‹ L'adieuChapitre 13 sur 16 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

ma vie. {// lui prend les poignets.) Mais je te tiens ! Je suis ton Maître I Je te possède 1 (7/ lui tord les bras.) Je te garde ! Qu'il vienne te prendre ! Je l'attends.

CLAIRE

Pierre, calmez-vous. Je vous en supplie.

PIERRE

Ah ! vous m'avez assez menti, vous. Laissez-nous.

CLAIRE

Je vous dirai. {Elle essaye de dégager Claude.)

PIERRE

Vous vous entendiez avec elle pour ra'endormir?

Je vous jure. . .

PIERRE

Encore! Laissez-nous, Claire ! (Violent.) Laissez-nous, je vous

en prie.

Elle sort.

{A Claude.) Maintenant tu vas m'apprendre ce qui se passe. Je veux tout savoir. Quand je devrais te déchirer la bouche, j'aurai ton secret. — Ah ! je songe que je t'aimais, Claude, que je t'aimais.. .

CLAUDE, avec tranquillité.

Tu me fais mal ...

PIERRE la lâche, et doucement.

Et que je t'aime encore.

Pardon ! Je suis brutal, je suis lâche, je te rudoie. Mais c'est ma vie que tu arraches avec tes mots d'adieu. Que t'ai-je fait> Dis-moi? Je serai calme. (Il s'assied, essuie son front.) Claude, ma chère Claude, tu n'es plus à moi ?

{Claude fait signe lentement : non.) Qu'est ce qu'il y a en toi >

CLAUDE, se tenant les poignets.

Quelque chose est mort, Pierre, ou quelqu'un !... Comme une autre âme à moi que ni ma volonté, ni ton chagrin ne feront revivre.

PIERRE, tristement.

Je le savais ! Je n'osais rien te dire de peur d'accroître la rapidité de ta fuite. Tout est-il donc fini entre nous } [Silence.] Je t'aimerais mieux morte.

J'ai pensé que je te devais la vérité... Pourquoi m'en voudrais-tu > Pourquoi m'as-tu frappée r — Ton âme est trop haute pour que j'aie jamais pu consentir à l'abaisser par des mensonges. Je veux être libre sans trahison. Peux-tu bien me le reprocher)

PIERRE, assis près de la table.

Comment cela est-il venu ?

CLAUDE

D'abord... je t'ai aimé moins. Je n'ai pas su pourquoi. C'était une fatigue. Chaque jour m'éloignait davantage. Par habitude, ou par indifférence, il me semblait que tu n'étais plus l'homme que j'avais tant aimé.

PIERRE

Après, va I

CLAUDE

C'était moi qui changeais! — Peut-être m'aurais-tu reprise, alors? Mais pour si peu de temps. — J'avais renoncé à lutter contre mon aversion, quand tu as commencé bien tard à la comprendre.

Pierre 1 Tu m'as connue I Tu m'aimes ! Tu sais bien que mon Ame est droite ! Je te jure que j'ai lutté ! Je n'ai pas pu me vaincre.

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