‹ L'Administration Centrale des Colonies BritanniquesChapitre 22 sur 37 · Blue Book. Colonial Conference · texte numérisé non relu

Blue Book. Colonial Conference

L'avantage d’une semblable transformation serait évident d’ après lui, el consisterait en un allégement considérable du travail « gigantesque » (simply giganstic) du ministère actuel,et une rapidité plus grande dans les relations des colonies autonomes avec la métropole.

M. Deakin développe longuement sa proposition, demandant par ailleurs que les colonies autonomes soient directement rattachées au Premier ministre, et insiste sur ce fait que le Colonial Office ayant reconnu l'impossibilité de gouverner l’Inde par lui-même, doit comprendre également qu’il ne peut diriger les affaires innombrables, et si spéciales, des possessions indépendantes. Un des arguments dont il se sert pour soutenir sa thèse est particulièrement intéressant.

« Tout ce qui est fait dans les Crown colonies dit- « il, est fait par les fonctionnaires du ministère, c’est- « à-dire que tous les postes de ces colonies sont occu- « pés par eux. |

« Ces fonctionnaires retournent en Angleterre « plus ou moins, et nous en voyons souvent, occupés « maintenant à l’administration centrale, avoir servi « autrefois dans les colonies, ou réciproquement.

« Par cet échange continuel, il y a une communi- « cation de vue et une communauté d'administration « entre les colonies de la Couronne et la métropole.

« Mais rien de cela ne se passe pour les colonies

« autonomes. Le seul fonctionnaire qui peut être en

« relations avec le Colonial Office est le Gouverneur, «et les fonctionnaires de la colonie qu’il administre « sont absolument indépendants de lui et du minis- « tère.

« Il en résulte que nous ne possédons pas à l’heure « actuelle de moyens de contact et de points com- « muns suffisants, nous colonies de la Couronne, avec « les fonctionnaires de l’administration centrale, qui « sont pourtant en correspondance continuelle avec « nous.

« À ce vice initial il faut absolument trouver un « remède (1)... »

Ce remède, M. Deakin croit l’avoir trouvé dans la réorganisation du Colonial Office suivant le sens qu'il indique.

Sir Joseph Ward, premier ministre de la Nouvelle Zélande, appuie égalementces conclusions énergiques, mais le remède qu’il propose est différent. Selon lui, une simple transformation des services intérieurs du ministère des Colonies suffirait à supprimer pour les possessions autonomes, les vices d'administration dont elles se plaignent, sans qu’il soit nécessaire de recourir à la création d’un ministère spécial.

Ce dernier avis prévalut dans la conférence. Le Comte d’Elgin, alors Secrétaire d'État, se rallia en fin

de compte à cette opinion.

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