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LE COLONIAL OFFICE DEPUIS

Le Secrétaire d'État.

1 Sous-Secrétaire d'Etat parlementaire ; 1 Sous-Secrétaire d'Etat permanent.

4 Sous-Secrétaires d'Etat adjoints permanents dont 1 Conseiller judiciaire.

1 rédacteur principal en chef.

1 conseiller judiciaire adjoint,

7 rédacteurs principaux ; 7 rédacteurs de 1* classe ; 16 rédacteurs de 2° classe,

Le Secrétaire de la Conférence Impériale (en pratique un des 4 Sous-Secrétaires d’Etat adjoints).

Division des bureaux.

Le Secrétaire d'Etat. .

Le Sous-Secrétaire d'Etat parlementaire,

Le Sous-Secrétaire d'Etat permanent.

Département des Dominions.

2 Sous-Secrétaires d'Etat adjoints permanents ; 2 rédacteurs principaux; 2 rédacteurs de 1r° classe; 3 rédacteurs de 2° classe.

Canada ; Australie ; Nouvelle-Zélande ; Cap ; Natal; Terre-Neuve ; Transvaal ; Orange ; Etats particuliers australiens ; Iles Fiji ; Basoutoland ;Protectorat de Bechuanaland ; Swaziland ; Rhodesia.

Département des Crown colonies et Département des Affaires générales.

2 Sous-Secrétaires d'Etat adjoints permanents dont le Conseiller judiciaire ; comprend 7 subdivisions dont 5 géographiques :

Subdivision des Indes occidentales.

1 rédacteur principal ; 1 rédacteur de 1r° classe ; 2 rédacteurs de 2: classe.

Subdivision des Possessions orientales.

1 rédacteur principal; 3 rédacteurs de 2° classe. Subdivision de l'Afrique de l'Ouest et de la Méditerranée. 1 rédacteur principal; 1 rédacteur de 1'° classe ; 1 rédacteur de 2° classe. Subdivision du Niger.

1 rédacteur principal; 1 rédacteur de 1r° classe ; 1 rédacteur de 2° classe. Subdivision de l’Afrique de l'Est.

4 rédacteur principal; 1rédacteur de 1"° classe ; 2 rédacteurs de 2° classe. Subdivision des Affaires générales.

Le rédacteur principal en chef.

Le conseiller judiciaire adjoint. 2 rédacteurs de 1"° classe ; rédacteurs de 2 classe et sous-rédacteurs.

Subdivision des Comptes.

Composée d’un personnel spécial.

Fonctionnement intérieur

A l’arrivée du courrier, les messages, lettres ou dépêches, sont tout d’abord centralisés au Central registrar office qui se charge, après un premier classement, de distribuer toute la correspondance entre les trois Départements du Ministère. Les communications tout à fait personnelles, rares en pratique, vont directement au Secrétaire d'État.

Toutes les autres, qu’elles proviennent des gouvernements, des corps constitués des colonies, ou de simples particuliers, sont classées et numérotées par séries, une nouvelle série commençant le 1° janvier de chaque année.

Le numéro et la date de réception sont imprimés au moyen d’un timbre mécanique. Ainsi chaque papier porte un numéro distinct.

Prenons pour exemple un message reçu le 1* mai du Gouverneur de Ceylan, demandant que des démarches soient faites pour obtenir une copie d'un rapport fait au gouvernement allemand sur l'Éducation.

Une minute est attachée à ce message, et les deux feuilles sont timbrées du numéro de la liste où elles correspondent, soit le n° 14207.

Un résumé de la demande du Gouverneur est

écrit sur la minute, puis copié sur le « Registre » par-

ticulier à Ceylan. (Chaque colonie possède un registre particulier.)

Ce registre, un gros volume résumant toutes les communications qui parviennent au Ministère, se divise en trois grandes parties :

1° Gouverneur.

2° Ministères, avec subdivisions pour chacun d’eux suivant que la correspondance intéresse l’Amirauté, les Affaires étrangères, la Guerre, ete.

3° Particuliers. (A à Z.)

Une fois la copie du message faite au « Registre», on recherche la communication précédente sur le même sujet afin de former une suite entre leurs numéros.

Ce système, qui a l’avantage d'établir également un classement dans la correspondance sur un sujet déterminé, est très utile pour les recherches postérieures.

La demande est alors transmise au département des Crown colonies, qui l’adresse à la subdivision de Ceylan où la marche à suivre pour avoir une réponse est alors indiquée.

Dans l’exemple que nous avons choisi, une copie du message sera envoyée au Ministère des Affaires étrangères, demandant qu'on fasse le nécessaire pour obtenir le rapport désiré.

La lettre adressée aux Affaires étrangères, ayant été envoyée après en avoir gardé copie, on inscrit

sur la minute:

Copie adressée le 10 mai au Foreign Office; pour réponse.

Une copie de la lettre adressée au Foreign Office est classée dans l’Index pour la colonie de Ceylan.

