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Le rôle contenait pour toute chose les noms des contribles et le montant de rimjK)t de chacun. Tel était fmalcmeiit le résultat au(juel aboutissait le travail du contrôleur des vinylièmcs.
Mais il paraît que daus les premiers temps qui oni suivi rétablissement des vingtièmes, le personnel des contrôleurs était en Champagne tort insuflîsant. Tandis qu'en Bourgogne on renouvelait les rôles tous les ans, le même rôle, en Champagne, servait plusieurs années de suite en dépit des changemenls qui se produisaient dans le personnel des conlribuables. La pièce suivante, qui contient les doléances d'un préposé des vingtièmes à ce sujet et au sujet des autres inconvénients inhérents à sa charge, et (|ui a été adressée ])ar le subdélégué de Troyes à l'intendaiit de Champagne, nous paraît mériter de terminer ce chapitre :
A Troyes, le 30 juillet 1760.
MonseifîDeur,
f.e QOiniiH^ Lupieii Noble, laboiirenr, demeurant à Montgueux, se plaint dans sa requête de ce (ju'il a été forcé différentes fois, et notamment par votre dernière ordonnance, de faire le recouvn»menl du rôle du vin^Mième de ceUe paroisse, ce (|ui lui fait perdre tout son temps, et il demande que ceux qui sont conq)ris sur ce rôle soient teiuis de payer dans un endroit appelé la Loj,'e-d<*.-Saint-Pierre, où l'on paie la dîme abonnée, et (|u'il vous plaiso d'envoy<*r dans cette paroisse un contrôleur pour réformer les erreurs qui sont dans le rôle, y ayant une inlinité d<' personnes incinmues.
Les plaintes de ce particulier sont bien fondées au sujet de la l(»véc de ce rôle dont il a étc* forcé d«* se cbar«'er. Il n'v en a j)oint de [)lus ditïicib* dans crttc l'élection. La paroisse de Mont- ^'ueux n'est (doii^MUM* de Troytîs (pnMlune lieue et demie. C'est un villai:e considérable, (|ui appartient jM'esque en entier à de> l)ourgeoi> et surtout à des artisants de la ville, dont les arli-
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des, soit par mariage ou par mort, se subdivisent encore et se multiplient de telle façon que le préposé ne connaît plus les propriétaires, et vous pouvez compter, Monseigneur, qu'un préposé de Montgueux est forcé de passer quatre mois de Tannée à Troyes, attendu qu'ayant affaire à un très-grand nombre d'artisants dont les cotes sont de 1 0, 1 S et 1 5 sols, il est obligé d'aller quatre fois l'année pour recevoir à chaque quartier, les redevables ne voulant pas payer autrement, et encore ne trouve-t-il pas toujours son argent prêt, ou ces petites gens sont délogés et il faut les aller chercher ailleurs. C'est ce détail et cette perte de temps bien considérable pour un laboureur, qui m'avaient déterminé de proposer à M. Doé de prendre uu autre habitant solvable. comme il y en a dans cette paroisse, pour l'en charger à son tour. Et cela paraissait juste ; mais puisqu'il s'en est chargé pour cette année, il y aurait du moins de la charité à lui accorder, pour lui et pour ses chevaux, une exemption de corvée, et si vous le trouvez bon, j'aurai l'honneur de vous marquer au département prochain la cote de cet homme pour qu'il soit modéré. Au surplus, quelque grâce que vous lui accordiez, elle sera toujours inférieure à la perle que lui occasionne la levée do ce rôle.
A l'égard de la proposition qu'il fait de saisir les vignes et de contraindre les redevables à payer à la Loge~de- Saint-Pierre, je ne pense pas que cela puisse avoir lieu et Noble s'en désiste.
Il demande aussi un contrôleur pour réformer le rôle. Il n'y a rien de plus juste que cette demande, y ayant des gens dont les noms sont portés dans le rôle et qui depuis quinze ans et plus no jouissent point d'aucun héritage sur le territoire de Montgueux.
Je suis avec respect, Monseigneur, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.
SigTié : Paillot.