PIERRE, CLAUDE, CLAIRE
PIERRE, enlra?it, à Claude.
C'est toi qui as rapporté ces fleurs r
Elles sont déjà fanées.
PIERRE
11 suffit d'un peu d'eau pour qu'elles revivent.
CLAUDE
11 n'y en a pas qui durent toujours.
CLAIRE, servant le thé.
Prenez-vous du thé, Pierre }
PIERRE
Si VOUS voulez, oui ! — Je suis heureux entre vous deux. II y a des jours où l'on se sent sûr de la vie.
CLAUDE, à Claire.
Merci ! {A Pierre.) Prends garde : la vie est changeante.
PIERRE
Mais les cœurs sont fidèles. (// leur prend les tnains.) Est-ce que je ne tiens pas mon bonheur? (^4 Claire.) Merci, Claire !
Un domestique entre et remet à Claude une dépêche. Elle litf déchire, se lève, regarde sa montre, prend sa veste, une ombrelle, son chapeau. Angoisse. Silence.
PIERRE
Tu sors >
CLAUDE
Tu vois 1
Où vas -tu >
CLAUDE
Je m'en vais ! {Elle détache son alliance. )Vo\c\ l'anneau ! Tu le donneras à uneautre. Moi, je reprends ma vie. {Vanneau tombe.)
PIERRE, debout.
Qu'y a-t-il ? Ce n'est pas vrai !... Claude ! Dis-moi ? Dis-moi ?
CLAUDE, à la porte.
Je dois m'en aller. — Adieu !
PIERRE 5e jette devant elle.
Je ne veux pas. — Donne-moi cette dépêche ! Donne-moi, tu entends r {Claude la remet.)
Claude!... Un autre homme... a reçu de tes lèvres... le droit de l'appeler d'un mot... {Avec force.) Et il suffit qu'il te dise de venir pour que tu me quittes, pour que tu t'évades de