(L’'Index contient toutes les communications faites par le Ministère, et se divise en trois sections comme le Registre.) |

Enfin, à la table des matières du registre, à la colonne correspondante au numéro du message, on écrit:

Copie adressée le 10 mai au Foreign Office ; pour réponse.

Cela, pour indiquer ce qui a été fait relativement à la dépêche primitive. Le message lui-même est alors classé dans les volumineux in-folios qui contiennent toutes les communications de l’année, relatives à Ceylan.

Lorsque la réponse parvient du Foreign Office, la même procédure est observée.

La lettre après avoir reçu son numéro, soit 16.301, est copiée dans la subdivision des Affaires étrangères du Registre, puis numérotée comme suite au message initial du Gouverneur n°.14.207, qui lui-mème reçoit un numéro le rattachant à la réponse faite, de façon que tout s’enchaine régulièrement, et qu’on puisse, avec un seul papier, retrouver sans difficulté, toutes les pièces de la communication.

La réponse est alors envoyée au Gouverneur de

Ceylan,et ce message provenant du Colonial Office est classé avec la lettre des Affaires étrangères sous son numéro 16.305.

Finalement, le résumé de la réponse en est copié dans l’Index, à la division : Gouverneur.

Ce système de classification rigoureuse, s’il est un peu lent (bien qu’il nécessite pour fonctionner moins longtemps qu’il ne faut pour une explication) a le grand avantage de conserver dans un ordre parfait toutes les communications quelconques provenant de toutes les colonies,

Les gros volumes reliés qui contiennent, par colonie, les originaux, occupent au Ministère des galeries entières qu’ils tapissent de bas en haut. Mais dans ces archives innombrables, les recherches sont faites avec une rapidité et une süreté extraordinaires. Le moindre papier se retrouve avec une aisance que d’autres minisières pourraient envier à Downing Street.

La correspondance entre le Secrétaire d’État et les Gouverneurs des colonies se fait par télégrammes, par messages publics ou secrets.

Les lettres qui n’ont pas un caractère privé sont, comme nous venons de le voir, numérotées par série, une nouvelle série commençant chaque année.

Mais lies communications personnelles du Secrétaire d'État sont l'exception. x

En effet, la plupart des affaires ne vont pas jusqu’à

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lui, et se trouvent arrêtées en route et résolues par des autorités subalternes.

Les dépêches ou lettres sont en effet lues en premier par le chef du bureau où le Central registrar office les a envoyées. Si l'affaire est d’ordre courant un jeune « clerk », ourédacteur, y répond ou la solutionne de lui-même.

Lorsqu'il s’agit d’une question plus délicate, le chef de bureau note sur le message son opinion, puis le transmet, ainsi annoté, à un des Sous-Secrétaires d’État adjoints.

Celui-ci peut à son tour, ou l’arrèter, ou la faire parvenir, avec son avis, au Sous-Secrétaire d État permanent, ou parlementaire.

C’est alors seulement, si la question est particulièrement délicate, qu'intervient le Ministre en personne.

Il réfléchit sur la solution à prendre en s’aidant des avis annotés de ses subordonnés. Puis sa décision fait l’objet d’un message en réponse, copié d’après la minute qu’il a écrite lui-même et qui est conservée au ministère. Quelquefois, dans les cas les plus graves, une réponse autographe est adressée, mais le plus souvent une lettre est préparée sur les indications du Ministre, et soumise à son approbation, puis à sa signature.

Pour saisir sur le vif comment les choses se passent dans la pratique, voici l'exemple de la procédure suivie par un budget,celui d’une Crown colony, car

les budgets des possessions autonomes sont arrêtés dans la colonie même et ne viennent pas à Downing Street.

Le budget de la colonie de Nigeria pour 1908, arrivait au Colonial Office le 29 novembre 1907 pour être soumis à l'approbation du Secrétaire d’État.

La procédure que nous avons examinée en détail le fit passer par le Central registrar office, qui l’envoya à la division des Crown colonies, puis à la subdivision comprenant la Nigeria.

Alors seulement le vrai travail put commencer.

Le budget est longuement étudié par le junior clerk de la division et ce fonctionnaire fait un rapport.

Le budget et le premier rapport passent alors par les mains du clerk de première classe de la division, qui procède exactement comme son subordonné.

Le principal clerk l’examine à son tour, et envoie le tout, avec son propre rapport (ce qui fait le troisième), au Secrétaire d’État adjoint pour les Crown colonies.

Le budget s’arrête là s’il ne soulève aucune question délicate ; sinon il est transmis au Secrétaire d'État qui décide.

Dans l’exemple choisi, le budget de la Nigeria pour 1908 ne connut pas les honneurs d’une étude semblable du Ministre en personne, et fut renvoyé,

autorisé, le 4 mars 1908, étant malgré tout un peu

en retard, car la règle veut que les budgets coloniaux soient approuvés avant le commencement de la nou-

velle année.

Le personnel.

L'administration centrale des colonies britanniques occupe plus de 150 fonctionnaires dont 40 supérieurs.

