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ce dernier (108). Quant aux fournitures requises dans les postes pour leurs besoins réguliers ou pour des occasions extraordinaires, l’intendant les faisait délivrer par les gardes magasins, attachés à ses postes, maïs il fallait toujours, pour valider leur emploi, le visa du gouverneur sur les états produits par les commandants. Quand il s'agissait de faire l’achat de telles fournitures, il appartenait à l’intendant d’en arrêter les prix avec les fournisseurs (109).
Il convient de mentionner que c'était l’intendant qui avait la direction du logement des troupes et de leur nourriture chez les habitants (110) et, par suite, c’était lui qui accoraait l’exemption de loger les militaires (111). De plus, dans les cantines attachées aux garnisons, l’intendant avait le contrôle des liqueurs consommées et dressait le règlement que l’on devait y observer (113). D’autre part, l’intendant n'avait aucune autorité sur les officiers de milices, mais il était d'usage qu’il pût requérir leurs services pour les fins de justice et de police et leur confier l’exécution de ses ordres dans les campagnes où il n’y avait pas d'officiers de justice (113). Enfin l’intendant ne pouvait faire aucune ordonnance concernant le militaire. Il devait se contenter de faire exécuter celles du gouverneur et de faire exécuter les condamnations qu’elles portaient (114).
Dans le domaine des affaires indiennes, qui relevait souverainement du gouverneur, l’intendant ne possédait qu’une
(108) Ibid. vol. 52-1, A M. le Marquis de Beauharnois, 14 mai 1728, pp. 56-66.
(109) Ibid. vol. 74-2, Le Ministre à Beauharnoiïis et Hocquart, 20 avril 1742, p. 340.
(110) Arch. Col. C11,A, vol. 11, Champigny au Ministre, 10 mai 1691, p. 351.
(111) Ordonnances des Intendants, 1, Exemption de logement de guerre pour le sieur Bergeron, 4 février 1706, p. 68.
(112) Arch. Col. B, vol. 89, A MM. de la Jonquière et Bigot, 30 avril 1749, p. 133.
(113) Edits et Ord. I, Ordonnance au sujet des clôtures et fossés de ligne, 10 juin 1721, p. 306; Ordonnance qui enjoint au Capitaine et aux Marguilliers de Saint-Joseph, Pointe Lévy, de planter des piquets de chaque côté de l’église. 16 janvier 1739, p. 379; III, Jugement qui condamne trois habitants du Cap Santé en chacun cent sols d’amende, pour avoir vendu des boissons sans permission, 8 janvier 1732, p. 266.
(114) Arch. Col. B, vol 11, Au sieur de Meules, 10 avril 1684, p. 31.
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vague juridiction qui se limitait à fort peu de chose. Il devait veiller à la conversion des Indiens et à l’instruction des convertis (115). Mais, en fait, son activité se résumait au contrôle de la partie financière des missions (116). Quant aux dépenses concernant les Indiens, présents, vivres, marchandises et munitions, c’était le gouverneur qui les ordonnait, mais l'intendant devait surveiller et contrôler ces dépenses (117). Il avait encore la direction des cabarets à bière établis à Montréal pour chaque nation indienne, afin de prévenir tout excès et désordre dans l’usage des boissons par des indigènes. Il devait faire punir ceux qui leur vendaient de l’eau-de-vie ou les enivraient avec d’autres boissons (118). Les Sauvages qui vivaient dans la colonie relevaient, quant à la police et la justice, de l’intendant et du Conseil souverain. Dans les différends qui survenaient entre Français et Sauvages libres, ni l’intendant ni le gouverneur n'avaient de juridiction, mais ils pouvaient travailler à les régler par accommodements (119) .
Dans le domaine de la religion, qui lui était commun avec le gouverneur, l’intendant possédait une juridiction assez étendue. Il avait l’obligation générale de procurer Vavancement de la foi et de faire exécuter les ordonnances concernant la religion et les ecclésiastiques. Il devait aux curés tous les secours de son autorité pour réprimer les débauches et les scandales, mais il veillait également à ce que les curés n’inquiétassent pas leurs paroïissiens mal à propos. Si le cas s’en présentait, il devait en donner avis à l’évêque et voir à ce que l’ordre fût rétabli (120).
Il transmettait aux communautés les sommes que le roi
(115) Arch. Col. B, vol: 53-2, Mémoire du Roy pour servir d’Instruction au sieur Hocquart, 22 mars 1759, p. 240.
(116) Arch. Col. B, vol. 87, Mémoire du Roy pour servir d’Instruction au sieur Bigot, 23 février 1748, p. 116. -
(117) Ibid. p. 130.
(118) Ibid. vol. 53-2, Mémoire du Roy pour servir d’Instruction au sieur Hocquart, 22 mars 1729, p. 265.
(119) Arch. Col. C11 A, vol. 6, Réponses du Roy, 10 avril 1684, pp. 323-5.
(120) Ibid. B, vol. 53-2, Mémoire du Roy pour servir d’Instruction au sieur Hocquart, 22 mars 1729, pp. 240-3.