DIVISIONS DU COLONIAL OFFICE AVANT
Dans son traité de droit. « On Parliamentary Government of England) antérieur à 1907, Alpheus Todd s’exprime ainsi au début du chapitre qu’il consacre à l’organisation intérieure du Colonial Office :
« Les affaires du Colonial Office sont conduites « suivant une très admirable méthode. » (The business is conducted on a very admirable system.)
Quelle était donc cette organisation que vantait à ce point cet éminent jurisconsulte ?
Le ministèrecomprenaitalors comme services principaux, sept départements, dont cinq avaient pour base une division géographique, c'est-à-dire correspondaient à une série d’affaires spéciales à un groupe déterminé de colonies.
C’étaient :
Le service del’Australasie et de l’ Amérique du Nord.
Le service des Indes occidentales.
Le service des possessions orientales, de Ceylan, et des établissements du détroit.
Le service de l'Afrique du Sud et des protectorats sud africains.
Le service de l'Afrique de l'Ouest (dont une sub-
division formait le service de l’Afrique de l'Est), aux-
quels s’ajoutaient les départements de la Correspondance générale et des affaires financières et des comptes.
Ainsi, la division du travail dans le Colonial Office était uniquement géographique. Dans ces différents services, colonies de la Couronne et colonies autonomes étaient mélangées, ressortaient aux mêmes chefs de bureau etaux mêmes Sous-Secrétaires d'État, sans qu'aucune séparation ne distinguât, au premier abord, des méthodes degouvernementaussicontraires.
C’est de cette situation que s’émut la conférence intercoloniale de 1907.
Rien n’est plus intéressant que de voir dans le « Livre bleu de cette conférence » les opinions des premiers ministres protestant contre cette confusion qui rapproche leur pays, presque un Étatindépendant, de ces colonies arriérées ou mêmes sauvages, complètement subordonnées au Colonial Office (1).
Si les remèdes proposés diffèrent, l’indignation est semblable et le désir apparaît commun d’une transformation radicale.
C’est d’abord M. Deakin, le premier ministre d’Australie qui demande que le Colonial Office redevienne ce qu’il était, un ministère spécial pour les colonies de la Couronne (simply the office for the Crown colonies). Il y aurait alors un autre office chargé de
correspondre avec les colonies autonomes.