peux craindre. Vous avez deviné mes luttes, la peine que je cache et qui me fait tant de mal. — Claire r