Ces derniers comprennent à leur tête:

Le Secrétaire d’État ;

Deux Sous-Secrétaires d'État ;

4 Sous-Secrétaires d’État adjoints ;

1 chef de bureau hors classe ;

Puis au-dessous :

7 rédacteurs principaux ;

9 rédacteurs de première classe ;

16 rédacteurs de seconde classe ;

Nous nous sommes déjà occupé des premiers de ces hauts fonctionnaires.

Rappelons seulement qu’excepté le Ministre et son Sous-Secrétaire d’État pris dans le Parlement, les autres Sous-Secrétaires sont des fonctionnaires permanents nommés par le Ministre. Dans la pratique ils restent très longtemps en fonctions, ce qui assure une continuité de vues et d’idées dans le Ministère, favorable au plus haut point à une bonne administralion des colonies.

Quant au personnel dirigeant des « clerks » ou ré-

ms li dacteurs, il se recrute au moyen du concours qui ouvre la porte de tous les services civils et qui s’appelle « le Civil service competition ».

Ce concours n'est pas annuel et n’a lieu que suivant les besoins de l'administration britannique ; il est d'ordre très élevé, correspondant à peu près comme genre d'études préparatoires et comme situation des candidats,à notre concours pour les carrières diplomatiques et consulaires. En réalité, il n’est guère accessible qu'aux jeunes gens qui sortent des Universités d'Oxford et de Cambridge, bien qu’en pratique les jeunes indigènes, ayant la nationalité britannique, soient admis à concourir.

Le «Civil service competition » est commun à toutes les administrations. Le classement des candidats désigne seul la carrière qui sera suivie, car les premiers ont une certaine latitude pour choisir leur affectation, et servent, selon leur désir,soit dans les corps métropolitains, soit à l'étranger, soit aux colonies.

Les autres sont affectés aux différentes administrations civiles restantes, selonles besoins du moment.

Les jeunes fonctionnaires qui vont au Colonial Office y rentrent avec le titre de rédacteur de seconde classe (second class clerk).

Leurs salaires de début sont suffisamment rémunérateurs et expliqueraient à eux seuls la vogue du

concours et le nombre des candidats.

A Dowuing Street, un second class clerk se voit allouer dès sa première année £ 200 de traitement soit la somme de 5.000 francs, ce qui est séduisant pour un jeune homme de 23 ou 25 ans,étudiant d'hier.

De plus, le travail qu’on demande aux débutants est toujours intéressant. Dès l’abord, on développe leur sentiment de responsabilité et leur esprit d’initiative. Des questions relativement importantes sont tranchées par eux seuls de leur propre autorité, et souvent leur avis, donné en premier, dans le rapport qui doit nécessairement accompagner tout travail,est celui qui entraînera en fin de compte la décision finale du Secrétaire d’État. |

On leur demande en échange un travail fidèle, consciencieux et régulier. Toutes les quinzaines le Ministre reçoit un rapport sur les affaires qui peuvent être en retard, et prend les dispositions nécessaires pour les faire solutionner sans délai.

L’avancement de ces fonctionnaires métropolitains exige un stage d’une certaine durée dans les colonies. Cette obligation est tout au moins la théorie, mais peut être la pratique est-elle quelquefois différente, car un des Sous-Secrétaires d’État adjoints du ministère m'a confié que chez ces fonctionnaires le goût des déplacements forcés n’était pas toujours très vif.

Un tel reproche au caractère anglais, fait par quelqu'un d’aussi compétent, parait pour le moins para-

doxal, et contredit sa réputation ordinaire.

Malgré cela, les fonctionnaires du Colonial Office forment un ensemble excellent à tous les points de vue,et deviennent en général de parfaits administrateurs. Quelques-uns arrivent mème à la position supérieure de Sous-Secrétaire d’État permanent, ou quelquefois de Gouverneur d'une colonie de la Couronne. Aussi un membre du Parlement ne craignaitil pas en répondant au Secrétaire d'État pour les colonies de qualifier ces fonctionnaires « de la meilleure des administrations » (the very best of the staffs) (1).

IL est certain que les résultats obtenus, l’état particulièrement satisfaisant du Colonial Office, l’unanimité parmi les auteurs coloniaux pour s’abstenir de toute critique d’ensemble ou de détail sur cette administration centrale des colonies britanniques justifient bien l’éloge du Comte de Jersey.

Aussi, je trouve dans cette étude l’occasion de vérifier une fois de plus, la véracité d’un précepte anglais bien connu en France, précepte par lequel M. Cambon, notre ambassadeur, terminait le rapide aperçu qu’il avait bien voulu me faire du Colonial Office: « The right man in the right place. » « Ce précepte « de sage politique et de sage administration, l’An- « gleterre le comprend et l’applique, me disait-il,

« mieux qu'aucun autre état dans le monde. »

1. Voir Annexe 4. La réponse du Comte de Jersey au comte d’El-

gin, Secrétaire d'Etat pour les colonies.

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