XI. PERSONNEL CHARGÉ DE LA POLICE SOUS LES ORDRES
Ce personnel était la maréchaussée que nous appelons aujourd'hui gendarmerie. Le nom de maréchaussée provient de ce que ce corps avait pour chefs suprêmes les maréchaux de France (1). La maréchaussée, comme aujourd'hui la gendarmerie, avait ceci de caractéristique, que, tout en appartenant à l'armée, elle faisait son service sur la réquisition des autorités administratives et judiciaires ; on peut aussi remarquer qu'elle était dispersée sur la sirrfacedu royaume par détachements, chacun beaucoup moins considérable que les détachements de l'armée active, mais beaucoup plus nombreux.
L'origine de la maréchaussée i*emonte au xiv' siècle, où nous trouvons un prévôt des maréchaux allant à la suite des armées pour réprimer les crimes et délits commis par les gens de guerre (2) . Les crimes et délits commis par des personnes étrangères à l'armée n'étaient point d'abord dans les attributions du prévôt des maréchaux (3). Mais au xvi* siècle des lettres patentes de François I" supprimèrent cette restriction (4). Dès le commencement de ce siècle, le prévôt des maréchaux avait dans chaque province un lieutenant délégué par lui ;
(4) Un des plas anciens règlements de la maréchaussée se trouve dans Isambert, XI, 684-686.
(2) LeUres patentes du i3 décembre 1374 citées par Delà mare, Traité de la Police, 2* édition, 1, 231.
(3) Lettres patentes du 28 décembre 1481, et de janvier 1514, citées par Delamare, TraiU de la Police, \, 231-232.
(i) Lettres patentes du 25 janvier i536, citées par Delamare. Traité de la Police, 1, 2^^!. Voir aussi celle du 5 février 1549, ibidem, p. 233.
n'avaient pas encore de casernes, paraît-il, en 1789 (I). A cette date la maréchaussée de Champagne formait une compagnie divisée en cinq lieutenances et quarante trois brigades, comme il suit :
LIKUTENANCE DE CHALONS.
Cliàlons, trois bri^'ades.
Epernay, Sézanno, Dormans, Vertus, Rtnges, Soramesous, Louvois, chacun une l)ri^^1de.